‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 48 sur 70 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

Que des esprits généreux, des philosophes dans le talent desquels j'ai senti si souvent palpiter le cœur da l'homme, aient été souvent si mal inspirés dans leurs recherches sur la question du travail, c'est là certainement une des preuves les plus poignantes de Tempire des préjugés en vogue, et de la force de résistance que possèdent les erreurs de longue date.

Quoil ils parlent de Liberté, et ils ne comprennent pas que Tignorance et la misère constituent le plus dur de tous les genres d'esclavage I

Et ils appellent sectaires — mot emprunté à la grammaire de l'inquisition — ceux qui mettent au premier rang des devoirs sociaux, le devoir d'intervenir pour empêcher l'oppression de qui ne saurait, abandonné à sa faiblesse, se défendre !

Et ils trouvent inattaquable ce système immense do réglementation, en vertu duquel un homme pauvre, parce qu'il est né d'un pauvre, n'a pas le droit de gratter ce morceau de terre, de boire à cette fontaine, de cueillir ce fruit, de tuer cet oiseau pour s'en nourrir, de jeter sa ligne dans cette rivière.

Et ils refusent, sous prétexte de réglementation, tout dédommagement social à ces millions d'hommes à qui cependant ils demandent de respecter et de chérir la loi, réglementaire s'il en fut jamais, qui tend, par l'hérédité,

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