‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 36 sur 70 · LB LBNDEUAIN DB LA BATAILLE · texte numérisé non relu

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été enlevés par les balles aux vêtements du blessé, et oe sauraient en aucune façon avoir été lancés par le fusil.

« Personne n'ignore aussi qu'à Tépoque du solstice d'été, les corps se décomposent rapidement, lorsque surtout la mort les a frappés après plusieurs jours de fatigue et d*a« gitation fébrile.

« Sa Seigneurie n'est point chimiste, que je sache. Je n'aurais pu, cependant, sana craindre qu'elle crût que je me moquais d'elle, lui parler d'une pompe lançant de IV cide sulfurique à la figure des assaillants. Une telle pompe serait dissoute en partie avant de fonctionner; il faudrait, d'ailleurs, des insurgés bien naïfs pour supposer que l'on voudra bien venir à la distance de dix ou douze mètres, afin de recevoir leurs aspersions. Je n'ai certainement pu attribuer de pareilles bévues à nos insurgés parisiens.

« Quant à la charpie qui aurait été empoisonnée, apparemment par quelque insurgé déguisé en sœur ou en chirurgien, il aurait fallu, pour faire accepter ce conte à lord Normanby, lui cacher que les blessés, quels qu'ils fussent, étaient transportés dans les mêmes salles et recevaient les mômes soins, et que, par conséquent, l'insurgé empoisonneur aurait risqué de voir appliquer le topique mortel à son camarade, ou peut-être à lui-même.

« Mais j'avouerai que j'aurais pu faire mention de balles armées d'une pointe de cuivre; car, si je n'ai pas vu de ces balles en juin, j'en avais-vu en février 1848, qui provenaient de cartouches distribuées aux gardes municipaux de Louis-Philippe, tués au château d'eau du Pidais-Eojal. Les insurgés eurent, peut-être, de ces mêmes projectiles pris sur les défenseurs de la royauté. On peut, au reste, en voir encore aujourd'hui chez l'armurier Devisme, qui ne passe pas, non plus que feu Louis-Philippe, pour être un homme féroce.

« Je ne dirai rien des. anecdotes qui terminent la note extraite du livre de lord Normanby. Je na^'étonne seulement âe ne pas j trouver celle du fameux docteur scié entre deux planches^

« Si je ne connaissais la distinction aristocratique des habitudes de Sa Seigneurie, je croirais <]iu'elle les a re-

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cueillies dans quelque corps de garde de vainqueurs à la suite.

« Je le répète : je respecte trop la nation anglaise pour avoir fait des contes ridicules à son représentant, que je me plaisais, d^ailleurs, à regarder comme un homme do sens et d'esprit (1).

«Jules Bastide,

c Ancien ministre des affaires étrangères « àe la République française. »

Près de 15,000 citoyens furent arrêtés après les événements de juin, et 4,348 frappés de la transportation sans jugement, par mesure de sûreté générale. Pendant deux ans, ils demandèrent des juges : on leur envoya des com» missions de clémence; et les mises en liberté furent aussi arbitraires que Tavaient été les arrestations. Croirait-on qu'un homme se soit trouvé qui ait osé prononcer devant une Assemblée, en plein dix-neuvième siècle, les paroles que voici : a Userait impossible de mettre en jugement les

(1) « M. Normanby, dans la traduction française de son livre, t. II, pp. 142 et 143, a laissé subsister le passage dans lequel il prétend tenir de moi les faits contenus dans son récit ridicule des prétendues atrocités commises par les insurgés de juin. Seulement, il a ajouté une note de laquelle il semblerait résulter que j'aurais reconnu, depuis, l'exactitude de^ ce que contient son premier alinéa ; à savoir, l'histoire du linge empoisonné. Voici ce qui s'est passé : v

c M« Normanby, après avoir lu ma lettre du 14 janvier 1858 dans les journaux anglais, m'écrivit que le Times avait commis une erreur en citant son livre. Je lui ai répondu que, connaissant ce livre seulement par la citation du Times, j'avais pu être dans l'erreur, et que, s'il en était ainsi, j'en étais content.

c Je proteste donc de nouveau contre l'imputation de m'être moqué de lord riormanby, en lui faisant des contes de croquemitaine, et surtout d'avoir débité des calomnies.

{Note etmmtmiquée par M, Bastide.)

M. de Lamartine et M. Bastide étant les seuls républicains que lent

{position officielle ait mis en contact avec lord Normanby, ils sont aussi es seuls qui trouvent grâce auprès de Sa Seigneurie. J'ose lui aàsurer que, s'il avait eu la bonne fortune de connaître personnellement les membres d'un parti qu'il attaque avec tant de yiolence, il se serait épargné beaucoup d'injustices.

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