LIVRE viif (1563). 35S
IJgne et de Meghem , ainsi que les seigneurs de Berlaymont , de Hachîcourt, de Glayon et de Monligny. Viglius, requis par la gou- %'ernante d'exposer l'objet de la convocation ; dit qu'it convenait en premier lieu de s'adresser au roi et de solliciter de lui quelques secours, mais qu^l ne serait point sage de mettre toute sa oon'fiance en autrui et que , en conséquence, le pays devait s'aider lui-même. Le nu>yen le plus efficace d'6ter aux voisins l'envie d'attaquer les Pays-Bas était d'assurer la solde régulière dés troupes et le bon entretien de l'artillerie et des fortifications des places frontières; il importait aussi de pourvoir au cas d'invasion soodaine, en tenant en réserve quelques ressources. Comme le concours des mandataires de la nation pouvait seul procurer ce résultat, Yiglius était d'opinion que, sans faire du bruit, on r&* montrât aux états de chaque province, en particulier, les duigers auxquels le pays pouvait se trouver exposé d'un moment à l'àu-^ tre ; qu'on leur rendtt compte des démarches que la régente avait foites d^à auprès du roi et qu'elle allait renouveler ; qu'on leur exprimai le désir, qui l'animait, de les pi^server de tout incon^ vënient, et la confiance oii die était que les voisins renonceraient à leurs projets d'invasion, s'ils en avaient conçu, du moment où ils s'apercevraient que le pays était sur ses gardes ; que, en s'appuyant de ces considérations, on demandât aux états une aide éventuelle qui resterait entre leurs mains, et dont on ne ferait usage que dans un besoin pressant. Viglius préférait ce mode de communication avec ies provinces à une assemblée des états généraux , car, smvant lui, donner un tel retentissement à la crainte que l'on avait des Français, ce serait les encourager et exciter aussi ceux du pays qui voudraient les imiter '. La duchesse de Parme déclara qu'elle n'avait de sa vie entendu un discours plus éloquent. Cependant l'avis de Viglius ne préyalut
' Gaghard, Des anciennes assemblées naiionalf s de la Belgique, %U.
point : la conv^catioQ des députés des provinces à Bruxelles fut résoloe.
La réunion des états généraux était ie but vers ieqiid tendaient \es adversaires du cardinal de Granvelte , et surtout te prince d'Orange ; celte question était agitée dans les conférences secrètes de^ chevaliers de la Toison d'or» qui se tenaient chez lui àœite époque. Or, c'était pour déjouer ce projet) autant que pour donner un témoignage de confiance aux principaux personnages de ]*État, que la régente avait réuni les gouverneurs et les chevaliers de la Toison d'or. Bile dut néanmoins se résoudre à convoquer aussi les députés des provinces. Elle donna suite en même temps à une autre résolution prise en séance du conseil d'État du 7 mai et qui tendait à envoyer un des prindpaux sdgneurs au roi , pour lui exposer la situation des Pays-Bas. La duchesse avait d'abdrd désigné pour cette eofnroission lé comte de Hornes, et,, à 9on défaut, le seigneur de Clayon ; mais ceux-ci s'en excusèrent. Alors ellQ jeta les yeux sur le gouverneur de Tournai, Florts de Montmorency, baron de Leuze et de Montigay, cehii que Granvelle appelait le coq des opposants '.
Les députés des états se réunirent à Bruxelles dacis les derniers jours du mois de juin. Gomme ils avaient été convoqués uniquement pour voter des subsides, ils ne purent exercer l'influence qu'auraient voulu leur attribuer les adversaires de Granvelie. La duchesse de Parme appela leur attention sur les troubles qui venaient de naître en France. La prudence , leur disait-elle, ne permettait point de rester indifférent aux nombreu* ses levées de gens de guerre qui se faisaient dans ce royaume : on ignorait les projets, de ceux-ci; mois on ne voyait que trop que, sous le prétexte de la religion , plusieurs ne tendaient qu'à saccager les églises, à piller les riches, à enfreindre l'obéissance
I Le Petit, liv. IX». — Stkada, lib. 111.
LivjiE viti (tfiCâ). 357
due à la justice, et à amener Gaalement la subversion de l'État. Pour prévenir les desseins hostiles que l'on pouvait nourrir contre les Pays-Bas, dont la prospérité ^^vait toujours esxoité Tenvie de leurs voisins, la gouvemanie» s'appuyant de l'avis des. seigneurs, demanda que les états des diverses provinces nommassent des députés avec pouvoir de lever sur leur orédU, le cas de nécessité arrivant, telle somme qui serait jugée néoesaatre. La proposition particulière faîte à chaque députation indiquait le taux de la somme que l'on attendait de ses commettants. Les provinces, du moins la plupart dlenlre elles, se epnlormèrent :à la dem«mde delà régente '.
Cependant Philippe U» loin d'envoyer des troupes dans les Pays'-Bas pour les protéger contre ia Franee^ venait ^d'ordonner à la tiuchesse de Parme de faire marcher dieux: mille iiomoies des bandes d'ordonnance au secours jded catholiques français et même de renforcer ce secours si Catherine: de Médicis et les prloœs de la maison de Guise en ex primaient. 1er désir. La gour vernante, ayant conunQniqué les dépêches du roi au conseil d'État, n*eut pas de peiné à iisconnaltre qu'elles; contrariaient les sentiments de tout le monde *. Du reste, Granvelle avait déjà averti Gonçalo Perez que les seigneurs et le peuple des Pays-Bas ne verraient pas de bon œil que l'on secourût les catholiques de France, ni que le roi voulût les entraîner dans une nouvelle guerre, après qu'ils avaient tant souffert des luttes passées V Le prince d'Orange et le comte d'Egmont déclarèrent que les bandes d'ordonnance étaient entretenues | ar les provinces danç l'intérêt du pays ; partant, qu'il fallait attendre le consentement des
) Dch atuieiiHC» cmembléts nationales, § U. ' Strada, lib.m.
* Lctdvpdu 12 mai 1562, danfc la Correspondance de Philippe //, t. ^^ p. 201 . •
358 LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE If.
provinces pour les faire sortir des Pays-Bas, mais que c'était une affaire de longue résolution et qu'il y avait danger d'essuyer un refus dans un temps surtout où il convenait plutôt d'augmenter tes forces du pays par des forces étrangères que de le dépouiller des siennes. Peut*étre avaient-ils un autre motif. On croyait qu'à la sollicitation du prince de Condé quelques princes protestants d'Allemagne avaient menacé d'attaquer les Pays-Bas, si l'on donnait secours à la maison de Guîse '.C'était là un bruit qui n'était pas sans fondement et qui s'était répafndu en France et même en Italie *. Le prince d'Orange, en s'opposant au départ des bandes d'ordonnance, voulait-il plutôt favoriser les huguenots de France, le parti de Condé? Toujours est41 qu'il lui rendit un service indirect. En résumé, la duchesse de Parme n'insista que faiblement sur la demande du rot, soit qu'elle désespér&t de vaincre la résistance des provinces, soit qu'elle craignit également et du cAté de l'Allemagne et du c6té même des Pays-Bas. Il est certain que beaucoup de nobles ou autres, qui inclinaient vers les nouvelles doctrines, suivaient avec une sorte d'anxiété les mouvements des hugaenots ; qu'ils étaieut comme à l'affût, espérant le succès ^. La régente écrivit au
t Stbada , lib. m.
' Lettre de Prosper de Saînle-Croix, évéque d'Albe et nonce du pape à Ja cour de France, au cardinal Borromée, du 20 juillet 1562. — Lettres du eomte de Schwartzbourg au prince d*Of ange, dans les Archives de la maison d'Orange-Nassau, t. !«*-, p. 45S.
' Granvelle au roi, 42 mars 4862, dans \e& Archive* de to tnais^n d'Orange^Nagsau, 1. 1, p. 426. — Dans une lettre précédente du 45décem< bre 4564 , également adressée au roi, Granvelle s*exprimait en ces termes : « J'ai sous les yeux certaines gens qui affectent un enthousiasme exiraor- M dinaire pour tout ce qui se fait chez nos voisins, les élevant jusqu'aux u nues et nous rabaissant dans la même proportion ; ils cherchent à semer « les craintes, et nous dipcnt .abandonnés de tout le monde. Je pwis me
i.iv«E VIII (1562). 359
roi qu'il lui peinait dans Tàme de n'avoir pa exécuter ses ordres ; mais que le service même du prince et la conservation des États qu'il avait confiés à son gouvernement avaient dû être sa règle. Granvelle disait, de son côté, à Gonçaio Ferez que les Pays-Bas n'étaient pas comme l'Italie et le Milanais , qu'avant d'y envoyer des ordres aussi absolus , il fallait y prendre conseil sur ce qu'il était possible d'exécuter. H écrivit au roi lui-même que les états ne payeraient pas un maravédis aux bandes d'ordonnance si on voulait envoyer celles-ci en France '. Arrivèrent alors des lettres plus pressantes par lesquelles Philippe 11 enjoignait à la gouvernante que, sans délibérer davantage, elle envoyât en France les bandes d'ordonnance des Pays-Bas. Kn recevant cette dépêche, la duchesse de Parme se trouva dans la plus grande perplexité, ne doutant pas de Témotion qu'elle causerait. En effet, l'ayant communiquée au prince d'Orange et au comte d'Egmont ainsi que la copie de la lettre écrite par le roi à son ambassadeur à Vienne , ils s'en montrèrent étonnés et consternés , s'imaginant que tout se faisait pour leur attirer la disgrâce du souverain, puisque l'impossibilité de donner secours au roi de France était notoire, ^ moins qu'on ne voulût la perte et la ruine totale des Pays-Bas; La duchesse les engagea à y réfléchir pour que la chose se traitât le jour suivant 4 août au conseil. Ils assistèrent l'un et l'autre à cette séance, quoiqu'ils eussent dit qu'ils n'y viendraient pas. Granvelle, le comte de
• tromper, mais je considèro leurs liaiscos comme suspectes » Ptipiers
d'État, t. YI, p. 458.
' Correspondance de Hnlippe 11, l. I, p. 206. — « H es l impossible, ociivait-il au roi le 46 janvier 4562, de déterminer les gens d*ici à porter secours aux catholique de France : ils craignent d'entrer par là en guerre
avec les Allemands, et ne le veulent pas On parle avec une telle liberté,
qu*î! est à craindre, à tout moment, qu*on ne provoque le soulèvement du peuple f Ibid , p. 19î>."
560 LES l»AYS*BA6 SOUS PiHUI>PE I».
Uornes et te président Viglius s'y Irouvaieot aussi. On représenta de nouveau les ineonvéoÂents qu'entraînerait l'exécution des ordres du roi. On ajouta que, pour faire marcher les bandes d'ordonnance, il faudrait iagrémeht des états; que la réuiûo» de ceux-ci exigerait au moins deux mois, et que leur réponse pourrait être négative. La ducbésso, désespérant de surmonter cette opposition, erut devoir se rendre aux raisons émises dans to (lonseil. Elle amena toutefois les seigneurs à oonaentir qu'un secours en argent ftlft donné au r&ide France, au lieu d'un secours en hocnmes. Ce subside fut fixé à la somme de 50,000 éeus '.
Philippe, en apprenant ce qui s'était passé» fut trèsHmécontent de l'opposition des seigneurs ; mais U crut devoir di^sinuiler son ressentiment. Adoptant la proposition de lu gouvernante, il résolut d'envoyer au roi de Franec un secours de 30,000 écus piir mois, et il ordonna , . de plus , que Charles IX fÙt secouru (te 1 ,500 chevau-légers du cèté de i Italie au lieu de 3,000 chevaux des bandes des Pays-Bas \
Il est d'ailleurs avéré, que le prince de Coedé négociait avec les Allemands et la reined'Angletccre, alors que le dUc de Guise réclamait TassisLunce de Philippe II on faveur clés ealholiquos français : u U est bon, disait Granvelle, que le roi soutienne les •i catholiques de œ royaume. Il y va de la conseivaUon de « la foi cutholiqne non-seulement dans ce pays, mais aux Pays- «( Bas, car, ici, il ne se parle d'autre chose que de ces niouvo- « ments de France, et de telle manière qu'on voit clairement « qu'il y en a beaucoup auxquels il ne déplairait f^as que les « choses tournassent mal ; et, si cela arrivait en France, bien-
< Lettre de la diccliesso au roi, du 6 août 4562, Correspondance de Philippe il, 1. 1, p. i41.
' Lettre du roi à la duchesse de Parme , du 23 décembre 1562, dans la Corrcspo7uîanrc rfe PhUippr tl, \ l'-rp. ?3f.
LivnE viir (I56â). oUi
« t6i hoùsen verrions autant ici. Ce qui nous a sauves, cest « qu'aucun dé ceéseignèurd ne se soit déclaré : car, si quelqu'un <( d'eux le faisait, il n*y aumît que Dieu qui pourrait empêcher '<• que Texémplç de ia Ftance ne Mt imité en ce pays '. » La -batBflte d4[$ Dreux, qui assura le triomphe du duc de Guise, vint enfin mettre un tbrme aux anxiétés produites par les troubles do France.
Mais cette crise avait eu pour effet de donner p4u8 d'animation à la lutte engagée contre Tautorité dont jouissait le cardinal de Granvellé. Quand les gouverneurs des provinces et leschevaiiers de la Toison d'or eurent été convoqués à Bruxelles, ils profitèrent de cette occasion pour conspirer plus activement .contre le principal minière. Indépcndammeht des réunions qui avaient lied sous la présidence de la gouvernante pour y concerter les moyens de venir au secours du roi de France, il se teilait, comme on l'a vu, chez leprince d'Orange, des conseils secrets où l'on oherchait les: moyens d'atottre la puissance de GranveUe. Là, Guillaume de Nassau, lé comte d'Eigmont et le marquis de Berghes surtout se ploignaient dés soufvçons inspirés au roi sur leUr fidélité et de leur éloignement du conseil Secret ; ils attribuaient la défiance du prince aux mauvais conseils et aux dénonciations de Granvellé. Ils lui reprochaient d'avoir écrit au roi que jamais il rie sorail maître absolu: qu'if h'eùt fait tomber cinq ou six têtes des principales du pays, et s'il no faisait passer dans les provinces une armée redoutable pour les tenir en respect ; ils lui reprochaient encore d'être l'auteur de l'augmentation des évêchés et d'avoir voulu par ce moyen Ftntroduction de rinquisition d'Espagne, fierlaymont, soit par dévouement au roi, soit par tout autre motif, crut devorr rapporter
' Letlie àGooçalo Ferez, du H décembre 1562. dans la Conrsponfianre fte Philippe If, \, W, r 230.
à la duchesse de Parme les discours entendus par lui dans les conciKabuIes auxquels il avait assisté. Du reste, U déclara franchement au prince d'Orar^e les révélations qu'il avait faites à la gouvernante. Le prince n'en témoigna point de reasenliroent parce qu'il s'imdginait que ces plaintes, ayant été rapportées comme émanant de TassemUée des chevaliers, ne pourraient lui être particuliërementimputées et qu'elles acquerraient même plus de force par cette circonstance.
Lorsque, sur la proposition du conseil d'État, le seigneur de Montigny eut été désigné pour faire connaître à Philippe II la situation des Pays-Bas, la duchesse de Parme, par une lettre'en. chiffres du U juin, avertit le roi de son départ et lui rapporta les révélations qu'elle tenait du baron de Berlaymont • « Il ^st vrai, « disait-elle, que Granvelle s'est attiré la haine et Tavérsion de « quelques seigneurs de la cour, qu'ils ont même formé' un parti « considérable contre lui, mais la cause .de cette haine et de <t cette, aversion vient de ce que le caixlidal défend avec trop de « zèle les intérêts de V. M. et qu'il soutient avec ardeur le parti « de la religion '. » Granvelle luinnéme écrivit au roi pour le mettre en garde contre la coalition formée contre .lui parles
ennemis (}u'il avait à Madrid el^ à. Bruxelles. Le motif, disail-îl,
qu'ont le prince d'Orange, et le comte d'Ëgmont de lui en vouloir serait d'avoir reçu avis, par la voie de Lorraine, qu'il aurait écrit au roi que s'il ne leur coupait la tête, ainsi qu'à d'autres, jusqu'à une demi-douzaine, le roi ne serait point seigneur des Pays-Bas, et que, pour éviter un soulèvement du peuple, il fallait les appeler en Espagne, où la chose s'exécuterait plus facilement. Granvelle attribuait cette grossière invention à Simon Renard, qui fi*équcntait assidûment Thôtel d'Ëgmont et qui assurait lui-
» Strada, Hb. III. — Correspondance de Marguerite de Parme, lettre IL — Correspondance de Philippe II, t. I", p. 202.
LiviiË vrii (IbCi). 305
m^mc aux seigneurs qu'on rappelait leur conseiller. Du reste, Granvelle saisit une occasion de s'expliquer avec le prince crQrango et \a comte d'Egmont, car malgré leurs différends, eux et Itri sejraitâient toujours a%'ec courtoisie; même le prince dt)rdnge lui montrait encore un visage ami, tout en manifestant, hors de sa présence, un profond mécontentement. Le cardinal commença par plaisanter des desseins horribles qui lui étaient attribués méchamment ; il chercha ensuite à désabuser les deux seigheurs du sou[)çon que c'était par son intermédiaire que le roi avait des intelligences avec lés Guises. Il les assura, ainsi qu'il pouvait le faire en toute vérité, que, depuis le départ du roi, il n'avait écrit aux Guises, ni directement ni indirectement, si ce n'était lors de son élévation au cardinalat. Les deux seigneurs lui
avaient également parlé de l'inquisition ; ils lui avaient dit savoir de bonne part que lorsque le duc d'Albe fut à Paris, avant la mort du roi Henri lî, il négocia avec lui pour Tinlroduction, en France et dans les Pays-Bas, de l'inquisition d'Espagne. Granvelle leur avait répondu qu'il n'en savait rien et qu'il n'y croyait point-, que cela n'était pas vraisemblable, comme- ne l'était pas non plus ce qu'on publiait : que le confesseur du roi, évéque élu de Sîguenza \ aurait dît, avant son départ des Pays-Bas, qu'il fallait ériger les évi^chés dans ces provinces, comme acheminement à l'établissemenUdé ririquisition. Granvelle croyait que la venue du roi était indispensable. Quant à lui, s'il ne préférait le service du prince à son intérêt particulier, il se retirerait à Malines, à l'abbaye de Saint-Âmand ou en Bourgogne. II promettait d'ailleurs d'user avec les seigneurs de toute la douceur possible, de leur complaire en toute occasion. La seule chose, gisait-il, en laquelle il ne puisse céder est le maintien de Tauto-
• »" * I DontSégo Spinosa ou,i:?pifto«v, qui devint plus tard cardinal et président de Câstille.
I lie royale ; pour ce dernier objet, il sacrifierait sa vie, si! en était besoin ^
Contre son habitude, t^ roi ne tarda point à répondre. Le 47 juillet, il manda à la duchesse do Parme qu'il était scandalisé d'apprendre que les personnes qui devraient le plus aider la gouvernante des Pays-Bas , non-seulement manquaient à ce devoir, mais donnaient occasion à d'autres de répandre le trouble et l'inquiétude dans les esprits. En ce qui concernait les nouveaux évéchés, le rai déclarait que jaojais Granvelle ne lui en avait conseillé l'érection, qu'il en fit même dans le principe un mystère au cardinal, et que celui-ci n'en eut connaissance que lorsque raffaire était déjà bien avancée; il assurait que le marquis de Bergbeseo fut instruit avant lui, durant le séjour du rot an Angleterre, et antérieurement à l'envoi de Sonnius à Rome. Il ajoutait qu'il dut faire beaucoup d'instances à Granvelle, pour que celui-ci consentit à accepter l'archevêché de Malinos. Il n'était pas vrai que Granvelle eût écrit au roi que, pour assurer le repos des Pays-Bas, il faudrait couper une demiwiouzsiine de tétes^ « quoique, disait Philippe, il ne serait pcutrétre pas mal de recourir 6 ce moyen. » Il témoignait son mécontentement de ce qu'on blàinàt l'intervention de Granvelle dans les affidires^ tandis que, sous Charles-Quint, lorsque le cardinal n'avait pas encore acquis Teipérience et l'habileté qu'il avait aujourd'hui, on ne disait rien Ce qu'on débitait sur l'intention du roi d'établir au% Pays-Bas rinquisition d'Espagne était également faux ; jamais
i Lettre îr^portonte (jlo Granvelle au roi ()u U juia 4562, dans le^ Papiers d* État, A. Yl, p. 567 et suiv. Fot'r aussi Correspondance de Philippe 11 f t. Icr, p. 203. — Le comte de Bornes profita du départ de son frère le seigucur de Moiitigny pour représenter à Philippe H, par une supplique, que ses voyages l'avaient endetté, et qu'il avait trouvé ses biens fort diminués. Jl réclamait quelque mcrced àûn di*' pouvoir mieux servir le roi. Supplcment à Sharla, t. II, p. 275.
LiVKE VIII (I5C3). SOS
ie cardinal n'avait fait cette proposition ni lui-ménie n'y avait pensé ; d'ailleurs l'inquisilion des Pays-Bas était plus impitoyable que celle d*Espagne. Il recommandait à la duchesse de tenir les sdgneurs divisés entre eux et d'empêcher leurs assemblées ainsi. que celles des états. Il désirait aussi qu'on avisât aux moyens d'éloigner Simon Renard des Pays-fos. Il reconnaissait enfin que sa propre présence dans ces provinces serait convenable et même nécessaire ; mais, pour qu'elle fût véritablement efficace , il faudrait qu'il eût des moyens pécuniaires qui lui manquaient alors * .
GranveUe s'était flatté que son entrevue amicale avec le prince d'Orange et le comte d'Ëgmont, ainsi que l'intervention de la gouvernante, auraient apaisé ses antagonistes. Ce sont, disait-il, jaloasies et passions de jeunes gens qui, avec qudque peu d'ambition, ont la prétention de savoir beaucoup *. Mais la coalition fMrmée ooiotre lui prenait chaque jour une signification jrfus grave. Quand en demandait aux adversaires du cardinal en qtioi celut«çî les avait oiensés, et s'il faisait quelque thitse contre le service du rçi et le bien du pays , ils répondaient qu'il voulait détruire leura privilèges pour augmenter rautorité du prince ; que, quant à eux, ils n'étaieihl appelés au conseil que pour la forme, et lorsque les résolutions étaient déjà prises '. Berlaymont venait ensuite effrayer la gouvernante par de nouvelles et inces* santés dénonciations. Suivant lui, le prince d'Orange, les comtes d'Egmottt, de Bornes jet de HansfeM ne désiraient autre chose que provoquer des troubles dans le pays 4. Du reste, Granvdle
> Correspondance de Philippe II, t. !«, p. 207.
' Lettre de Granvelle à don Âlvaro de la Quadra, évéque d*Aquila, ambassadeur do Philippe II en Angleterre (mort à Londres le 34 août 4563), du 24 juillet 4562. Correspondance de Philippe II, t. I", p. 210.
* ibid.y t. Tf», p. 244. Granvelle au roi (6 août 4562).
* Ibid,y p. 216. La gouvernante au roi (34 août 4562).
lui-mAme, irrité des libelles lancés contre sa vie et ses mœurs, finit par dépeindre ses adversaires comme des agitateurs, comme des ambitieux qui prétendaient substituer leur influence à l'autorité du roi. Peu de temps avant son entrevue avec le prince d'Orange et le comte d'P^gmont , il les avait formeliement dénoncés à Philippe II comme des adversaires de sa puissance.
» Grâce au reproche que les seigneurs me font de leur cacher «I Tétat des affaires et de chercher à les desservir, ils en sont (( venus, disait-il, à conspirer contre moi et annoncent même u hautement qu'ils en veulent à ma vie; mais je redoute peu de « pareilles menaces, et je les croLs trop prudents pour tenter rien «< de semblable , quoiqu'ils disent partout qu'ils ont formé une « ligue entre eux. Ce qu'il y a de plus fâcheux dans tout cela, <( c'est qu'ils agissent sur l'esprit du peuple par les propos qu'ils (c tiennent en public et dans leurs banquets, m'acousant de vou«u loir réduire la population des Pays-fias sous le régime d'une u monarchie absolue, de telle manière que Votre «Majesté possé- <i derait seule tous les pouvoirs ; se plaignant de plus d'être privés u de toute influence, tandis qu'au contraire ils diqxwent de la « plus grande partie des emplois, et qu'ils jouissent d'une auto- « rite bien supérieure à celle qu'ont jamais possédée les gouver- «( neurs particuliers des provinces. Il ne manquerait vraiment u plus que de voir Madame et Votre Majesté figurer id pour la M forme, laissant à ces seigneurs la puissance réelle , et qu'au «I moyen de la libre disposition qu'ils auraient des oiBoes, ils u pussent manier à leur gré les nobles et le peuple. Tel est, en « effet , le but vers lequel tendent tous leurs efforts. » Pour faire plus d'impression sur l'esprit de Philippe 11 , Granvelle ajoutait que les seigneurs Taccusaicnt également de vouloir confier aux Espagnols seuls le gouvernement et l'administration des Pays- Bas, mesure qu'ils discutaient publiquement et qualifiaient d'invention la plus abominable du monde, afin de rendre ces mêmes
LiTRr. viii {156â). 567
Espagnols odieux à la population. Poursuivant cette longue et amère dénonciation, Granvelle disait que les s^gneurs, qu*il trouvait pour adversaires , étaient en état d'hostilité ouverte et continuelle avec les percepteurs des deniers publics, comme, du reste, avec tous ceux à qui ils devaient, ne payant et ne voulant payer quoi que ce fût, désirant le bouleversement de l'autorité du prince et de la justice pour être dispensés d'acquitter leurs dettes. Ils donnaient h entendre à leurs créanciers qu'ils avaient dépenseront leur bien au service du roi, de qui ils n'avaient obtenu ni indemnités ni récompenses ; u le tout , sire, ajoutait Granvelle, afin de vous rendre odieux et de se tirer euxmêmes d'embarras. » Il se plaignait ensuite des libeHes qui avaient été affichés jusque sur les portes de la maison de ville et qui oonlenaîent contre lui et Tordre ecclésiastique tout entier des particularités non moins fausses qu'abominables et infernales. « Ils seraient fort aises , s'écriait Granvelle, que je ressemblasse « au portrait qu'ils font de moi dans leur pamphlet , et je suis u certain qu'alors il régnerait entre nous une excellente intelUu gence, parce qu'il y aurait communauté de mauvaises mœurs. «( Certes , poursuivait^il , je ne manquerais pas de reproches «graves à leur adresser en face, et je saurais bien leur faire « payer le tort qu'ils me causent, si je ne voyais que ce serait K jeter le trouble dans les affairas, au grand détriment de Votre t( Majesté. Je crois avoir autant d'influence qu'aucun d'eatre eux u sur le peuple, et même encore plus sur Tesprit des gens de ti bien ; aussi ne puis-je m'empécher de sourire lorsque je les K vois , dans le but de me désobliger, s^entendre pour ne plus «c venir manger à ma table. Encore quelques-uns m'assurent-ils M qu'ils s'y trouveraient avec plaisir, si ce n'était la crainte des n autres. Malgré leur absence , je ne manque pas de compagnie, u car il vient chez moi des gentilshommes, des conseillers et u même des bourgeois , que j'invite afm de gagner leurs bonnes
ot>S LES l»AYS-R4ft SOfiSr PWtîWE 11.
i( grâces, pour le cas où les autrejs chercheraienl à.augmenler la: <i discorde. En définitive, je sais me coRlenir et souffre tout sans. <t leur répondre une seule parole ; parœ que le service de Votre <i Majesté me parait l'exiger ainsi, et que cette considération <[ m'occMpe infiniment plus que celle de mes ÎDtérët9 particur u liers. Une chose d'ailleurs m'encourage singulièrement à la te patience, c'est la certitude que les adversités viennent de b u main de Dieu» qui récompense toujours ceux qui lui remettent i( le soin de leur vengeance., et sont, ^ictrsécutés, comme moi, «( pour la foi, la religion et la justice '. » : :
Quelle que fût l'abnégation apparente de. Giranvelle». quelque, empressement quil mit à sacrifier ses griefs persoimeto) au b|^ général, sa dénonciation contre les principaux ^oeursr de. la. Belgique devait produire un mal irréparable : eHa^loftifia dsinSi lesprit soupçonneux et dissimulé, de fihiiij^pe! Il les ;SfBtntini0Qtfr de répulsion qu'il ressentait .contre uQ^,ari^ti)PRaitie: tiAp.ilMlé?
pendanteet trop attachée à la natianalité des Pays-Bas:.. : . De nouveaux incidents vinrent, rendre pIu$:pix4todeencQnBi la scission entre l'élite de cette aristocratie et le: cardinal; (JeiGraovelle. Comme le gouvernement avait la.plus grande peine à obte* nir des états de Brabant les sub^dea qui leur étaient demandés^ il fut question un jour, au conaeU d'I^tat, diHi^lir aasurintqn^ dont pour les af&iires de cette im(»r(ante province. Les seigneurs voulaient réserver ce poste pour Je prince d'Oran^ <|ui,. par ses prévenances et sa conduite. habile, avait acquis la plus ^nande influence sur les états. Mats. Je cardinal de Gran velle s'opposa de toutes ses forces à ce dessein, allant jusqu'à dire. que celui qui accepterait une telle c))arge s'érigerait en duc de Brabant> car, seul, le ducavait le droit de la remplir. Granvelle s*étaît égale-
> Lettre de Granvelle au roi du 43 mai 4562, dans les Papiers d'Èiai, t. VI, pp. 540-662.
uvRB vifi (tmS). 569
nient montré contraire à un autre projet du prince dY)range, qui aurait voulu envoyer le comte Louis de Nassau , son frère, dans le comté de Bourgogne pour y remplacer le seigneur de Vergy en qualité de tientenaut du gouverneur. L'amour-propre du comte d'figmont n*avait pas été moins vivement froissé. Le seigneur
de Noyelles, gouverneur de Hesdin, étant \'enu à mourir, Jean de Croy, comte du Bceulx , sollicita la place vacante. Fortement appuyé par le comte d'Egmont, gouverneur de la province, recommandé par les principaux seigneurs de la cour, pouvant enfin invoquer les services que son père, Adrien de Croy, avait rendus à Gharlee-Quint, il devait s'attendre à réussir. Cependant le gouvernement de Hesdin fut donné au seigneur de Helfeuit, qui n'avait pour lui que la protection de Granvelfe '.
Blessés de- cet échec , les seigneurs donnèrent ipluB d'aigreur et plus de vivacité à leur opposition. Le marquis de Berghes suggéra aux états de Hainaut l'idée de protester contre la nomination de Ciiarles de Largilla au gouvernement de Landrecies, sous prétexte qu'il était bourguignon. •— Prétention nouvelle, remarquait la duchesse de Parme, car le comté de Boulogne n'a jamais été considéré comme pays étranger : il a toujours été et il est encore ressortissant au gouvernement des Pays-Bas, soumis à la même diancellerle et au même conseil privé. — Le priaee d'Orange et le marquis de Berghes insistèrent aussi pour que, contre les avis réitérés de Granvelle, l'administration des aides restât entre les mains des états, espérant par ce moyen conserver et affermir leur influence. Ils ne cessaient enfin de éonseiller la convocation des états généraux, et le marquis de Berghes aurait voulu également provoquer une assemblée des évéques, prélats et docteurs, pour s'occuper des réformes ecclé*
I SvRADA, Kb. ni. Notice sur la ehule do cardinal de Gronvelle dans les BuOHin$ âe rArtufémîe royale de Belgique, t. XYI.
siasliques. Toutes ces prétentions étaient • signalées par ta duchesse de Parme et par Granvelle comme préjudidables au service du roi. Présumant, non sans raison, que Simon Renard soufflait la discorde, ils exprimaient particulièreDieût.le dé«r qu'il fût éloigné des Pays-Bas^ soit que le nn renvoyftt à Venise, ou que plutôt il lui ordonnât de se rendre en Bourgogne. La duchesse pressait aussi son frère de hftter sa venue aux Pays-Bas, seul moyen, disait-elle, de prévenir la ruine de ces provinces ^ Les efforts de la duchesse de Parme tendaient d'aiUeors k diviser les grands qui sétaîent ligués centre le principai ministre. Il ne semblait pas difficile de désunir le comte d'Bgmont et le prinoo dX}range parce qu'ils étaient dissemblables presque en toutes choses, el quils avaient été gralids ennemis avant quils se fussent coalisés contre Granvelle. La gouvernante indiqua au roi un moyen qu'elle croyait propre à atteindre ce but. Bile lui manda que, comme il Tavait consultée pour savoir d'elle s'il enverrait aux gouverneurs des provinces leurs mercèdes, die lui conseillait d'en envoyer non pas à tous, mais seu^enaeatau prince d'Orange et au comte d'Egmont, plus libérakmeftt néanmoins au premier qu'au second ; qu'il exciterait ainsi la jalousie de l'un contre l'autre et que teus deux enoourraiait la haine du reste des grands, qui auraient été oubliés dans la distribution des libéralités royales. Marguerite de Parme eut encore recours à un autre moyen pour achever son ouvrage. L'empereur Ferdinand I*' se proposait de tenir, au mois de novembre, une diète à Francfort
I Carrespondamce de Philippe II, t. W, pp. )09, $il et 8«iv.^ Granvelle écrivait à Philippe II le 6 août 4562 : « Si V. M. veut dOQuer la loi au « monde, assurer le repos de ses États, et faire un grand bien à la religion, « il est plus que nécessaire qu*elle vienne ici Tété prochain, pendant que la « généra ité do ses sujets a encore beaucoup de bonne voionlé pour elle, et « avant que son autorité se perde davantage. D*ici, eUepoorrait mettre a un frein à la France, à TAIlemagne et à rAngleterre. • iihd., p. f49.
LITRE VIII (15Gâ). 371
|)Our y faire conférer le titre de roi des Romains à son fils, l'archidoc Haxlmilien. Un des principaux seigneurs des Pays* Bas devait représenter le roi d'Espagne à cette diète. La cour de Bruxelles se garda natorellement de proposer pour cette mission un des adversaires du cardinal. Le roi désigna Philippe de Groy , duc d'Arschot, voulant récompenser par une charge n honorable ia froideur qu'il témoignait au prince d'Orange et se propesant aussi de gagner, par fespérance de semUaUes distinctions, les autres grands qui voudraient se détacher de la coalition K Mais Orange ne subit pas tranquillement ce nouvel échec. Il résolut d^aller de son chef à Francfort, malgré tout ce que la gouvernante lui put dire pour qu'il attendit au moins le consentement du roi. Le prince alié|;ua la nécessité de ce voyage pour l'établissement de son frère, les intérêts de sa maison et le règlement de la dot de sa femme avec le doc Auguste de Saxe ; il déclara aussi qu'étant né allemand, il ne pouvait manquer à ce qu'il devait à son sang et à sa patrie. Il se contenta d'écrire au roi pour le prier de ne pas prendre son absence de mauvaise part et se mit en route, dans les derniers jours d'octobre, sans attendre la réponse de Philippe II *.
Il partit même avec tant de précipitation qu'il ne voulut pas attendre raccouchemcnt de sa femme, laquelle, trois jours après, mit au monde une fille que, d'après les ordres du prince, on baptisa siuvant le rite catholique ^. Car. selon le témoignage dos
I 8t«a»a, lib. III.
' Lettre de la dachease de Parme au roi da 24 oovembre 4662, dans la Coffmpomdunct d9 PhiUppe II, t. I«r, p. i28. Voir aussi la Correspondance de GuWaume h TaeUurne, i. Il, p. 34.
* ArehnM de Uinmeon d'Orange-Nassau, t. I, p. 499. — Le roi maada à Granvelle le fZ décembre (4502) qu'il avait appris avec joie le baptême de la fille da prince d'Orange, et que la princesse s'était confessée et avait oommuaié. Correspondance de Philippe II, 1. 1, p. 236.
contemporains^ il seconduisait siadroiteinent, en maii^ de religion, que les plus fins ne savaient rien discerner de ses opinions. Les catholiques le réputaient catholique, en le voyant assister journellement à la messe avec sa femme, et les luthériens le considéraient comme un des IcurSv sachant qu'il tolérait rattachement secret d'Anne de Saxe aux doctrines dans lesquelles elle avait été élevée \ Indépendamment du prince, les comtes de Meghem, d'Arenberg et Ae Mansfeld se rendirent également en Allemagne pour leurs affaires particulières. Les états de Brabant
1 Rflation contemporaine citée dans la Correspondance de Philippe il,
t. II, p. iii-v. — • Quant au prince d^Orange, lit-on dans la lettre de
Gfanvelle au roi du 43 mai 4562j'e ne puis afDrmerqu*ll soit gâté sous le rapport de la religion {dàhada en la religkm)^ n'ayant rien entendu dire sur son compie qui puisse motîTer un jugement semblable, mais je ne vois point qu*on s'occupe dlostruire sa femme dans les doctrines de TÊglise catholique. Les frères et sœurs de ce prince, qui habitent avec lui sous le même toit, et quelques-uns des frères du comte de Scbwartzbourg, qui ne le quittent presque pas, forment sa société habituelle, et j*appréhende
beaucoup Teffet de pareilles fréquentations » Papiers d'Éiat, t. YI,
p 654 . — Au mois de mars 4S63, Granveile 8*exprimait ainsi : « V. M.
veut que je lui dise si la princesse a reçu Tabsolution fs^est réconciliée avec rÉglise romaine) ; quant à cela, je n*en puis rien savoir, parce que si la chose s'est faite, elle a eu lieu sans doute en secret, et non-seulement je n*ose prendre aucune information sur ce point, mais pas même parler à ceux qui fréquentent la maison du prince, dans la crainte qu*il ne me soupçonne de surveiller ses démarches. Ce qui me ferait croire que rien
n'a été effectué, c*est qu*on ne m'en dit rien de Rome 11 est pourtant
une chose qui m'a causé un sensible plaisir, c^est que le baptême de l'enfant dernièrement né ait été célébré d'une manière aussi orthodoxe, et que la princesse ait manifesté, ainsi que je l'ai écrit, Tinlention d'embrasser la
religion catholique • Papiers d*État, t. VII, pp. 38 et 39. — Plus tard,
Granveile, revenant sur ce fait, communiqua d'étranges soupçons au roi ; il
lui mandait le 4 8 avril 4564 : « Quelques personnes ont cherché à m'in^
spirer des soupçons au sujet du prêtre qui a baptisé la fiUe du prince ; mais je n'ai à cet égard aucun renseignement bien positif. » IM,, t. VU, p.iSO.