‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 123 sur 152 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

En vertu do Tautorisation donnée par la duchesse de Parme, le marquis do Berghes, les comtes de Megbem et do Mansfeld, le baron de Montigny , les comtes de Ligne et de Uooghsiraeten se réunirent à Bruxelles avec le pHnce d*Orange, les comtes d'Ëgmont et de Bornes. Dans leurs conférences iFfnt résolu que personne ne se rendrait en Espagne et que les trois derniers, après avoir répondu à Ja lettre du roi, s'abstiendraient de paraître dorénavant au conseil d'État.

Le %i juillet , tous ces seigneurs se rendirent auprès de Fa gouvernante pour lui faire connaître leur résolution. Le prince d*Orange, portant la parole, lui dit qu'ils avaient résolu de répondre à la lettre du roi, sans envoyer è sa cour aucun d eux, attendu qu'il ne convenait ni au service de Sa Majesté, ni è l'intérêt du pays, ni à leur réputation , qu'il se fit un aussi long et aussi pénible voyage pour accuser le cardinal de Granvelle; mais que , pour baiser les mains à Sa Majesté et pour toutes autres affaires de son service , non-seulement l'un d'eux , mais tous étaient prêts à le faire. Ces paroles furent confirmées par le comte d'Egmont et par le comte de Bornes. La duchesse leur exprima son rogret de la résolution qu'ils avaient prise. Ils dirent alors qu'il leur suffisait, oomme fidèles vassaux et serviteurs du rot, d^avoir représenté à Sa Majesté ce qui convenait à son service ; qu'Us ne l'avaient pas fait par haine opntre le cardinal ou contre tout autre, mais uniquement 4ans l'intérêt du roi et pour le bien du pay^ ; que c'était à Sa Majesté matntenant à prendre les mesures que lui dicterait sa sagesse K

Il y eut ube nouvelle entrevue, le 26 juillet, entre la duchesse

* Correspondance de Philippe II, t I", p. 258. ~ Suivant Strada, les seigneurs ne pensaient pas seulement que ce serait faire trop d*honneur k Granvelle que d'entreprendre un si long voyage pour racoaser, méis ils hésitaient aussi à se confier à la discrétion du rof .

de Parme et le prince d'OraDge, les comtes d'Bgmoal et de Hornes , ie marquis de Berghes, les comtes de Mansfeid et de Meghem (Montigny était indisposé). Le priûce » portant de nouveau la parole au nam^ de tous, lui adressa une longue remmitrance sur les dangers que courait la religion» le méeoQientement que ressentaient les gens de guerre du dénAment dans lequel on les laissait, la néoessiitô de satisfaire aux dettes que les reeeveurs avaient contractées de la part du roi, enfin l'urgence d'une assena blée des états généraux , qui devait être le remède suprême. H attribua à des «motifs d'intérêt personnel l'opposition que le cardinal de Granveile et le baron de Berlaymont faisaient, dans le conseil, à la convocation des états. « Ces deux ministres, dit-il, alléguaient sans cesse le préjudice quavait causé au roi l'assem-* blée pour l'aide novennale; mais ils se taisaient sur les avantagea qui en étaient résultés, car elle avait assuré ja conservation de ces provinces. » Mads Granveile prétendait , de son .côté, que ces assemblées avaient porté les premiers coups k Tautorité monarchique, en encoutiageant des tendances qui s'étaient développées graduellement et dont le caractère ne pouvait plus être contesté. Le but de ses antagonistes, disailHl ouvertement, serait de réduire le gouvernement à la fora^ républicaine, où. le roi n'aurait d'autre pouvoir que celui qu'ils voudraient bien lui laisser *. De son c6té , le prince d'Orange déclarait que la défiance qu'on montrait envers les états, produisais aussi la défiance de la nation envers le souverain. U annonça ensuite l'intention formelle des seigneurs de ne plus prendre part. aux délibérations du conseil, puisque leurs avis étaient dédaignés, et que nombre d'affaires qu'on devait leur communiquer, leur étaient cachées par le fait du cardinal. Il répéta enfin que les seigneurs n'agissaient

( 1 Lettre de GranveUe à <ionç«lo Ferez > du 9(^ juillet 4563, é»n$ les Papiers â*ttat, t. VII, p. 405.

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