i) Chambre des Députés de Turin. 50 déc
(3) Chambre des l'éputés de Turin. -!■) avril 1837.
(6) V. noschap. IV et V.
d'oppression pour le royaume Lombard-Vénitien, parce qu'il avait augmenté Tiniluence et la liberté sacerdotales (i); lui (pii, en 1860, calomnia le Souverain Pontife, devant l'Europe, en l'accusant d'avoir fait appel au fanatisme de certaines classes ignorantes, pour lever une armée d'étrangers destinés à combattre contre l'Italie (2). Cavour fut le ministre (pii, 1)3 r sa guerre systématique et constante à l'Eglise, lit oublier le gouvernement irréligieux de Siccardi; le ministre qui signala chaque année de son administration et des sessions législatives par une foule d'actes et de décrets contraires à l'autorité de l'Eglise; qui dépouilla et dispersa les religieux, et de quelques monastères osa faire jusqu'à des lieux de prostitution; qui méprisa, avilit et emprisonna des prêtres, des évêques et des cardinaux; qui foula aux pieds les canons de l'Eglise, déchira les concordats des Pa|)es, se moqua de leurs bulles, affronta leurs censures et en provoqua d'un air plaisant de plus grandes encore; lui qui prétendit dicter au clergé italien une nouvelle discipline et se poser devant lui en docteur de théologie; lui. qui sema en Piémont, puis dans toute la Péninsule, l'élément protestant; lui qui, [)ar les bibles, par des livres impies et scandaleux, par des spectacles immoraux, par les temples et par les écoles confiées aux protestants, par des encouragements de tout genre prodigués à l'apostasie, lutta tant d'années contre l'édifice catholique pour le renverser de ses fondements.
Les prédécesseurs de M. de Cavour, ceux dont il se vantait (le continuer l'œuvre, dit le comte de Montalembert,
(1) Mi'moruuiUim du l"^"' mars 1859.
(2) Mémorandum {\\\ \'l sept 1860. Appendice au chiipitre XXV de ce volume.
sont Arnolclo de Brescia, Sarpi, Giannonc, etc.; ses alliés sont les mesquins et faux libéraux, tous les ennemis implacables de la liberté et du catholicisme, et aussi l'Angleterre... non la glorieuse Angleterre libérale et conservatrice ; mais une Angleterre dégénérée, infidèle à ses vrais intérêts, à son bon sens, à son équité nationale, à ses traditions locales, qui encourage contre le Pai)e et contre les princes catholiques, les actes et les idées qu'elle a noyées dans le sang des Irlandais, des Indiens et des Ioniens; qui, aussitôt qu'elle sait qu'on doit combattre l'Eglise, a de l'argent pour tous les aventuriers, de la connivence pour toutes les invasions, de la sympathie pour tous les crimes (t).
Voilà l'homme qui insultaitnaguère àtous les catholiques lorsqu'il disaitqu'en dépouillant le Pape de son pouvoir temporel, il lui donnerait des garanties de liberté et d'indépendance (|ue l'Eglise n'avait jamais connues! Mais de quel front osait-il espérer qu'on pi'éterait foi à ces promesses? Comme s'il ne s'était pas soulevé contre toutes les lois du droit public, et qu'il ne s'en fût pas fait un marche-pied pourmonter à la dignité de premier ministre d'Italie! Comme s'il n'avait pas violé impudemment les traités de Villafraiica et de Zurich le lendemain de sa signature! Comme si, après avoir fait dresser pour les autres le protocole de Paris du 18 mars 1856, il ne l'avait pas déchiré de sa main en intervenant avec ses armées dans la révolution des Etats d'Italie (a)! Comme s'il n'avait pas envoyé au Pape l'assurance (pie l'armée sarde se tenait aux frontières j)our empêcher
(I) Montalerabert. Lettre à M. de Cavour.
(:2) Dans ce protocole, les [Puissances avaient promis de. irinterYcnir en aucune manière, dans les questions entre sujets cl souverains.
l'invasion des bandes révolutionnaires dans les états de l'Eglise et non pour s'en emparer, tandis qu'il s'en emparait le jour suivant et massacrait impitoyablement les braves qui défendaient le droit et la religion! Comme si, en même temps qu'il se confondait en témoignages d'amitié envers le roi des Deux-Siciles et qu'il promettait de vouloir en reconnaître les droits contre l'invasion de Garibaldi, il n'avait pas conspiré à Naples par le moyen de Villamarina et de Liborio Romano et n'avait pas commis ensuite, par ses troupesjes énormités que nous avons rapportées! Qu'espérer après cela de la bonne foi de M. de Cavour ou de toute son école, qui est celle de la révolution? Mais quelles seraient donc ces garanties dont se vantait si fort le comtede Cavour, en se servant de la formule d'un des plus illustres défenseurs du catholicisme, du comte de Montalembert? Ces garanties se réduiraient à préparer au Pape une prison un peu plus grande que celle des évêques et des cardinaux i\u\\ a incarcérés; prison qu'il fermerait par ww mwr ^g granit, QÙn de séparer absolument le spirituel du temporel; le mur de granit serait la restauration de la Rome païenne dans toutes ses relations sociales et religieuses ; au-delà de cette impénétrable enceinte, le Pape serait libre dans sa plus ou moins honorable prison, et Rome et l'Italie seraient libres dans leur paganisme renouvelé. Voilà quelle serait l'Eglise libre dans un état libre, que l'on pourrait devoir à tout ministre fidèle aux principes de la révolution triomphante, comme l'a été M. de Cavour dans sa ligne de conduite.
^ Disons avec M. de Montalembert: « Caligula aurait voulu « que le peuple romain n'eût qu'une tête pour la lui tran- « cher d'un seul coup. La révolution |)ense comme Cali-
RÉVOLUT. DE SICILE. T. 11. 18
« gula » (i). On veut Rome, nous l'avons dit, pour décapiter le catholicisme et pour répandre dans l'Europe catholique la religion de l'Etat ouvrant la voie au plus insensé et au plus funeste rationalisme, qui est le dernier mot de la révolution. Mais, la révolution fera des martyrs, elle trempera peut-être une main sacrilège dans le sang du magnanime Pie IX; mais que pourra-t elle contre le saint Pontife? que pourra-t-elle contre l'Eglise? Le sang d'un Pape versé pour la foi, donnerait à l'Eglise une nouvelle vigueur, un nouveau lustre ; le spectacle de son martyre frapperait de stupeur les dissidents, et ferait briller à leurs yeux la vérité de la croyance catholique. Rome cependant resterait le centre impérissable de cette foi, la résidence de son Pontife, embellie de nouveaux trophées, entourée de nouvelles couronnes, enrichie de nouvelles conquêtes, bénie parles populations régénérées... Et ses ennemis? Ses ennemis ne seraient alors que cendre et poussière (2).
(1) Deuxième Lettre a M. deCavour.
(2) Quand l'auteur, après avoir tracé un si énergique tableau des opinions et de la personne de M. de Cavour, terminait ainsi le chapitre, il ne prévoyait pas la fin soudaine de l'habile ministre. M. de Cavour mort, c'est déjà pour l'Eglise un ennemi de moins ; les autres passeront comme lui et l'Eglise restera. (Note du traducteur.)