‹ Histoire de la Révolution de février 1848Chapitre 10 sur 43 · EST PROCLAMÉE · texte numérisé non relu

EST PROCLAMÉE

Le conseil décréta ensuite l'adoption, par la patrie, des enfants des citoyens morts en combattant pour la liberté.

Il décréta aussi que tous les biens meubles et immeubles de l'ancienne liste civile faisaient retour au domaine de l'État, et que ceux du domaine privé, ainsi que ceux des membres de la famille royale, seraient mis sous séquestre et administrés par l'État, en attendant que l'Assemblée nationale eût statué sur leur destination.

Il rendit un long décret, portant organisation de la garde nationale mobile, créée dans la journée précédente2.

Comme conséquence et consécration du décret du 25, par lequel le Gouvernement provisoire s'engageait à fournir du travail à tous les citoyens, il ordonna l'ouverture immédiate d'ateliers nationaux, pour quiconque voudrait demander du travail à l'État.

Celte dernière mesure, qui se rattachait surtout à une arrière-pensée politique de la part de la majorité du conseil, était des plus graves, et nous en relèverons bientôt le véritable esprit. Mais, de tous les actes qui marquèrent cette mémorable journée, le plus éclatant, parce qu'il était le plus inattendu, fut l'abolition de la peine de mort.

La séance touchait à sa fin sans que cette grande question, soulevée la veille par M. Lamartine, eût été reprise, lorsque Louis Blanc demanda la parole. Le jeune tribun était sous l'impression d'un article

1 Voir aux Pièces justificatives.

2 Voir aux Pièces justificative*.

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de journnl qui, par une calomnie devenue bannie, faisait déjà aboutir la République au gouvernement du bourreau.

« Messieurs, dit-il, il est temps de répondre à ces odieuses attaques, » d'une manière qui ne s'efface plus de la mémoire des hommes. Je » demande que nous réprenions la proposition de M. Lamartine, et » que nous abolissions la peine de mort séance tenante, »

Ces paroles prononcées avec une profonde émotion produisirent un effet électrique. Lamartine courut vers Louis Blanc, et, lui prenant les mains : « Vous faites là, s'érrin-t-il, une noble chose. »

Le sentiment exprimé par Louis Blanc était devenu celui de chacun. Tous les membres du conseil se levèrent spontanément, s'embrassèrent, et ce fut avec une joie passionnée et d'un commun élan qu'ils votèrent, encore debout, l'immortelle proposition dont Lamartine avait prÎ6 l'initiative et dont Louis Blanc venait de décider le triomphe, alors facile. Les membres du conseil reprirent leurs places. Louis Blanc et Lamartine, saisissant la plume, rédigèrent, l'un les considérants, l'autre le texte môme de ce décret, qui allait marquer une phase nouvelle dans l'histoire de l'humanité :

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