‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 8 sur 152 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Philibert de Bruxelles, membre du conseil d'État, d'exposer à l'assemblée les raisons qui le contraignaient d'abdiquer. Philibert, s'adresaant aux députés, leur fit savoir que l'âge , les travaux et surtout les nialadies obligeaient leur souverain de descendre du trône pour se retirer en Espagne dont le climat convenait mieux à sa santé. Une chose, poursuivit-il , consolait l'empereur dans la dure détermination qu'il avait dû prendre de renoncer aux Payâ-Bas. C'était de les remettre entre les nuains d'un j^rlnce non* seulement trè&*capable de les gouverner, mais en outre bieil résolu à s'employer avec un cordial amour en faveur de ces provinces. Ce n'était qu'à cette condition qu'il se dessaisissait dés Pays-Bas, dégageait ses sujets de leur^erment et les requérait affectueusement d'accepter Philippe pour leur seigneur. L'empereur s'affligeait de n'avoir pu, avant sa renonciation, mettre le pays hors de guerre ; mais il espérait que son fils saurait le protéger, te défendre et lui procurer la paix. Pour donner aux députés une dernière preuve de sa sollicitude, il leur recommandait principalement le service de Dieu, le soutien de sa sainte religion, sous l'obéissance due à l'Église, et l'observation inviolable des édits qu'il avait publiés à cette fin. C'était un point qu'il recommanderait aussi très-expressément au roi, son fils, afin qu'il y donnât un soin particulier. Il exhortait encore les députés à honorer et révérer ia justice, appui le plus solide de la république, él à vivre tous en bonne intelligence , car les provinces, bien que distinctes et séparées, constituaient un corps dont les membres devaient mutuellement s'assister s'ils voulaient triompher de leurs ennemis. Il exhortait, enfin, les Belges à reporter sur Philippe l'amour qu'ils avaient eu pour lui. Tels étaient les points principaux traités dans la harangue du conseiller Philibert ■ .

I Nous avons analysé fidèlement le discours original inséré dans le Analectès, p. 8<-87.

S2 LBS PATS-BAS SOUS PHU.IPPE II.

Cependant 'Charleà-Quint avait résolu de s'adreçaer directement à ses compatriotes. Il allait raconter l'histoire de son rèigoe avec une modostie qui rehaussa encore la solennité et la niajesté <Ie ses paroles. Ce grand prince, qui depuis si longtemps ëtaii l'ar» bitre du monde, 8*aidant d'un mémorial qu'il tenait à la oim, rappela d'abord que quarante ains s'étaient éooulés, le S janvier précédent,, depuis que, dans cette même salle et à cette marne heure, il fjut émancipé à TAge de quinze and par son aHeul pa^* temel, remperejûr Maximilien, et mis en possession de ses droits sur les provinces belges. Son aïeul maternel, Ferdinand leCatho* lique, étant mort Taonée suivante, il dut recueillir un héritage que l'état de santé de sa mère ne permettait pas à celle-ci de gou* verner elle-même. Il lui fallut, à dix-sept ans, traverser l'Océan pour /aller prendre possession des royaumes d*£spagne. L'em* pereurMaximilien étant mort bientôt après, il osa briguer, à dix* neuf ans, la couronne impériale, non point par envie de dominer sur ^n plus grand nombre de pays, mais pour veiller plus effioft* cernent au salut de l'Allemagne, de ses autres royaumes, et sur* tout des provinces belges ; dans l'espoir aussi de maiateoir la paix et la concorde parmi les nations chrétiennes et de consacrer Iqurs.forces réunies à la défense de la catholicité contre les Turcs. Les hérésies de Martin Luther, d'une part, et les rivalités dios puissances, de l'autre, ne lui permirept pbint de réaliser complètement ses desseins. Toutefois, avec Taidede Dieu, il sut résister à ses ennemis et ne rien négliger pour remplir la tâche qui lui était dévolue. II énuméra ses voyages et ses expéditions. Il avait passé neuf fois dans la Haute-Allemagne, six fois en Espagne, sept fois w Italie, dix fois dans les Pays-Bas, quatre fois en Fratice, deux fois en Angleterre, deux ibis en Afrique-, ce <}ui faisait, en tout, quarante voyages ou expéditions, sans y comprendre des courses moins importantes pour visiter des îles ou des provinces obéissantes. C'est ainsi qu'il traversa huit fois la Méditerranée et

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