‹ Histoire de la révolution de 1860 en Sicile (volume 2)Chapitre 28 sur 36 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

protesta dans ses discours aux Chambres de Turin, du 27 mars et du 9 avril 1861, qu'aussitôt arrivé à Rome, il |)rocIamerait le principe de PEglise libre dans un Etat libre: que jamais les catholiques n'avaient su donner à TEglise autant de liberté que lui en donnerait le nouveau gouvernement d'Italie; il censura les gouvernements qui avaient mis des entraves à cette indépendance; il fit voir, en un mot, pour apaiser le monde cathoh'que, qu'une fois la capitale du royaume d'Italie étant à Rome, il en surgirait pour l'Eglise répo(pie la plus prospère et la plus éclatante qui eût jamais brillé pour elle dans le cours de 19 siècles (i). Nous n'aurions vraiment jamais cru que l'hypocrisie du comte de Cavour dût aller jusqu'à faire montre d'un amour aussi exagéré pour l'indépendance catholique; et nous ne saurions comprendre comment il a pu espérer au xix^ siècle de pouvoir ainsi donner le change au monde catholique. Ses déclarations et ses promesses artificieuses n'ont réussi qu'à exciter dans toute âme généreuse un frémissement de la [)lus vive indignation.

Mais qui était donc ce M. de Cavour, qui par ses obliques détours s'étudiait à leurrer les nations catholiques et surtout la France, qu'il appelle la représentante de la catholicité dans cette grande question? C'était le même homme qui, en 1855, osa en plein parlement tourner en dérision le Pontife romain (2); et qui déclara vouloir commencer son travail de réformateur par la suppression des Ordres religieux (r,); le même homme qui en 1856 dénonça à la diplo-

ï) Séance de la Cliainbre des Députés a ïiiriii, :Î7 mars 1861. :2) Parlement de Turin, 6 fév. 1855.

fô) Séance du 2:2 fév. 1855. Napoléon 1" avait déclaré solennellement le contraire: .' J'ai, 'xiisail-il, « réorganisé les couvents et, en voulant qu'ils continuent à exister.

matie de l'Europe le Père des (idèles comme un tyran, comme un parjure, comme un imposteur public et qui lança de cette manière son programme de guerre contre la papauté temporelle et spirituelle (i); c'est lui qui déclara hautement aux Chambres piémontaises « qu'il avait refusé de se plier aux insinuations et aux conseils pressants qui avaient pour but de renouer des négociations de concordat avec Rome (2); » lui, qui dans le Risorgimento, organe de sa politique, publiait que « les concordats ne sont qu'une diffi- « culte de plus ajoutée à celles qu'il leur restait à résoudre; « qu'entre l'Eglise et l'Etal, entre la religion et la politique, ^< entre le spirituel et le temporel, il devrait y avoir une u barrière de granit (5); )) c'est lui-même qui, en i8o7, lança dans l'assemblée parlementaire de haineuses paroles contre Tépiscopat et le clergé de France, parce (ju'ils avaient adopté le rite romain {4), et qui déclarait impossible un concordat avec Rome (:;); lui qui, en 1858, organisa, avec les sectes les plus perverses, la complète destruction du domaine et du pouvoir de l'Eglise (e); lui qui, en 1859, dans le Mémorandum, adressé à l'Angleterre et à la France, se faisait le panégyriste de Joseph 11 et de son système anti-religieux, et qui affirmait que le concordat autrichien, oii est garantie l'indépendance de l'Eglise, était une cause

« j'ai donné tort à l'esprit philosophitiiie du temps et consacré le principe de l'utilité « de ces établissements religieux. « Lettre du 51 juillet 1803 au pape Pie VII. Arlaud, t. H, c. VIII, p. (56.

(1) V. les journaux muzzinioiis, entre autres la Maga du 15 mai I806.

{i) Chambre des Députés de Turin. 7 mai I806.

(3) Risorgimento. 2 avril 1836.

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