‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 101 sur 152 · LIVRE VI (4559— i · texte numérisé non relu

LIVRE VI (4559— i

Megbem et au oomte de Horoes, une de 15,000 ; eofin une de 6,000 au comte d'Arenberg '. Mais il avait été impossible de contenter tout le monde.

En réiilité, ia scission était déjà profonde entre les Espagnols et les Belges ; diverses circonstances, aggravées par une politique malhabile, contribuèrent bientôt à rendre cet antagonisme extrêmement périlleux.

On se souvient que Philippe U avait, avant son départ pour l'Espaigne, demandé une nouvelle aide aux états des Pays-Bas. Geux^i mirent pour condition à leur consentement Téloignement des gens de guerre espagnols dans un délai de trois ou quatre mois, selon la promesse formelle du roi.

La duchesse de Parme ne se. dissimulait, point que les états expnmaieot réellement un vœu général ; pais, d'autre part, les circonstances lui semblaient trop peu favorables pour l'accueillir. Elle voulait avoir ces vieilles bandes sous la main dans un moment où la France devenait le théâtre d'une guerre à la fois religieuse et civile. Les protestants, exaspérés parles mesures rigoureuses dont les Guises avaient pris Tinitiative, s'étaient placés sous la protection des princes de la maison de Bourbon, et un complot fut tramé pour enlever le jeune roi, le soustraire à laseendant des Guises, et le placer sous l'influence contraire de l'amiral de Çoligny et du roi de Navarre Ce complot ayant échoué, les Guises se vengeaient des protestants en multipliant les exécutions. Dans ces conjonctures, la duchesse de Parme pensait que les bandes espagnoles pourraient être utiles soit aux catholiques de France si l'intervention d^ TEspagne était demandée, soit dans les Pays-Bas même où les réformés s'intéressaient fortement à leurs coreligionnaires.

Comme les provinces avaient discontinué de payer les soldats

' Correspondance de Philippe H, t. W, p. 485.

âS6 r^ES PAYS-BAS sous PHILIPPE II.

espagnols, la gouvernante emprunta de' l'argent pour les entretenir, mais sans pouvoir acquitter cependant les arrérages qui leur étaient dus. Enfin, voyant que ses délais augmentaient les murmures et les rendaient plus menaçants, elle se ravisa et demanda au roi l'autorisation d'éloigner les troupes espagnoles. Granvelle lui-même conseilla de les faire partir, appréhendant que les états ne refusassent les subsides , tant que la promesse royale n'aurait pas été accomplie. Philippe s'était d'abord montré très-disposé à exécuter cette promesse. II mandait de Tolède à Tévéqued'Arras, le 27 décembre 1569, qu'il s'était résolu à rappeler les troupes espagnoles, quoique avec la crainte de voir les Français en profiter pour chercher à rompre la paix. L'une des considérations qui l'avaient essentiellement déterminé à prendre cette mesure, c'était l'impossibilité présente de rien faire autre chose dans l'intérêt des Pays-Bas. Désormais leurs habitants connaîtraient du moins, ajoutait-il, la bonne volonté dont il était animé pour le bien public, puisqu'il cherchait à le prouver même aux dépens de sa propre sûreté; en tous cas, il aurait la satisfaction d'avoir rempli le devoir d'un bon prince à l'égard de ses sujets '. La régente fit savoir aux états (mars 1560) que Tinfanterie espagnole serait embarquée aussitôt qu'elle aurait été remplacée par d'autres troupes dans les places frontières. Elle leur demanda en conséquence un subside sufi^ant pour l'entretien de 3,200 gens de pied , qui seraient répartis sous seize ensei-* gnes. Quoique les états se fussent empressés d'accorder ce subside*, on attendit jusqu'au mois de septembre avant de diriger les soldats espagnols vers la Zélande. Irrités des retards apportés au payement intégral de leur solde, de la négligence du gouvernement, qui les laissait manquer de tout, et de l'antipa-

' Papiers (ÏÉtaJt du cardinal de Granvelle, t. V, p. 672

' Les étals volèrent un subside annuel de 127,000 florins pour trois ans.

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