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JSft EA BéTOLUTION DE PÉTRIÉÏt t^âs
peuplé mil désespoir. Imputer an socialisme les désastres nés de la foUe yiolence de ses adversaires, c'est la plus abominable des iniquités; et nier que ces désastres eussent pa être prévenus par l'adoption dôs réformes successives que le socialisme indiquait, c'est nier Tévidence* Le général Duvivier, . qui reçut une blessure mortelle en combattant les insurgés, était néanmoins 8i profondément touché Ae la détresse qui leur avait fait prendre les armes, que ce fut la préoccupation exclusive de ses derniers instants. Sur son lit de mort, il disait : « Ces pauvres ouvriers ont besoin d'être contenus; mais il faut faire quelque chose pour eux; il faut leur donner du travail; il faut que la main de la patrie s'ouvre. » monsieur de Lamartine, lorsque, dans la séance du 23 juin, vous annonçâtes que vous étiez prêt à marcher en personne contre les insurgés, et « qfie vous alliez où vous appelait la gloire ! n aviezvous donc oublié que, le matin même, vous aviez donné l'ordre écrit à un commandant de la 12* légion de distribuer au Peuple des vivres en nature [1], tant il était aux abois, ce peuple infortuné I Et M. Arago, quelle ne dut pas être son émotion, lorsque, arrivé à la rue Soufflet, avec fantassins, cavaliers et canons, il vit venir à lui, calme, intrépide et respectueux, un de ceux qui allaient mourir, et qui lui ait : « Monsieur Arago, vous êtes un brave homme et nous sommes pleins de déférence pour vous ; mais vous n'avez jamais eu faiml »
Qu'on n'aille pas croire, du reste, d'après cela, que rinsurrection de juin fut conseillée par les seuls besoins du corps et ne se rapporta qu'à l'action de mobiles grossiers. Outre qu'il n'y a rien de grossier dans le désir, éï naturel et si légitime, d'exister par le'travail, jamais peuple ne déploya d'une manière plus frappante que le peuple de France, le pouvoir d'endurer la souffrance physique au service d'une grande cause morale. La première Révolution l'avait prouvé; et les trois mois qui suivirent la Révolution de février montrèrent bien que, sous ce rapport, les
(I) Ce commandant était M. Dupont, le professeur, à qui j'ai en*' tendu raconter le fait. r -9 r » i j
LE LENDEMAIN DE Lk BATAIIXB 183
enfants étaient dignes de leurs pères. La démonstration du mois de mai en faveur de la Pologne, quelque funestes qu'aient été ses conséquences, restera comme un souvenir immortel du désintéressement des sympathies populaires ; et la dissolution des Ateliers nationaux n'eût pas abouti à la guerre civile, si elle n'eût fait partie d'un ensemble de mesures et appartenu à un ordre d'idées qui violaient le principe de la justice. L'ouvrier ne s'arma point au nom de ses soufifrances personnelles ; il s'arma parce qu'il souffrait dans son vieux père, dans sa femme^ dans ses enfants, dans ses camarades. Il protesta contre le maintien de la misère, non-seulement parce qu'elle torture le corps, mais parce qu'elle opprime l'âme. Ce furent tous les droits de l'homme qu'il défendit, au prix de son sang, dans celui qui les renferme tous : le droit à la vie I