LIVRE PREMIER (1555). Sf
Philibert de Bruxelles , membre du conseil tf État , d'exposer à l'assemblée les raisons qui le contraignaient d'abdiquer. Philiberts'adressant aux députés, leur fit savoir que Tâge , les travaux et surtout les maladies obligeaient leur souverain dé descendre du trtoe pour se retirer en Espagne dont te climat convenait mieux à sa santé. Une chose, poursuîvit-îl , consolait l'empereur dans la dure détermination qu'il avait dû prendre de renoncer aux Pays-Bas. C'était de leâ remettre entre les mains d'un prince nonseulement très-capable de les gouverner, mais en outre bien résolu à s'employer avec un cordial amour en faveur de ces provinces. Ce n'était qu'à cette condition qu'il se dessaisissait des Pays-Bas, dégageait ses sujets de leur serment et les requérait affectueusement d'accepter Philippe pour leur seigneur. L'empereur s'aiDigeaît de n'avoir pu, avant sa renonciation, mettre le pays hors de guerre; mais il espérait que son fils saurait le protéger, \e défendre et lui procurer la paix. Pour donner aux députés une dfernière preuve de sa sollicitude, il leur recommandait principalement le service de Dieu, le soutien de sa sainte religion, sous l'obéissance due à l'Église, et l'observation inviolable des édits. qu'il avait publiés à cettefin. C'était un point qu'il recommanderait aussi très-expressément au roi, son fils, afin qu'il y donnât un soin particulier. Il exhortait encore les députés à honorer et révérer la justice, appui le plus solide dé la république, et à vivre tous en bonne intelligence , car les provinces, bien que distinctes et séparées, constituaient un corps dont les membres devaient mutuellepaent s'assister s'ils voulaient triompher de leurs ennemis. 11 exhortait, enfin, les Belges à reporter sur Philippe l'amour qu'ils avaient eu pour lui. Tels étaient les points principaux traités dans la harangue dti conseiller Philibert ' .
' Nous avons analysé fidèlement le discours original inséré dans le Analectcs, p. 84-87.
83 LES PiY^<^PAS SQÏJ& PHILIPPE II.
C^p^fl^Dt Çhaf]es^2\Bi?t dçys^ résolu des-adre^rdir^taioçpt à fef çqiBpatriotiei^. II allait racçpte^ l'histoire ^ù 9on règpe ^yec fioç mp^Ue qQi iiehafissa epcofe; la setemiité et I4 p^ajest^ de fi^ P9rf>je&. Ce «grand prince^ qui d^pois si Joagtemps était )'arr })itre du mpjide) s'aidant d'^ii mémorial qii'il lésait à la m^iii, FQppejsi d'pbqr^ qt|Q qiiarantç (nos s'étaient écoulé^, le $ janvier pr^:^QQt, depuis^ qi^e, dsops? cette même salle et è| cette m^^ beiire, i) fut émancipé, è^ l'âge dq qmn?e ans païf spn aHml pal^rqel, l'empereur Mai^im^lien, et m(is en posseesioQ de aes droits sur i^ proylpces belges* Son aïeul maternel, Fei?c|iq$tQd leÇathOr liqpe, étant mort l'ai^pée si^^v^nte, il dut recueillir un héritage gi^e l'état de sant^ dp sa, mère ne permettait pas à celle-ci de gouverner elle-Dpéniie. Il lui fallut, à dix-sept ans, traverser l'Océftp pour alj^r prei^dre possession des royaumes 4*E^pagnc, L'empereur Maximilien étant mort bientôt après, il osa briguer, à dix- Dev^f ans, la couronne impériale, non point par envie de dominer sur un plus grand nombre de pays, mais pour veiller plus efflçar cernent q,\i salut, de l'Allemagne, de ses autres royai^mos, et surtout des provinces belges ; dans l'espoir aus^i de. maintenir la paix et la concorde p^armi ^ nations chrétiennes et de çopsau^rer le^rs forces réunies à la. défense de la catholicité contre les Turcs. ^es hérésies de îfertin Luther, d'qne part, efc les rivalités des puissances, de l'autre, ne lui permirent point de réaliser complètement ses desseins. Toutefois, avec l'aide de Dieu, il sut résister à ses ennemis et ne rien négliger pour remplir la tâche qui lui était .dévolue. 11 énuméra ses voyages et ses expéditions. 11 avait p^ssé neu^fojs dans la Haute-Allemagne, six foison Espagne, sept fois en Italie, dix fois dans les Pays-Bas, quatre fois en France, deux fois en Angleterre, deux fois en Afrique ; ce qui faisait, ep tout, quarante voyages ou expéditions, sans y comprendre des courses moins importantes pour visiter des îles ou des provinces obéissantes. C'est ainsi qu'il traversa huit fois la Méditerranée et
trois fois rOcéan hJspaiwqtte. Désiiia^t'Qe p^int rapp^^r, te.4ôalr heureuse insurrection des GaoteiS| il B§,fi| qu'i»ie aHu^îQo à soo pasaagepar.la Franoeen 1999. MdisiJ s'afypi^^aati.^ si^rla^e^asse et rhabileté de lat ireind Marie,:à: <ïiii U av^i* cOïrfW legouv^roer ^ei^idiss PdygtnBas: à çan^ed^ ses ûomfeeeiises^âbçKaxoefl,! Il/çxpr1ma^g«ite le w&^ â^'Wfçmoitykmnd^H^^ lafeserw pays uûe paix $t»bte; «tilsai«i|jeett0.Qcç«»aapaftr!iisgft?eçte8 état» quesi, soiew.son: r6gôe,.ifa. avaietife m à supporter fr^qu^m^ ï&tel.la^tje^re, c'avait été ^goBUtresa ycrfoofcé ; ^w, chaque fois,; U s'^tiait vu foreé par ses etine^jl^ é&i preadre le^s arn^es pquf ^ défeo»e,\H yamtilo^glemps, .fkJQu4a-t-i!, q^e^le dépJoraWe,^t â^.$a.sanl^ i'ay^r^i^saiM^ san.ini^(U9Bi^^^e ; maïs il avait a^m^ Teiiéeutipn d!3:gon projel à cause. ()q rip(^pa4tô de la rQi»§^ )$a mhreif du j^^i^. Àgçi du mi, son fil$, et de l'extréftte ponfusioiï des affeires aux^u€ile&,il lui paraissait cQi^yeaable de reo^édier lui-méaiev H déclara, eôfirt, qi&e, comme ii se voyait aottjelleig^^pt tftut à fait iiiutil^; que Dieu avait rçtiré de ce jpiwnde la reioej $^ mère, et que son fils, ikyaat atteint l'âg^d'homeie, pouvait, um^x que lui, remplir envers ses peuples tes obligations attachées à la sou^veraineté) il n'avait ^lus ywlvk différer, la renonciation, pour laquelle les états étaient réunis. Il leur demanda d'être fidèles à son âls, de rester unis, de soutenir la justice et de se défendre contre les isectefe qui infestaient les pays voisins. Jetant uh dernier regard sur sa longue carrière, il termina par ces mots, prononcés d'unO: voix émue et quelquefois interrompus par les sanglots des as$^^^ants : « Je confesse que j'ai dû tomber, dc^ns biep H des fau4es,, soit par inexpérience dans ma jeunesse ; soit par u orgueil dans moo âge mûr, ou par toute autre* faiblesse inhé- « rente à la nature humaine. Mais je vous certifie que jamais, «« sciemment et volontairement, je n'ai fait injure, tort ou vio- « lence à aucun de mes sujets; que jamais uon plus je n'ai « autorisé chez les autres semblables méfaits. Si cepenida^t cela
« était arrivé, je proteste que c*est à mon insu : je le regrette « vivement, et j'en demande pardon... *. »
L'émotion croissante de Gharles-Quint ne lui permit point de poursuivre ; il s'interrompit ejt fondit en larmes ^
Jacques Maes, pensionnaire d'Anvers, jurisconsulte, alors célèbre, répondît à Charies-Quint, au nom des états généraux. Son discours était remarquable par sa prolixité et par les flatteries immodérées qu'il adressait au prince d'Espagne ^, Le» états, dit-il en substancse, avaient appris avec un regret inexprimable la détermination de leur souverain ; ils eussctot déâiré dé continuer à vivre sous son gouvernement ; et ni là difficulté des circonstances, ni les calamités de la présente guerre, ni d'autres adversités quelconques n'étaient capables d'altérer leur amour et leur dévouement pour lui. Ils eussent fait d'instantes et humbles prières , afin d'obtenir qu'il revint sur la résolution qu'il avait prise, s'ils n'avaient su qu'elle était dictée par des motifs impérieux. Les états se soumettaient donc à sa volonté. Ils étaient prêts, suivant les pouvoirs qu'ils tenaient de leurs commettants, à accepter la cession qu'il faisait des Pays-Bas, à recevoir et inaugurer le prince son fils. L'orateur exagéra sans doute les senti-
ï Voy, dans les Analectes belgiques, p. 87-9i , les Notes recueillies par un bon personnage estant en rassemblée. M. Gacfaard suppose qu'elles ont été rédigées par l'évêque d'Àrras. Le discours que Pontus Heuterus met dans la bouche de l'Empereur s'accorde, pour le fond, avec ces notes.
' Voy. la dépêche contemporaine de sir John Mason, ministre résident d'Angleterre à la cour de Bruxelles et témoin de l'abdication. Conservé au State-Paper Office, ce document précieux a été analysé et reproduit, quant à ses parties essentielles, par John William Burgon dans Fouvrage intitulé : The lifeand times of sir Thomas Gresham, 1. 1, p. -1 73-'! 76.
^ Pontus Heuterus s'exprime en ces termes (fol. 676) : « Exinde Jacobus « Masius, Antwerpensium Syndicus , jussu nomineque Ordinum , longa « prolixaque oratione (ul vir erat natura disertus) respondit, cujus exem- « plum hic hon necessarium existimavi. »
' LiVRti PREMIER (1555). 35
ments de la plupart des députés, lorsqu'il représenta Philippe II, déjà très-peu agréable aux Flamands, comme la digne effigie de Charles-Quint, lorsqu'il exprima l'assurance que ce prince serait le digne imitateur des divines et héroïques vertus de son père ; lorsque surtout il déclara que les états le trouvaient « si mer- « veilleuseménl doué de Dieu et de la nature, que, s'ils avaient u la liberté du choix , ce serait encore sur lui qu'ils jetteraient (( les yeux, puisqu'ils ne pourraient trouver au monde un prince t( si parfait et si accompli; » Jacques Maes termina cet emphatique discours en demandant à l'empereur la continuation de sa bienveillance pour 1^ Pays-Bas et en faisant des vœux pour Theu* reux succès du voyage qu'il allait entreprendre. Les états verraient néanmoins avec plaisir, ajoutait-il , qu'il remît ce voyage à une saison plus propice, afin de ne pas s'exposer aux dangers de la traversée pendant l'hiver '.
Les états généraux ayant donné leur assentiment à la proposition qui leur était soumise de la part de Charies-Quint, celui-ci se leva pour investir le prince d'Espagne de la souveraineté des Pays-Bas. Philippe se jeta aux genoux de son père et voulut lui baiser la main. Mais Charles le serra dans ses bras et lui dit en espagnol : « Mon cher fils, je vous donne, cède et transporte tous « mes pays de par deçà , comme je les possède, avec toutes les « amendes, profits et émoluments qui en dépendent. Je vous re- « commande la religion catholique et la justice. » Philippe répondit dans la même langue : « Sire, vous m'imposez une très-grande « charge. Néanmoins, j'ai toujours été obéissant à Votre Majesté, « et je me soumettrai encore à sa volonté, en acceptant les pays « qu'elle me cède. Je supplie Votre Majesté de vouloir les sett courir et de les avoir en bonne recommandation. » Dans ce moment solennel, telle était l'émotion de l'empereur qu'il se
' Anaîectes belgiques, p. 9^1-97.
26 LES PAYS*BiS:SpiI3 PH|L|fiBE II.
touri^a tî0r$ i^ étants qiJïçuf dit t « Mosseignwrs, vous n^deve? u étire émejr¥eillés^i,.viou3î^^débUç âeiemM^ mev^ims^tM «i.que iesUis, Qt aussi pour Vaipiti^; je vergç qu^lgqç^ larm^ ». »
Uû aeeréliire donna ^B5uit^: leçtuirçi ^ tQttpespateçrtea.4^çesr sioD de la souveraineté im dixrs^pt proviimep; doa PaysrBais.et de la Fraiiche-GoroW de BoUi»ogn^;oea lettre poçtoii^t la date du a5 oolobre et relataient la reifiaEwIraDce ftiit^ aux éii^génér rmty ainsi que.lQcoRsjemiçîïlçïrfidQeç^é par fiw.^! i >;
le nouveau souverain, qw-éfcait retpuçpé-à.s» plafie* s'ad/resrgant, pou^ iap^eniièrçtjQj^, aux ét^teiJeur dit, sansrige lever dç soo^iége : « MiBg$i€iura, bien que j'entende raififonpabten^esît k «^ lan^okg^ proxtçms., je ne Tai pas. encore assesB; prompt .p$>ur pou- «.voir vouspapterein cçfite langiiie, Yàu» entendra? ce.qfW:l'îév^ue « d'Arras vous dira de jna pari 5.» , ^
L'évêque d'Arras était le fils de Tailden ^principal ministre de Ch^iries-Onint ; lui-même avait d4jâ été employé par l'empereur dans tea plus grandes aÇaifes, et il était destiné à devenir, sQus le nom de cardinaJ de GFanyelle, un dçs instrumenta les plus célèbres du nouveau règne. Il commeaça par déclarer que Philippe n'acoeptait 1^ ^averaioeté des Payi-Bas que sur le commandement formel de son père. Le roi; ajoutait son interprète, pçend l'eiigagement 4'employer tout ce qu'il a de force et de puissance à la bonne administration çtà la d?fense de ces provinces, et il espère que, de leur c6té, les Belges le serviront loyalement. Il demeurera parmi eu? aussi longtemps que les besoins du pays l'exigeront, et il y reviendra aus^ souvent que. sa présence. çera jugée nécessaire, « Le roi, continua Granvelie, veillera avec une <t attention spéciale au maintien de la religion cath^Hqu^, vous
' GAtHARb, VAbdicaiion, etc., p. 37-39.
' Analectes belgiques, p. 'lOî et suiv. ^ Gachard, VAbdication, p. 40.
M : IiIY&B PREMIER (15{JSi). 27
«cgûuvdmei^a enitqutëéqiiité,) vousdéfèhdTaselaii lftjii$tiiee, voM «. c0QsèrYerà vos iâxodnnités/ vos'VieâUes laià/vos privilèges, vos -t^eotitHinefir afin icpie vous styfei tinie>et dapal^les de résister à « l'ennemi qui ne cessé de pointer en?ie à votre prospérité. Enfin K il se montrera donstamment bon prince à votre égard , comme <( vous, suivant Tassurance que vous en avèz^lonnée à l'empeneur, « vous vous montrerez bons scqets '. >» . -
- Après GranveUe,' la reine Marie, aVec l'àutorissitfon de rett>pereur, prit àsontoûrla paille *.. Cette princesse éniinente annonça aux états ^nétdixJL qu'elle se démettait du gouvernement des Pays-Bas après avoir exercé ces difficiles fonctions pendant vingtcinq ans ; que l'empereur et le roi, accueillant enfin ses sollicita* tions réitérées, lui avaient accordé le repos nécessaire à son âge ; et qu'elle avait résolu de partir pour l'Espagne avec son frère. Les états devaient être convaincus, disait la reine, qu'elle avait employé dans l'administration du pays tout le 2èie, le dévouement et le savoir qui étaient en elle. Aussi suppliait^elle l'empereur,- le roi et les députés d'avoir pour agréables les services qu'elle leur avait rendus en qualité de gouvernante. Elle remerciait ensuite les députés du loyal concours qu'ils lui avaient prêté, et les assurait que, partout iSi élle^erait, ils trouveraient toujours en elle la môme affection p<>urleur patrie, qui était aussi la sienne ^ . Pendant le dis» cours de sa sceur, l'empereur avait témoigné son approbation par ses gestes et l'expression de son visage. Lorsque la reine eut fiini de parler, Charles-îQuint se tourna vers elle et la remercia, avec tendresse, des longs et fidèles services qu'elle lui avait rendus 4. >i Toufefbis l'empereur avait été très-vivement aflfecté de ladéter^
* Analectes, p. 97-99. Voy. aussi Pontus Heuteris, fol, 677. ^ Anakctes, p 90-102.
' Elle était née à Bruxelles le 43 septembre 4505. *.6AcgARD, VAbdieaiUon, etc., p. 44.
minatioû prise par la reine douairière de Hongrie, dont intelligence virile, l'énergift et Thabileté lui avaient été d'un si grand secours depuis qu'il lui avait confié le gouvernement des Pays- Bas en \ 534 . Aussi la reine jugea-t-elle nécessaire de motiver sa résolution. C'est ce qu'elle avait fait, deux mois auparavant, par un -mémoire xustificatif adressé k son frère. Elle lui rappelait qu'elle n'avait d'abord accepté le gouvernement des Pays-Basque pour peu de temps, et qu'elle n'avait cessé de demander un successeur parce qu'elle se sentait alors débile de corps ( à cause d'un continuel tremblement de cœur) et trop faible aussi d'entendement pour continuer une telle charge. Voulant montrer que sa résolution était inébranlable, elle avait fait en présence de son frère le vœu à Dieu de ne pas conserver des fonctions trop pénibles pour une femme-, et l'exécution de ce vœu n'avait été qu'ajournée, lorsque Tempereur lui eut commandé de conserver le gouvernement pendant la guerre contre le doc de Clèves. La reine rappelait ensuite qu'ayant renouvelé ses instances à Augsbourg, en 1550, l'empereur lui avait promis formellement d*accueillir sa demande lorsque son fils serait revenu dans les Pays- Bas. Elle réclamait maintenant l'exécution de cette promesse ; elle suppliait son frère, prince si juste et si catholique, de considérer la faute qu'elle commettrait envers Dieu si elle différait encore d'exécuter le vœu qu'elle avait fait. N'eût-elle pas même fait ce vœu, elle ne serait pas moins obligée envers Dieu de renoncer à sa charge, puisqu'elle connaissait son insuffisance. L'empereur lui montrait d'ailleurs l'exemple qu'elle devait suivre, puisque, malgré ses éminentes qualités, il voulait lui-môme renoncer à ses couronnes. « Gomment donc moi, disait-elle, serai-je assez téméraire pour me croire capable de diriger même un petit État, d'autant plus que, comme femme, je suis impropre aux principaux actes du gouvernement? J'ai trop d'expérience pour ne pas reconnaître qu'il est impossible à une femme d'exercer
.. LITRE PABHIER (i555). 29
nea, fonctions daps la paix et encore moiiis dans ia guerre. Le goavernement des Pays - Bas est lé plus difficile; car il faut entretenir des relations continiièltes avec tous les isrdre&de l'État pour gagner led bonnes grâces tant de la noblesse que^des cètn-i muneS) ce pays n'étant ni une monarchie ahsoltie, ni une oligarchie, ni une véritable république. Or, ce sont des devoirs péni^ Wes pour une femme, principalement si elle est veuve, car la femtne, quelle que soit sa qualité, n'est jamais x^rainte ni respecta comme l'homme. Bien que je port$ une grande affection au roi, votre fils, il serait égalemàit dur pour une peràTime comme moï^ après âvôîfiservi Votre Majesté jusqu'au bouti^î de recommencer mon apprentissage. Und feinine de<cinquanté ans doit, après en avoir servi plus de vitTgt-»qiiatre,. se ^contenter pour le reste de sa viet d'un Dieu et d'un maître; » La reine signalait ensuite lés mœUrs dé la nouvelle généiatkih, avec laquelle éUe ne voudrait ni ne pourrait s'accommoder; l'affaibKssement du fe^ pect en.YersDieu et envers le priïice; le petit nombre d'hommes dévoués, enfin cette anarchie qui se manifestait, non-seulement dans les Pays-Bas, maië presqtte partout. Cet état de cho$ès l'affligeait et l'irritait au point, disait-elle, qu'elle ne voulait pas même vivre, comme personne privée, avçc de telles gens ; elle déclarait, en outre,.que le soin des affaires lui était maintenant si antipathique qu'elle aimerait mieux gagner sa vie que de' continuer sésfenctions. E^le finissait en demandante l'empereur l'autorisation de se retir^er en Espagne, comme personne privée, avec la reine douairière de France, sa sœur '. Malgré ses précautions oratoires, Marie de Hongrie laissait dairement entendre, dans cette lettre, que si elle avait sacrifié son repos pour servir son frère, elle n'était nullement disposée à recommencer cette vie laborieuse sous un prince dont elle connaissait le caractère despotique.
* Papiers d'État du cardinal de GranveUe, t. IV, p. 469 et suiv.
5Q LES PAifS'RAS StWtSi.PHtUTOB II.
Jaeques Males^i oi^aoé des états générauxi^ répoinditâjlaij^iBe Marie que ceux-ci. étaieiit liièânsatisÊlUs (kr;sQa;goav0rnementv et il la reinéroia^ àa nom des B^ges^ de raSdctian (|u'6ll6i)et[r> ay»t tésùoignée. Charles descendit alors desori trône efticpiitta^ l'assëtnldée qui é(aiipirofbildéfiQ«at émue et |iéî;^tf-étr& agitée pan dô. triste» présserititnents; v - i ' :! ;5' '. i* . '^
Lorsqiie la foule se fi^ «coulée, 11 dOfititdtiijpÉiais et set retirer 1 dans la toodB^ihabitatipo,. située au tout du* p9ro';ôl qu^ffan^ appelait enGor^>^iceQt ans plus tard, jatrièifoon deiiiltnferm(r.(xà Idimaison ^ Charks*<imnt. Qtje roïif$e:fig)iU:e«niipayfflkm, avec un seul ét^g% auquel on- arrivait par un eiâoalieridediiE'todQttœ mài'bbes: l'empeiréur y oc€apèit):déux pièciesidiei vingt à viog^^. cinq pieds carrés; la première servait à Idfdis d'antichambrè;et de.sallet la seconde était ptropreibent oe Qu'oïl' appelait abra la chambre. Lés tnttrs;ainsli! que -iesl^ènétresétàientaf^^ dtéousn sons aux armes dfe Gbslrles*^W(iRl,) avec $ja devise- îîJRtoflOUftw; Au mo^çen d'iUa coriMoir <iuiooahipu&i(|uaiVde»sa?(5fiainbre avec un€f petite chapelle, il pouvait Éfrt)endi?eîte senvioedlivin sans sb déplacer. Jean. de. Poapet,. seigaeur-de la Ghauttl,-son' sorotoetiei? de corps, M les piersonmiis attachée» à 3011 sërvîtréleipltis iolCîhië oQcupaient les autres pièces dé la maison *. . / . u; . (
Le ^ octobre^,: lesdéptiMi; des! dit^e^t-proyioces se réunirent encore^ âans > la grande saUe^ = du*^ palais t^iji aVaii; .été ta tmlfe le théâtre de rabdi<:ïatii©fli.d«rrrempe«attri^ Ils 'ynrou.VèKt5ii!t te nour \em souveraini'defeotit^ appuyé Qûu^ê une tfable,? e^etitourjôtiês chevaliers de la Toison d'or -et des «îewttreS duii^seilodîÉtat; Philippe', a^ara âgé deiviijgt-jbuil arts^rrétait^ dj5')pétite.aWfeii«K!r» GQ^me son.pèrj&, auquel jl :refisea<blftifc eaîooj^ pm Ife yisag.e»et)4$ i3)eat^<;G6pend^nt sa i^mpteisjod étuitipSusiâéiM^to , eirs^ pbyr
» Relation du voyage de monsieur l'Admirai, dans Ribier, II; Gaghard, ri46rfica/t©n>3etç.i p. 24. ; v . .w ■■