‹ Histoire de la Révolution de 1870-71Chapitre 4 sur 59 · LE GENERAL STEINMETZ · texte numérisé non relu

LE GENERAL STEINMETZ

La clef de la position était, pour les Prussiens, le petit bois de Mey que défendaient nos mitrailleuses, tandis que les batteries prussiennes ripostaient par leurs obus. Vers sept heures du soir, le bataillon du 64* de ligne, qui défendait le bois de Mey, attaqué par des forces considérables, battait en retraite, et ne put être rallié que difficilement sous le feu terrible des tirailleurs ennemis, maintenant établis dans ce bois. Mais, dès l'arrivée de la division de Gissey, le 20'' bataillon de chasseurs à pied s'élance dans le bois de Mey et en déloge, après un vif combat, les Allemands qui se replient à leur tour, tandis que des masses de fantassins et de cavaliers ennemis, abritées jusqu'alors derrière Ser\igny, se montrent brusquement et font vers notre gauche un mouvement menaçant. La division tout entière s'élance au pas de charge, ouvre un feu violent à volonté, et arrête brusquement ce mouvement tournant qui pouvait nous être fatal ^ .

La nuit venait. Une partie du 3* corps entra alors en ligne et repoussa les colonnes prussiennes qui semblaient vouloir revenir au combat. L'ennemi, repoussé vers huit heures du soir de Mey et de Servigny par une charge à la baïonnette, se retirait en brûlant derrière lui ces villages. On le rejetait encore de Mercy-le-Haut et de Mercy-les-Metz et on n'entendait plus, dans la nuit, que la canonnade échangée entre les batteries allemandes et les batteries du fort de Queuleu.

C'était un succès, et, Sarrebrûck n'étant qu'une funèbre plaisanterie, c'était le premier succès delà campagne. Les soldats ne s'y trompaient pas. Ils regagnaient gaiement le Ban-Saint-Martin, et Napoléon disait à Bazaine, en lui tendant la main, à Longeville : « Eh bien ! maréchal, vous avez donc rompu le charme? ". » Ce qui n'empêchait point le roi Guillaume de télégraphier à Berlin ces trois lignes mensongères :

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