M. LE GENERAL DE WIMPFFEN
s'arrêta au quartier général et donna ordre à M. de Failly de marcher sur Mouzon. M. de Failly, dans sa brochure justificative sur les Opch^ations et marches du o" corps, nous dit qu'à neuf heures les généraux divisionnaires et les chefs de service réunis purent se convaincre que Tennemi ne suivait point la marche du 5^ corps et conti nuait, au contraire, sa marche sur Stenay. Je ne veux pas faire remarquer que les généraux se réunissaient à neuf heures, deux heures après que Mac-Mahon eut donné l'ordre de marcher sur Mouzon : la fatigue excessive des troupes pouvait légitimer ce retard. Mais ce qui est sans excuse, c'est que sur la simple présomption que les Allemands marchaient sur Stenay, le général ordonna une grande halte et retarda jusqu'à onze heures pour la tête de colonne, à m?'</e pour l'armée, le départ des troupes, afin qu'on pût passer l'inspection des armes et nettoyer les fusils. Quoi! ce général, qui s'est vu la veille et l'avant-veille poussé par l'ennemi, par cet ennemi qui est partout autour de lui, à cette heure, ce chef d'armée commande aux officiers d'inspecter les armes, aux soldats de les démonter, et cela quand les minutes, sans exagération, comptent pour dos siècles! On inspecte ce campement de Beaumont comme on le ferait du camp de Châlons en pleine paix ; et, pendant ce temps, « les généraux, dit M. de Wimpffen dans son livTe, les généraux et le général en chef achevaient paisiblement de déjeunera »
Conçoit-on pareille aberration, pareil abandon, un tel oubli de toutes les règles de la prudence? Cette troupe s'oflïait ainsi comme désarmée aux coups de l'ennemi, lorsqu'au moment oii son avant-garde allait se mettre en route, à midi moins cinq minutes, un obus vint brutalement tomber au milieu du campement situé au bas de la ville, et sans que nul n'eût pu dire d'oii partait le coup. Nos soldats n'étaient pas tous prêts au combat,