LIVRE IV
Les chevaliers admirent ensuite dans l'Ordre : Marc Antoine Coloona, duc d'Urbin ; le seigneur d'Achicourt, de la maison de Montmorency ; le marquis de Renty, de la maison de Croy ; le prince de SulmonOi de la maison de Lannoy ; le seigneur de Tercoin , de la mâme maison ; le comt« de Ligne ; Antoine de Lalaing, comte de Hooghstraeten, et Ploris de Montmorency, seigneur de Montîgny. Ces deux dernierSi pour lesquels Philippe témoignait de la répugnance, durent leur admission à Tintervention active du prince d'Orange qui, au risque de mécontenter le souverain, sollicita en leur faveur les suffrages des chevaliers, ses confrères '. Philippe sentit le coup : «< Nous avons tenu « actuellement le chapitre, écrivit-il à Tévéque d'Arras, et les « trois points ont été adoptés, sauf quelques modifications faites « aux deux derniers, de manière que la chose est en bon train. « On a élu quelques jeunes gens, quoique je leur eusse dit de « n*en rien faire ; mais ces nouveaux membres de l'ordre pour- H ront passer à la rigueur ; je n'en vois qu'un seul qu'on eût dû « laisser de c6té. Auparavant je les ai présentés à madame la « duchesse de Parme, et j'ai traité en sa présence avec eux et « elle les affaires de la religion ; ils m'ont répondu de manière à tt n^ satisfaire , quoique en se plaignant un peu de mon silence « précédent, qui semblait indiquer de la défiance de ma part; je u leur ai certifié qu'il n'en était rien. Quant aux autres points, u ils ne m'ont rien répondu et semblaient agir avec quelque con- M trainte ; et comme j'insistais pour avoir, une réponse, ils m'ont « fait observer qu'ils n'avaient autre chose à me dire, sinon qu'ils tt étaient disposés à exécuter mes ordres *. »
Les états généraux, convoqués pour le 31 juillet, se réunirent enfin le 7 août. Philippe était présent et avait pris place entre le
1 Staada, lib. 11.
» Papiers d'État du cardinal de GranvcUe, t. V, p, 631.
duc de Savoie et ia duchesse de Parme. Granvelle, de nouveau désigné comme l'interprète du souverain , expliqua , dans un long discours , les motifs pressants qui le déterminaient à re* tourner en Espagne, les raisons qu'il avait de oxnpter sur l'assistance des états généraux, et celles qui l'avaient engagé à confier le gouvernement des provinces à sa sœur, la duchesse de Parme. Il dit que le roi éprouvait le plus vif regret de s'éloigner des Pays-BaSf mais que sa présence en Espagne était devenue ubsolument indispensable '. Tous ses efforts avaient été employés» ajouta-t-il, pour décharger le pays des gens de guerre étrangers ; il y avait consacré toutes tes aides accordées par les états et plus de 4,400,000 florins tirés de l'Espagne. H restait cependant encore une colanerie allemande , à laquelle on devait une grosse somme. C'était pour l'acquitter que la d^nière aide avait été demandée. Il annonçait ensuite la nomination de Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme, comme gouvernante générale des Pays-Bas , en remplacement du duc de Savoie , que le dernier traité avait remis en possession de ses propres États,
I Selon Beotivoglk), il fallait, d'un côté, prévenir les périls dont TEspagne était menacée par rhérésie qui s'y glissait insensiblement; de Taatre, prendre des précautions contre les Moresques, dont elle était remplie et qui y étaient suspects. On craignait, dit^il, que si l'État venait à être troublé par quelques divisions* intestines, ils ne cherchassent à en profiter, et ne se réunissent avec ceux du continent de TÀfrique. Histoire des guerres de Flandre, liv. I". — Il est Certain, en effet, que la crainte devoir TKspagne agitée par les nouvelles doctrines religieuses contribua à hâter le départ de Philippe. Dans une lettre de Sébastien de TAubespine , écrite de Gand, le 4 août, et adressée au roi de France, on lit : « Que les dernières dépesehes
• arrivées depuis trois jours d'Espagne chantent que la religion s'y trouble « de plus en plus, et mesraes à l'endroit des plus grands, qui est bien,
• avec les autres occasions, l'une des principales causes qui font haster
• Sa Majesté pour y remédier, et de bonne heure pourvoir à de telles cala- « miles. «