‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 130 sur 152 · LIVRE \m · texte numérisé non relu

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d'Orange et les comtes d'Egmont et de Homes de ne plus assister aux séances du conseil d'État ; il demanda Tavis du duc sur la réponse à feire à la lettre des trois seigneurs, et son opinion sur leurs plaintes centre le cardinal de GranveHe et l'opportunité de la venue dO comte d'Egmont en Espagne. La réponse du duc d'Albe révéla toute la violence de son caractère et de la haine qeli ressentait contre la noblesse des Pays-Bas. «« Chaque fois que je vois les lettres de ces trois seigneurs de Flandre, écrivit-il au r6i, elles me transportent de colère au point que, si je ne m'efforçais de la maîtriser, je crois que mon opinion paraîtrait k V. M. celle d*un homme frénétique. Retirer des Pays-Bas le cardinal, comme ils le prétendent et ont eu reffronterie de le proposer à V. M., aurait de grands inconvénients. Les châtier * serait le parti le phis juste; mais, comme il n'est pas praticable en ce moment, ce qui me semble le mieux, c'est d'employer tous les moyens possibles pour les diviser; et, puisque M. d'Bgmont écdt qu'il est disposé à venir, si Y. H. veut fentretenir des aifeires de son service, elle doit lui mander de se mettre en route le plus tôt possible et lui faire des cartsses pour le détacher de la ligue. Ge résultat obtenu, elle pourra faire ressentir son tnéeontentemeot à quelques-uns des autres, en même temps qu'elle répandra ses faveurs sur M. d'Egmont et sur ceux qu'il aura gagnés : jusque le, il faut éviter d'exciter davantage la méchanceté des premiers. Ceux sur qui doit tomber le méconteniementde V. M. sont ceux auxquels ne doit pas être infligé un châtiment plus fort : quant à ceu^ qui méritent qu'on leur coupe la tète, il faut'dissiniuler avec^ux, jusqu'à ce que cela se puisse fbire. » finfin le duc conseillé au roi de ne pas répondre & la lettre 'des ■seigneurs et de leur faire dire, par la gouvernante, qu'il n'a pas^té satisfait dos raisons qu'ils (ui ont'cxposé&s, et qu'en {conséquence, il teartordonne de retourner au conseil, Tréte mois se passèrent. Le roi, (ou|ours irrésolu, adressa, le 14 dé-

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cembre, une nouvelle lettre au duc d'Albe. fl lui seqablait que, dans Tétat où étaient les choses, il convenait de faire sortir le cardinal des Pays-Bas , pour quelques .mois,' en prenant pour prétexte une mission spéciale dont il serait chargé près de l'empereur, et après raccomplissemeot de laquello il. irait ^ Bourgogne voir sa mère. « Pendant ce temps, on verrait, diaaitMl, quelle tournure prendraient les, affaires de Flapdre et coo(vment3e disposeraient à y porter remède ceux, qui prétendent actuellement ne refuser de le faire que parce que la présence du cardinal y met obstacle ; puis, selon le résqltat, on aviserais aux moyens les plus convenables. » Il lui faisait remarquer aussi que le) haine contre le cardinal ne se ralentissait point, et que Ton avait tout lieu de craindre que ses adversaires n'en prissent texte pour se po'rter à quelque e^cès, au point qqe le prélat avait écrit en Espagne même et à diverses personnes qu'il prévoyait être obligé quelque jour de sortir des Pays-Bas* Hais , d'autre part, le roi trouvait des inconvénients dans la venue tardivedu comte d'Egmont. Toutefois il voulait encore, sur ces deux pointas, savoir ce que pensait le duc d^Àlbe. Celui-ci répondit le 22 décembre qu*il ne doutait pas que llnsolence.des trois seigneurs n'augmentât cliaque jour ; qu'il était convaincu aussi que le cardinal serait leur première victime, parce que le principe ojrdinaire de tout soulèvement contre les souverains est de s!attaquer à quelqu'un de leurs ministres. Il ne pouvais se persuader, malgré cela , que le rappel du cardinal convint au service du roi. Il craignait que cette concession ne passât, aux yeux des gens qui lui étaient hostiles, pour le désir de tenter un expédient plutôt que pour Tenvie d'essayer un remède. Or, poursuivalt-il, si le roi cependant jugeait à propos de prendre ce parti, il croyait qu'alors le cardinal, sans en demander la permission ni au roi ni. à la gouvernante, devrait se rendre en Bourgogne^ et de là écrire à tous deux qu'il avait quitté les Pays-Bas parce qu'il n'y

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