LIVRE V (1560). SOI
LoDgueval, desd'Arschot, desHooghstraeten. La noblesse catholique d'Allemagne et d'Angleterre, celle de Pologne, d'Italie et de Portugal , de même que la grandesse d'Espagne , s'habituèrent aussi à envoyer leurs héritiers à Louvain. L'université rajeunit en quekiQe sorte la science de la théologie, en abandonnant Aristote et une sèche scolastique, et en s'appuyant sur l'Écriture sainte et les Pères de l'Église, pour combattre les nouveaux réformateurs. La faculté de théologie de Louvain fut l'école ou se formèrent le pape Adrien VI et le cardinal de Granvelle. La science du droit fut en même temps renouvelée par Gabriel Mudée, chef des humanistes, qui employèrent la littérature ancienne, Thistoire de l'antiquité et les lumières de la philosophie pour l'interprétation des lois romaines. De la faculté de droit de Louvain sortirent presque tous les membres des conseils du gouvernement, les magistrats et les chefs d'administration du xvi* siècle. Érasme, pendant les différents séjours qu'il fit dans cette ville, tâcha d'y acclimater le goût d'une saine littérature , et , malgré de sourdes cabales, il parvint à achever l'organisation du collège des Trois langues. Parmi les philologues qui brillèrent à cette époque, on peut rappeler Corneille Yalère, professeur de langue latine, le grammairien Jean Despautère, l'espagnol Jean Louis Vives, disciple et ami d'Érasme, et Pierre Nannius, traducteur de plusieurs Pères de l'Église. La médecine avait été enseignée à Louvain par André Vésale, créateur de l'anatomic de l'homme, médecin de Charles- Quint et de Philippe II, Vésale, regardé comme le premier homme de l'Europe, suivant l'expression de Guicciardin. Les sciences étaient noblement représentées par les Gemma et les Renier. Le luxembourgeois SIeidan, historien de la Réforme, avait aussi commencé ses études à Louvain. L'autre grand historien belge, Jacques Meyer , avait pris ses grades à Paris , mais il était lié avec les sommités scientifiques de cette époque, surtout ^vec Érasme et Pespautère. Jamais investigateur ne montra plus de
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courage et de ténacité que ce modeste curé de Blaokenberghe : le bâton du pèlerin à ia main, il parcourut tous les monastères de la Flandre pour rechercher la vérité dans les chartriers ; bravant ensuite la politique ombrageuse de Gharies-Quint, il raconta avec fermeté les luttes soutenues par les Flamands. La censure miHiia sa pensée ; mais elle ne put étouffer entièrement cet esprit qui vivifie les pages héroïques, où revivent les défenseurs des libertés communales.
Bruxelles, la cité royale, comme l'appelle Guicciardin, était la résidence de la cour et de la haute noblesse, le siège de ia chancellerie et du conseil de Brabanl. Sur le sommet et la pente de la montagne, qui domine la cité, s'étageaient les palais, les hôtels et les parcs du souverain, de ses ministres, de ses ofl&ciers, de ses nobles. Le vaste palais du Caudenberg dominait la ville tout entière. Un peu plus bas, sur l'emplacement actuel des musées, on trouvait l'hôtel des Nassau , qui portait inscrit sur ses murailles la devise d'Engelbert II : Ce sera moy Nassau, et un navire voguant avec ces mots : tardando progredior. Sur la place des Sablons, en face de l'église de Notre-Dame des Victoires, on admirait le somptueux hôtel du comte d*Egmont. Dans le voisinage de cette demeure princière se trouvaient, d'un côté,, l'hôtel de Mansfeld , dans la rue aux Laines , et , de l'autre, sur l'emplacement où les archiducs Albert et Isabelle firent élever plus tard un couvent de Carmes, l'hôtel de Gulembourg, qui allait devenir le théâtre de grands événements '. Il ne faut pas,
i Od lira avec intérêt les détails suivanls : « Si roa en excepte une partie de l'ancieD hôtel d'Ëgmont, incorporée àThôtel du duc d*Areiiberg, Tancieo hôtel de Ravestein également mulilé et quelques restes de Thôtel de Nassau, il ne subsiste plus dans cette capitale (Bruxelles) le moindre vestige de ces habitations nobiliaires ou de toute autre construction privée antérieure à introduction du style de la renaissance. Le pins grand et le plus important de ces hôtels fut -sans nul doute celui de Nassau. Bâti vers 4340, par
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d'ailloars, s'exagérer la somptuosité des villes uu xvi^ siècle. Si Ton excepte les hdtels de la noblesse et d'un petit nombre de "bourgeois opulents, la plupart des habitations, construites en bois, sinon en terre, étaient comme étouffées dans des rues étroiteâ, tortueuses et infectes. Même, à cette époque , dans les deux villes les plus florissantes du Brabant , les maisons de la GrandTlace d'Anvers et celles de la GrandTlace de Bruxelles , étaient encore construites en bois '.
Les métiers de Bruxelles étaient au nombre de cinquante-deux, parmi lesquels celui des armuriers et celui des tapissiers tenaient le premier rang. Le commerce intérieur allait être encore activé
GuiUaume de DuvenToorde, seignear de Dongen, il Ait reconstmit à grands frais par Eogelbert 11, comte de Nassau, en U84 et années saivantes. Cet hôlei formait un vaste quadrilatère construit en pierres de taille et renfermant une grande cour, bordée pai'tiellement d'une galerie ou portique à colonnes cylindriques et à arcs surbaissés que surmontaient deux étages de fenêtres rectangulaires et croisées. Six tours ou tourelles couronnées de flèches en bois surgissaient aux angles et au centre des bâtiments de cette cour. La façade extérieure, bien que d'une architecture peu régulière, était néanmoins d'un aspect fort pittoresque par sa porte bfttie en forme de donjon, par sa haute et belle tour octogone et les nombreuses tourelles qui flanquaient partout les parties supérieures de l'édifice. La chapelle, qui ne «lato que de 4516, est remaniuable par ses fenêtres ogivales à meneaux flamboyants, par sa tribune ornée d'une jolie balustrade de même style et par les trois longues et minces colonnes cylindriques sans chapiteaux qui portent sa voûte surbaissée et à nervures croisées. C'est aujourd'hui, avec la façade gauche de la cour, la seule partie encore debout de cet antique numoir. Tous les autres bâtiments ont été refaits au siècle dernier, lorsque l'hôtel de Nassau remplaça, comme résidence des gouverneurs généraux autrichiens, l'ancien palais incendié des ducs de Brabant. » Histoire de ^architecture en Belgique, par Scuayes, t. IV, p. 97-98.
' On ne pourrait déterminer exactement la population de Bruxelles n cette époque; toutefois, en 4525, on l'évaluait déjà, d'après des informations ofitcielles, à soixante-cinq mille âmes.
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par le canal de.Willebroeck, destiné à rattacher Bruxelles à l'Escaut. Jean de Locquenghien , amman de Bruxelles , secondé par l'ingénieur Georges Rinaldî, avait eu le mérite d'achever cef utile travail. Le canal fut rendu navigable le 1 \ octobre 4 M\ .
Dans cette grande province se trouvaient la prison d'État de Vilvorde, construite sur le plan de la Bastille de Paris, et le célèbre chapitre des dames chanoinesses de Nivelles, dont l'entrée était permise seulement aux demoiselles de la plus haute noblesse. Élue par le chapitre, avec le consentement du souverain et la sanction du pape, l'abbesse était dame de Nivelles, tant au temporel qu'au spirituel.
Les baronnies brabançonnes étaient nombreuses. Bornonsnous à mentionner celle de Diest, qui appartenait à la maison de Nassau , et celle de Gaesbeek, comprenant dix-sept villages, qui fut possédée par le comte d'Egmont.
L'antique et belle ville de Maestricht appartenait d'une manière indivise au duc deBrabant et à i'évéque de Liège. Le duc de Brabant était néanmoins le vrai souverain ; seul, il avait le droit d'y faire battre monnaie ; seul aussi, lors de son inauguration, il avait le droit d'amnistier les bannis qui , s'attachant à la queue de son cheval ou à une corde attachée à cette queue, entraient avec lui dans la cité.
Le duché de Limbourg , rattaché au Brabant par Jean I", n'avait qu'une Irès-médiocre étendue. Il se composait de cinq quartiers appelés bancs, du comté de Dalhem, des grandes seigneuries de Fauquemont et de Rolduc et de neuf autres petites seigneuries. Il était enfermé entre le pays de Liège et le territoire d'Aixla-Chapelle. Ici , pas de communes industrielles ; la population extrait le fer et le plomb ; les nobles vivent dans leurs ch&leaux ; c'est encore en petit limage de la fcodaiilé. La capitale, la forteresse de Limbourg, assise sur le roc féodal , est Icmblème de ce petit pays guerrier.