‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 121 sur 152 · LIVRE VtM (15Câ · texte numérisé non relu

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y députèrent Antoine Van Stralen , bourgmestre d'Anvers, et Ouillaume Martini, pensionnaire de Bruxelles, pour solliciter de Tempereur la confirmation des privilèges contenus dans la Bulle d'or de Brabant. De son cAté, Philippe II envoya directement au roi de Bohème N. de Guzman pour que cet ambassadeur veillât à ce que l'archiduc accomplit ce que les rois élus des Romains avaient coutume de faire envers le Pape, et aussi pour que Maxi* milieu donnât au souverain pontife quelque satishction sur ce qui s'était naguère publié de lui touchant ses sentiments au sujet de la religion ■ .

Le baron de Montigny, qui avait été envoyé en Espagne par la gouvernante des Pays-Bas sur la désignation des seigneurs du conseil d'État, obtint du roi son audience de congé le %9 novembre. Sortant alors de sa réserve habituelle, Philip{)e pressa Montigny de s'expliquer franchement sur ce qui se passait aux Pays-Bas, et sur les causes du mécontentement que les seigneurs prétendaient y régner. Montigny s'en excusa d'abord, disant que le roi devait être bien informé. Enfin, il allégua les trois griefs suivants : l'érection des nouveaux évéchés, qui avait été négociée sans que personne des Pays-Bas le sût ni y intervint; le bruit répandu qu'on voulait introduire dans ces provinces l'inquisition à la manière d'Espagne ; la haine que tout le monde avait conçue contre Granvelle, haine qui allait si loin qu'elle pouvait faire craindre quelque soulèvement. Le roi, qui avait rédigé sa réponse en se servant des indications transmises par le ministre accusé, objecta qu'il s'étonnait que les habitants des Pays-Bas prissent l'alarme sur des bruits sans fondement ; que ce qui avait été répandu de son intention d'établir l'inquisition dans ces provinces était faux ; que jamais cette pensée ne lui était entrée dans l'esprit , et que personne ne le lui avait conseillé ; que l'érection.

i Correspondance †PhiHppc Ji^ t.I*"-, p. 2^ et suW.

des évéchés avait eu uniquement pour but de remédier au peu d'instruction religieuse qull y avait aux Pays-Bas et de suivre les conseils de Charles-Quint, comme le pouvait témoigner le marquis de Berghes, à qui, lorsqu'il s'était rendu en Angleterre pour y épouser la reine Marie, il avait parlé de ce dessein et qui ne Tavait pas désapprouvé. Quant à Granvelie, le roi ne lui avait point parlé de la résolution d'augmenter le nombre des évéques avant que François Sonnius eût été envoyé à Rome pour ce sujet. M Enfin , ajouta Philippe II, ceu&*lè se trompaient qui ha1s$satent6ranvelle sous prétexte qu'il voulait rendre la noblesse odieuse par de secrètes accusations : c'était un artifice qu'il n'avait point tenté. Pour lui, il n'avait jamais remarqué en Granvelle cette envie dont on l'accusait et , d'ailleurs , il ne l'endurerait jamais ni en lui ni en aucun autre de ses ministres. De quelque façon que les choses se passent, ajouta-tnl encore» j'espère bientôt faire un voyage dans les Pays-Bas et satisfaire également à mes intentions et aux vœux de mes sujets. » En congédiant Montigny, il le chargea de donner connaissance de cette déclaration à tout le monde aux Pays-Bas» et celui-ci le lui promit».

Le baron de Montigny fut de retour à Bruxelles le ^ décembre. Le 28, il fit sur sa mission un rapport au conseil d'État, en présence de la duchesse de Parme, du prince d'Orange, du comte d'Egmont, de Berlaymont et de Viglius. Ce rapport produisit plus de mal que de bien, car Montigny dut néœssaireraent apprendre à ses amis que la volonté du roi était de conserver, dans le ministère des Pays-Bas, le cardinal do Granvelle. Luî«méme accusait Philippe 11 de partialité eu faveur du cardinal. Ce notait |)as à tort ; car le monarque tenait essentiellement aux SQtvices pt ù la politique de ce ministre. *

» Correspondance de Phitippe U, t, I", p. 3î9. — Stiuda, lib. III.

LiTA£ VIII (154>â). 371)

Par des dépêches, écrites à Madrid le 23 décembre, il enjoignait à la gouvernaDte de remercier ien son nom le cai^dinal de la conduite qu'il tenait, de l'exhorter à y persévérer, et, toutes les fois qu'elle verrait roccasion de le réconcilier avec quelqu'un des seigneurs, de ne négliger rien pour le faire. H trouvait singulier qu'on regardât ce prélat comme étranger, parce qu'il était né en Bourgogne» tandis qu'on ne disait rien du prince d Orange ni du comte de Mansfeld , qui étaient nés en Allemagne. Il ordoosait'également à la régente de continuer à s'opposer à l'assemiiiée des états généraux , à rétablissement d'un surintendant des afl'aires de Brabant, ainsi qu'à la réunion des ôvéques et prélats proposée par le marquis de Bergfaes. Cette assemblée serait des plus pernicieuses, disait le roi ; la duchesse n'y dcvciit consentir è aucun prix. Il voulait encore que l'on cherchât à enlever .le gouvernement du llainautau marquis de Berghos : pour. arriver à ce but, il écrivait au marquis qu'il eût à résider dans son gouvernement; de son côté, la duchesse devait lui parler cat^oriquemeol aSn que ce seigneur remplit son devoir, ou sinon il fallait le destituer. Le roi écrivait aussi à Simon fienard pour lui commander de se rendre en Bourgogne. 11 désirait enfin que la gouvernante pût inviter le prince d'Orange à s'abstenir d'assister au conseil d'État quand on y traitait des affaires du Brabant» ou bien à ne (>as prendre part aux délibératioos dq rasaeodriéQ provinciale ■ . En outre, Philippe II ùi savoir à Granvelle qu'il ap|>rouvait le dessein d'introduire la division

' A cette pr^nUou,.la duchesse répondit le 4% mars (4563) quelle ne voyait pas commenti en Tabsençe du roi, on pourrait inviter le princo O'Orange à s*abstenir d^assister au conseil d*Ëtat, quand il s'y traitait des affaires des états du Drabant, ou bien à ue lias ifitervenir dans les assemblées des états, puisque du temps du duc de Savoie, et le roi étant présent, il agissait déjà comme il le fait aujourd'hui. Correspondance (/« Philippe //, 1. 1", p. 242.

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parmi le» seigneurs, si la mission de Monlig&y ne mettait pas un terme à leur mauvais vouloir contre lui. « Mais il faut tâcher, disaitril, d'amener cette divisioD dé manière que Texaspérâtion de ceux qui sont animés de mauvaise volonté ne s'au($meàle pas, surtout s'ils ont phis de pouvoir que les acttres pour mettre à effet celles } et, par ee motif, il convient esseotielleiiient de procéder avec beaucoup de circonspection. » Eoio le roi remerciait le cardinal de Toffre qu'il lui avait faite de résigner l'archevêche de Malines et de venir à Madrid. « Quoique je fusse Irès-joyeux de vous voir, lui disait-^il, et que vous puissiez ici me rendre de grands services, cependant vous me serez encore plus utile là-bas. Ainsi je préfère que vous continuiez à foire ce que vous faites aujourd'hui, et dont j'ai la satisfaction, que votre conduite mérite, ne croyant pas d'aSleurs que les choses pui»* sent venir au point qu'il en résulte des eonséquences fàebeuses pour vous. » Il annonçait enfin à sa sceur qu'après avoir teou , dans l'année qui allait commencer, les cortès de Gastille et celles d'Aragon, il aviserait au moyen de se rendre aux Pay»*Bas ; il disait la même chose au cardinal, mais en ajoulant que s'il, y allait sans aident, ce voyage aurait plus d'inconvénient que d'avantage '.

Le 47 janvier {563, la duchesse remit au eonseiiter Renard la lettre par laquelle Philippe 11 lui ordonnait d'aller servir en Bourgogne et de s'y trouver dans un mois au plus tard. Renard, comptant sur l'appui des seigneurs , fit entendre les plaintes les plus vives : il dit qu'on lui faisait un grand tort , que oc n'était pas là une digne récompense de ses services de tant d'années ; et il imputa la décision royale à Granvelle. II représenta aussi que sa santé ne lui permettait pas d'obéir à l'ordre du roi, et que d'ailleurs il n'avait aucun emploi en Franche-Comté. Il alla

» Correspondance de Philippe JI, 1. 1«% p. 234 et suif.

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