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française ne quittât point Gaëte, survint M. Cowley, qui, au nom de son gouvernement, parla dans ies termes les plus violents, sinon les plus outrageants, contre la résolution de maintenir la flotte françaises Gaëte; il qualifia cette conduite d'intervention active et poursuivit son discours avec tant de chaleur que les assistants en furent stupéffuîs. M. Thouvenel eut peine à trouver quelques mots de réponse, tant son émotion était grande, et les ministres des cours é{rangèîc.> se retirèrent immédiatement (i).
Par suite de ces menées de la Grjande-Bretagne et peutêtre encore à cause d'un rapprochement plus intime, (jue la presse européennevoulut apcrcevoiralors enire lapolilique de Napoléon et les vues de la Sardaigne, Tcm perçu r consentit à retirer sa flotte de Gaëte. Dans la soirée du 8 janvier, l'amiral Barbier deTinan annonça au loi de Naples que, far ordre de l'Empereur, la flotte française devait quitter Gaëte; mais il proposait un armistice à partir du 9 jus(]irau 19 de ce nmis, promettant, si l'arniistice était accep.té, (pie la flotte resterait jusqu'à l'aube du 19 et annonçant (jue, dans le cas contraire, elle lèverait Taricre au bout de 8 jours, en laissant l'amiral Persano libre d'imposer le blocus (2). En même temps, le gouvernement frar»çais publiait le fait dai]s son journal officiel (3) et en donnait avis aux puissances (4). Assurément, comme le ministre Casella en fit l'observation dans la circulaire (jue nous aNons citée, cet armistice n'était |)as nécessaire ni utile à la, cause du
(1) Coriesp. de Paris du 5 janv. dans le Tablet du 5 janv. Celle corrcsp. est authentique.
(2; (Jiciihiire du 18 janv envoyée de Gaëte par Casella à tous les représentants napolitains près les cours éliaiigères. Corresp. de Gaëte du iiO janv. dans le Monde, ete.
(5s ;ï/owî7fMr du I2janv. 1861.
U) Dép offic. de Vienne du J2 janv. 1861.
roi; il lui était même défavorable, puisque tous ses moyens possibles rie défense .étaient achevés» tandis que les Piémonlais avaient besoin de temps pour transporter des munitions et pour dresser ou finir de nouvelles et [)lus puissantes batteries. « Mais, » ajoute ce ministre, « François II « accepta les jours de trêve, non-seulement pour des con- « sidérations d'humanité (jui commandent, toutes les fois « qu'on le peut honorablement, de retarder l'effusion du « sang; mais surtout parcefjue cet armistice était un désir « de l'empereur des Français (i). »
L'armistice fat donc accepté sous la condition ({ue tout acte d'hostilité serait suspendu des deux côtés, (pi'on interromprait la construction de nouvelles batteries et autres ouvrages de siège, qu'on n'augmenterait j)as les bouches à feu dans les lignes d'attaque ou de défense déjà terminées, les deux parties se réservant, dans le cas de violation de l'un des articles, de considérer l'armistice comme nul et non avenu. Les Napolitains avaient demandé que, durant la cessation des hostilités, un officier français surveillât de part et d'autre l'interruption de tous les travaux; mais Cialdini,(jui n'avait offert cette trêve que pour préparer des moyens plus décisifs et consommer plus facilement la ruine de Gaëîe, refusa d'accepter celte condition et cerlilia que le roi avait approuvé ce refus (2). Néanmoins, la garnison assiégée souscrivit à l'armistice le 11 janvier; le Moniteur' français publia le 17 ces documents officiels (3) et exposa les raisons (jui avaient engagé l'Empereur à rajjpeler sa flotte. Ces raisons se réduisaient à celle-ci, que son inten-
(1) Dép. (leRomedu l^janv. 1861.
(^) V. la circulaire de Caseila citée précédemment.
(3) V. le Monde du I6janv. et d'autres journaux français à la date du 18 et 4lul9.
tion avait été calomniée et qu'on avait mal interprété le rôle de sa flotte autour de Gaëte (i).
Les journaux révolutionnaires ne dissimulèrent pas leur joie inconvenante. Le Times qui avait déjà préalablement annoncé au roi François, que l'empereur des Français, dont une politique inexplicable lui avait valu la protection, l'abandonnerait à l'heure la plus critique à ses ennemis, le Times, disons-nous, voyant ses vœux accomplis et ses prophéties vériliées, se livra à la joie de l'orgueil et se réjouit, sans retenue, des malheurs du roi de Naples, qu'il compara à Constantin Paléologue (2). Nous acceptons volontiers cette comparaison, ainsi que la ressemblance des assiégeants de Gaéte à ceux de Constantinople, de Cialdini, par exemple, au féroce et cruel Mahomet II. Mais le nouveau Paléologue ne devait pas perdre la vie sous les coups de ses ennemis. Dieu le préserva des dangers du plus inhumain des bombardements, pour le ramener un jour peut-être sur un trône que son héroïsme aura rendu plus illustre et plus éclatant.
(1) Dans le discours pour Fouverlure du Sénat et dans V Exposé de la situation, c est ce même motif qui fut indiqué.
(2) simes du :2l janv. 1861.