‹ Histoire de la Révolution de 1870-71Chapitre 7 sur 59 · II. · texte numérisé non relu

II.

ceux de toute l'armée. — Jamais \ictoire ne fut plus complète ! Qu'on interroge les populations des villages situés dans le rayon de la bataille, et elles vous diront que l'attitude des Prussiens était celle de gens en pleine déroute. Nous passons, comme toujours, la nuit sur le champ de bataille. Le lendemain matin, nous continuons la poursuite de l'ennemi pour assurer le succès de la veille! Ce serait par trop simple, par trop naturel. Nous faisons demi-tour et nous évacuons le champ de bataille, reculant encore, reculant toujours ! Nous nous arrêtons en face de Gravelotte, et la journée du 17 se passe sans autre incident que quelques décharges de mitrailleuses. Deux alertes nous tiennent en éveil une partie delà nuit. »

Oui, on avait battu en retraite. Et pourquoi? Bazaine affirme que l'eau manquait aux environs de Gravelotte; qu'il fallait, avant de continuer la marche en avant, aligner les vivres et remplacer les munitions consommées, principalement en projectiles de quatre, afin d'évacuer les blessés sur Metz. Il est absolument vrai que nos soldats, toujours trop chargés au point de départ, se débarrassent trop rapidement de leurs sacs, les jettent et jettent en même temps leurs vivres ; il est absolument vrai que nos soldats ne ménagent point leurs cartouches et se livrent à ce que M. de Bismarck appelait le gaspillage des munitions. Mais la ville de Metz contenait assez de vivres pour nourrir l'armée pendant sa marche sur Verdun, et il était facile de faire suivre nos soldats par des convois; quant aux munitions, comment le général Soleille n'a-t-il pas découvert, malgré ses actives reche7'ches, les A. 000. 000 de cartouches qui étaient à la gare du chemin de fer? * .

Encore une fois, à quelques kilomètres d'une ville comme Metz, l'intendance ne sut pas approvisionner l'armée, et le pitoyable et misérable vice de notre admi-

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