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Les cris de la carde nationale : .4 bas Blanqui! à bosLomii Blanc! à bas Cahet! à Veau les communisteMÎ redoublent et étouffent la voix de ceux qui essaient de se faire entendre. Cependant MM. Louis Blanc et Grémieux rédaoïent vivesieot auprès de leurs collègues Tordre de faire introduire les délégués du peuple; mais dans les dispositions où Yorn était i riiôtel de ville, ceux-ci ne devaient pas rencontrer de grandes sympathies; on ne les fit pas même entrer dans la salle du conseil. Les trois adjoints, MM. Recurt, Bucbez, Edmond Adam, les reçurent dans les salles supérieures, écoutèrent la pétition qu'ils apportaient avec une froideur glaciale, et y répondirent par des paroles d'une sévérité extrême ' .
Les délégués allèrent se plaindre à M. Louis Blanc. Celui-ci, accablé en voyant la déroute si déplorable de cette marche des prolétaires qu'il avait voulue triomphale, isolé, suspecté, presque honni par la garde nationale, retrouva cependant quelque vivacité de colère pour reprocher à ses collègues l'accueil fait aux ouvriers, et poui ordonner au colondi Rey (k faire ouvrir un large passage sur la place de Grève, afin que le défilé des corporations pût se faire avec convenance et dignité. L'ordre fut en effet donné immédiatement de laisser les ouvriers défiler devant le Gouvernement provisoire; mais il fut exécuté de façon que la manifestation perdit tout son caractère. On lui traça, entre deux rangs très serrés de gardes nationaux en armes, un passage étroit, coupé de distance en distance, assez éloigné du perron pour que les vivats des ouvriers ne pussent être entendus distinctement par le gouvernement. Ce jour-là les rôles et les attitudes étaient bien différents de ce qu'ils avaient été au 17 mars. MM, Marrast, Marie et Garnier-Pagès triomphaient visiblement. M. de Lamartine, délivré d'un parti ennemi, en voyait surgir un autre plus redoutable et restait pensif. M. Crémieux se félicitait avec le général Cliangarnier, et se lamentait avec M. Louis Blanc de l'issue de la journée. Quant à M, Le-
^ Vote* aux Documents historiques, h la fin du vohimo, ii*19.
dru-RoIIin, par un heureux don de son tempérament, il se réjouissait de son triomphe supposé sur ce qu'il appelait alors les sectaires, comme il s'était réjoui, au 17 mars, de son triomphe supposé sur la bourgeoisie ; il n'était pas très fâché de l'humiliation du Luxembourg, et ressentait une satisfaction sincère de son union politique désormm fortement nouée avec M. de Lamartine.
Cependant, le morne défilé des ouvriers achevé, la garde nationale commença le sien, aux cris mille fois répétés de : Vive Lamartine ! à bas les communistes ! Les derniers bataillons passèrent à la clarté des flambeaux devant l'hôltel de ville ; une illumination splendide éclaira la nuit. La bourgeoisie de Paris resta persuadée qu'on venait de la sauver du
communisme.
Tout en se félicitant de la victoire obtenue sur le Luxembourg et sur M. Blanqui, la majorité du gouvernement ne laissa pas d'en être embarrassée. Un esprit de réaction exigeant et aveugle se déclarait tout à coup dans les rangs de la garde nationale. La bourgeoisie, à peine délivrée de l'oppression mQrale que lui avait causée la vue du prolétariat au 17 mars, voulait se venger ; les arrestations et les dénonciations arri* ^'aient de toutes parts. « La moitié de Paris veut emprisonner l'autre » , disait le préfet de police.
Des maires et des officiers supérieurs pressaient M. Marrast de faire arrêter M. Louis Blanc, On s'était porté au club 3e M. Blanqui et à la maison de M. Cabet dans l'iotentiou de mettre la main sur les deux chefs de parti'. Le lahgagedeB journaux conservateurs prenait un ton d'insolence èxlrèMe. L'accusation de communisme devenait l'occasion et le prétexte des calomnies les plus odieuses*. On représenta le Luxembourg comme un lieu de délires, ou les plaisirs les plu§ raffi-
* Une foule furieuse promeua un cercueil sous les lèmétrès de M. Cii1|>ei. M. de Lamartine, apprenant qu'il était très sérieusenent menacé, luoArH un asile dans sa maison.
3 « Les préventions qne l'administration, du 24 février au 11 mai, a fait
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nés et les festins les plus dispendieux rassemblaient chaque jour les sybarites du prolétariat' . Sous cette rubrique : Noth velles de la Cour^ le Constitutionnel et V Assemblée Nationale racontaient des orgies à Trianon, qui n'avi^ient jamais existé. Selon ces chroniques scandaleuses, M. Ledru-RoUin faisait a une célèbre actrice des présents de roi ; deis sommes iounenses étaient détournées du trésor et passaient en Angleterre; M. Crémieux achetait une forêt avec les demers de l'Etat'; l'ouvrier Albert devenait millionnaire*, etc., etc.
nattre dans Tesprit sont si profondes et si enracinées que ropinion a aGcneilli avec une sorte d^avidité furieuse toutes les insinuations qui devaient Tégarer,» dit le Bapport de la commission chargée de l'examen des comptes du Gowernement provisoire. {Moniteur du 26 avril 1849.)
< l\ serait fastidieui et aujourd'hui heureusement superflu de répéter ooe à une ces ignobles calomnies. L'administration du Palais-National et du Luxembourg a prouvé, pièces en main, que la dépense de table du président et du vice-président de la commission était, pendant le premier mois, fixées 6 francs par tète; mais que sur une réclamation de M. Louis Blano, (pu trouvait la nourriture trop abondante , les repas fournis -par un restaurant du quartier restèrent fixés à la somme de 2 fr. 50 par tète, pour le déjeuner, et de 2 fr. 50, pour le dtner (voir le Constitutionnel, n* du 2 Juin 1848). Pendant que le Constitutionnel et l'Assemblée nationale parlaient de faisans à la purée d'ananas, que Ton servait à la table du Luxembourg , M. Garnier-Pagès, mieux informé, reprochait à son jeune collègue une afTectatlon Spartiate qui, disait-il, déversait un blAme indirect sur les membres du Gouvernement provisoire, dont les frais de représentation étaient de toute nécessité pins considérables. 11 est à remarquer encore que M. Louis Blanc et M. Dupont de TEure, seuls de tous les membres du Gouvernement provisoire , ne touchèrent pas d'appointements personnels. Les délégués du Luxembourg, pendant toute la durée des conférences, ne touchèrent pas non plus une obole.
2 La commission nommée par TAsscmblée nationale pour examiner les comptes du Gouvernement provisoire, déposait, le 14 avril 1849, un rapport dont Yoici les conclusions : « Quant à nous, nous déclarons à l'unanimité que, dans les longues et laborieuses recherches auxquelles nous nous sommes livrés avec la plus rigoureuse impartialité, nous n'avons découvert ou rencontré aucun témoignage , aucune preuve qui accusât d'infidélité les membres du Gouvernement provisoire, et qui nous mit sur la trace de quelque détournement frauduleux des deniers confiés à leur gestion.
» Cette déclaration n'a pas seulement pour garantie Thonnéteté de notre parole. L'admirable combinaison de notre mécanisme financier suffirait pour rassurer toutes les consciences. Un ministre ne peut soustraire dû Trésor pu- Uic une partie de sa richesse, sans avoir de nombreux complices et sans laisser à l'instant même des preuves éclatantes de sa culpabilité. »
' La justification de M. Albert mérite de trouver place ici. On y remar-
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Toutes ces attaques, répétées journellement par la presse royaliste, produisirent une impression très vive sur les esprits. Dans les salons de Tancienne noblesse, où Ton- ne s*était dans aucun temps piqué d'austérité, on ne voulait pas permettre i un gouvernement bourgeois de goûter des plaisirs aristocratiques ; la petite bourgeoisie, qui avait si fort apprécié les habitudes plus que modestes du roi Louis-Philippe à son avènement, était véritablement outrée de ce Luxe présumé du Gouvernement provisoire ; et les ouvriers eux-mêmes, à force
quera comment, en réponse aui insolences de la bourgeoisie, le prolétariat commençait à prendre k son tour un ion de morgue très singulier. C'est à cette époque que, par peur ou par adulation, on imagina l'aristocratie on- Trière. Un homme de lettres célèbre en donna le premier le signai en s'intitulant ouvrier de la pensée, L'Assemblée nationale, dans ses premières' séanr ces, eut à casser l'élection d'un faux ouvrier. C'était quelque chose d'analogue à ces temps de la démocratje florentine qui précédèrent et suivirent Fa ty» rannie du duc d'Athènes, où, pour ne pas se voir exclus de toutes les charges, de tous les emplois publics en vertu des ordres de justice ^ les grands abandonnaient leurs titres et leurs noms de famille, prenaient des noms plébéleni et tAcbaient, dit Machiavel, de se donner l'air d'appartenir au peuple. (Mihchiavel, Histoire de Florence ^ liv. II.)
<c Parmi les bruits plus ou moins malveillants ou ridicules qui ont été répandus sur le Luxembourg, dit le Moniteur du 5 mai 1848, il en estunqoi s'attache particulièrement au citoyen Albert. On a dit que le citoyen Albert n'était pas ouvrier; que c'était un industriel enrichi; mieux que cela encore, un millionnaire! Bien n'est plus absurde etplurfaux. La pins grande gloire que le citoyen Albert, membre du Gouvernement provisoire, revendique, c'est d'avoir été, c'est d'être encore un ouvrier prêt à prendre la Uine et le marteau. Et pour que personne n'en ignore et ne vienne lui contester à lui, homme du peuple, son origine et son nom, voici ce qu'il veut que Ton sache :
» Albert (Alexandre-Martin), né à Bury (Oise), en 1815^ d'un père cultivateur, a commencé son apprentissage chez un de ses oncles , le citoyen RIr bon, mécanicien, nie Basse-des-Ursins, n"* 2 i. Depuis, il a parcouru successivement plusieurs ateliers, parmi lesquels il faut citer celui du citoyen Pecqueur, mécanicien, près le marché Popincourt, et celui du citoyen Margox, nie Ménilmontant, n"* 21 ; enfin, la veille même du jour qu'il vit triompher la Repu* blique, le citoyen Albert travaillait comme mécanicien dans la fabrique de boutons du citoyen Baplerouse, rue de la Muette, n"* 16, où se trouvent encore aujourd'hui sa blouse et son pantalon de travail. Ces explications simples et précises doivent mettre fin à des insinuations que le citoyen Albert avait dédaignées jusqu'ici, mais dont il ne lui convient pas d'encourager, par sonailence, la persistance maligne et impudente. »
de Tentendre dire, commençaient à croire qu'on leur avait foit Caire une révolution uniquement pour procurer à quelques prétendus républicains le luxe et les divertissements des familles royales.
Pendant que le gouvernement allait ainsi s*affaiblissant dans Topinion, il se divisait chaque Jour davantage. A partir du 16 avril, les discussions dans le cons^ devinrent d'une violence inouïe. M. Marras t et M.Ledru-Rollin ne pouvaient plus se contenir, et il fallait les efforts constants de M. de Lamartine pour les empêcher de rompre avec éclat. A chaque instant, l'un ou l'autre membre de la minorité , et quelquefois la minorité tout entière, menaçait de se retirer. C^est de celte manière qu'elle obtint coup sur coup plusieurs décisions entièrement opposées à l'opinion qui venait de triompher. Ainsi, le 18 avril, on vit paraître au Moniteur une première proclamation qui affectait de confondre dans un même remercienront au peuple les deux journées si opposées du 17 mars et du 16 avril. Une proclamation rédigée en conseil par M. Louis Blanc confirmait la liberté des clubs déjà menacée, fraippait de réprobation les cris hostiles aux personnes, c*est-â-direles eris d'à ba$ les communistes ! poussés par la garde nationale pendant la journée du 16 avril. Un décret supprimait les droits d'octroi sur la viande de boucherie et modifiait le droit d'oetroi sur les vins. Un autre décret mettait à la retraite soîxanteK'înq officiers supérieurs de l'armée. Enfin, le22avril, le ministre était autorisé à faire rentrer l'armée dans Paris', et Ton annonçait oiïiciellement pour le 23, sous le nom de fête de la fraternité, une revue générale de la garde nationale et des troupes de Ugne. On proposa même dans le conseil de reprendre le drapeau rouge, mais la majorité, et en particulier M. Arago, s'y opposant avec force, les choses restèrent dans le premier état.
Ces concessions de la majorité à la minorité apaisèrent
^ Le ministre fut autorisé à faire rentrer cinq régiments dont troU d*iofentcrie et deux de cavalerie.
pour un moment les colères. M.Ledru-Rollin surtout s'adoucit. On le vit alors fréquemment cTiez M. de Lamartine. Le ton des Bulletttu changea du tout au tout. « Quant aux communistes, disait le numéro du 20 avril, attribué à madame Sand, contré les€[uels se sont fait entendre des cris de réprobation et de colère, ils ne valaient pas la peine d'une démonstration. Qu'un petit nombre de sectaires prêchent le chimérique éts^ blissement d'une égalité de fortunes impossible, il ne faut ni s'en étonner ni s'en effrayer. A toutes les époques, des espritsr ^rés ont poursuivi, sans l'atteindre, la réalisation de te rêve*, etc. etc.»
M. Louis Blanc demandait de très bonne foi une enquête sur la manifestation du 16 avril ; M. Ledru-Rollin, qui savaik ce que deviennent les enquêtes, chargeai! M. Landrin de poursuivre l'instruction*. Enfin, M. Caussidière, aifirmantqu'il était sur la trace d'un nouveau complot de M. Blanqui, obtenait du Gouvernement provisoire l'autorisation d'arrêter le grand conspirateur, ainsi que ses amis MM, Flotte et Laeambre, et de les faire conduire tous trois à Vincennes* . L'importanee que venait de prendre le général Changarnier causait aussi au Gouvernement provisoire assez d'ennui. Le désir très vif qu'exprimait le général de rester à Paris, son attitude, son langage hautain, mon traient qu'il aspirai! àjouer un rôle : eelitt de chef de la réaction s'offrait naturellement. Si cette réaction sérail légitimiste ou orléaniste, ou ne le pouvait deviner encore ; mais les partis royalistes n'en étaient pas venusà ce point d'oser se dén^asquer et de se ranger sous leurs drapeaux particuliei:s ; ils se confondaient alors sous le titre commun do
1 Voir La publication intitulée : BtUleUns de la République émanée du nislère dp l'intérieur, du 13 mars au 6 mai 1848.
2 Dans le même temps, le club de M. Raspail demandait qu'on fît connaître et poursuivre Fauteur du rappel qui avait, disait-il, jeté V épouvante dans la capitale,.
3 Rapport de la commission d'enquête, v. I, p. 171. MM. de Lamartine et Crémieui engagèrent M. Caussidière à détruire le mandat d'arrestation lancé contre M. Blanqui.
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parti de l'ordre, et ne visaient qu'à prendre dans FÂssemblée nationale une bonne position défensive* Quoi qu*il en fût, le ministre de la guerre donna Tordre au général Changamier de partir, dans les vingt-quatre heures, pour aller remplacer en Algérie le général Cavaignac, qui, blessé au vif de l'arrivée d'un commissaire de M. Ledru-Rollin revêtu de pouvoirs extraordinaires, venait de demander un congé.
Ce fut dans cette confusion extrême de pensées et de sentiments, dans cette absence complète de toute direction politique ou sociale, que parut enfin le jour désigné >pour la fite de la fraternité. Le temps était nébuleux, l'air tiède. Paris était plongé dans cette vague atmosphère qui lui est propre, et qui atténue pîarfois si heureusement, en les enveloppant d'un voile mélancolique, les contrastes trop accentués de la vieille cité et de la ville moderne.
Les masses d'arbres des Champs-Elysées , du champ de Mars et des Tuileries , l'Obélisque et les colonnades de la place de la Concorde , les palais des Invalides et de l'École militaire , se dégageant tour à tour , selon qu'un rayon de soleil venait à les toucher à travers la brume, semblaient, comme à la voix d'un artiste, disposer, coordonner peu à peu la décoration d'une fête majestueuse. Dès le matin, une population avide de tout voir affluait dans les rues ., Deux cent mille gardes nationaux de Paris et de la banlieue , et cent mille hommes environ de troupes de ligne, de gardes mobiles et de gardes républicains, étaient sous les armes. A neuf heures, une salve de vingt et un coups de canon annonça que le Gouvernement provisoire montait à l'estrade de l'Arc de Triomphe. Sur les gradins d'un amphithéâtre décoré de drapeaux et d'emblèmes, et qui dominait la longue avenue dont la ligne droite et toujours ascendante relie le palais de Catherine de Médicis au monument triomphal de Napoléon Bonaparte, le peuple apercevait de loin et saluait de ses vivats la représentation oj[ficielle et l'image imposante de sa propre souveraineté. Au haut de l'estrade des magistrats, des oflîciers de l'armée, des
fonctionnaires, des députa tiens des corporations et des écoles prenaient place entre deux orchestres dont les accords retentissaient puissamment dans l'espace. Un groupe de femmes élégamment vêtues et qui tenaient toutes à la main des bouquets noués de rubans tricolores, couronnait, comme une gerbe de fleurs^ cette ordonnance simple et grave de la fête patriotique. Vers dix heures, le défilé commença et ne se termina que très avant dans la soirée.
Pendant la longue durée de cette prodigieuse évolution de troupes pressées de toutes parts par le flux et le reflux d*une multitude innombrable, pas un accident, pas même un désordre momentané ne vint troubler la paix publique. La sombre bouche des canons ceinte de guirlandes, les baïonnettes ornées de lilas et d'aubépines, le miroir étincelant des cuirasses, les casques aux joyeux panaches, les sabres brandis en l'air, les épées nues levées vers le ciel, le roulement des tambours, les fanfares, les cris enthousiastes, tout cela composait un spectacle a la fois grandiose et touchant, où le caractère de la nation, ce caractère belliqueux et doux , passionné pour le mouvement et le bruit, mais amoureux d'ordre et de discipline, se montrait dans toute sa vérité et dans toute sa grâce.
A mesure que les détachements de cavalerie, d'artillerie et d'infanterie arrivaient devant l'Arc de Triomphe, les chefe de corps montaient à l'estrade et, recevant le drapeau des mains du ministre de la guerre , juraient à haute voix fidélité à la République; les soldats, détachant les fleurs eidacées à leurs armes, les jetaient en signe d'hommage aux pieds du Gouvernement provisoire; les femmes agitaient leurs mouchoirs en criant : vive l'armée !
Ce jour fut beau encore et plein d'illusions. Dans cette fête toute parée des plus riches dons du printemps, dans les effusions de la confiance universelle, la discorde et les mauvaises passions avaient honte d'elles-mêmes et rentraient dans l'ombre. Au sein de cette population immense, vieil-
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lards, femmes, entants, magistrats, soldais et prêtres, tous se sentaient au fond du cœur joyeux de la même joie. |
Les partis, les factions, les classes, dodles a & voix de la i patrie, animés d'un bon désir, semblaient se convier mutoel- | lement a une grande destinée et , confiant dans les desseins de Dieu sur la France, se dire, comme ces amjs de la sagesse \ aux beaux jours de la Grèce antique : c Essayons le génie en \ vivant ensemble. :»
HISTOIRE m LA RÉVOLUTION DE 18M. m