‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 12 sur 27 · DES 16 ET 17 MARS · texte numérisé non relu

DES 16 ET 17 MARS

Pendant que la presse et les clubs ,. livrés à tous les vents delà tourmçnte révolutionnaire^ agitaient , confusément les passions de la multitude , les conférences du Luxembourg s'ouvraient avec gravité, et le prolétariat, par Télite de ses représentants, docile à la voix d'un homme d'étude et de doctrine , délibérait, cherchait avec bonne foi à concilier par Yorganisation du travail les droits et les intérêts qu'une liberté illimitée avait rendus hostiles.

Ce fut un spectacle d'une nouveauté étrange pour la France et pour l'Europe, où l'on observait à ce moment avec inquiétude tous 4es pas, tous les actes, toutes les paroles du peuple de Paris, de voir le palais de Marie de Médicis^ ses cours, ses escaliers , ses galeries de marbre , ses vastes et majestueuses enceinte^, chaque jour traversés par de longues files de prolétaires inattentifs à ces magnificences de l'art florentin et de la royauté française , recueillis en eux-mêmes, sJ)sorbés par une pensée upique et qui poursuivaient avec une ardeur concentrée,. digne d'un succès meilleur, un but qu'il ne leur était pas donné d'atteindre.

La salle^ des délibérations de l'ancienne^chambre des pairs avait été choisie pour la convocation du parlement de l'industrie. Les huissiers , en tenue officielle , vêtus de noir, l'épée au côté, étaient venus reprendre dans l'assemblée des vestes et des blouses l'office qu'ils remplissaient huit jours auparavant auprès des habits brodés ; et cette invariabihté dans l'appareil du pouvoir, quand le pouvoir même avait pour ainsi dire changé de pôle, mettait en saillie de la manière la plus

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