‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 9 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

distaDoe par des colonnes surmontées dé statues â'andens dues dé Brabant en bronze doré et de piédestaux qui supportaient des ailles et des lions également de bronze/ Du côté de. la couryluà perron à doubles rampes terminé par un portique, au-dessus duquel étaitpiaçée une statue de Charles-Quint, conduisait dans une grande salle qui servait aux sdémaités officielles et qui aboutissait à la chapelle. Celle-d, qui passait pour un chef-'' d'Œuvre d'architecture/ avait été cbmmencée par les ordres de' Charlés^Quint en i5S!^, en exécution d'une clause du testament dePhilipperleBeau, son père, mais consacrée seuiemeoten 46^3».

L'ordre deià Toisod d'or, institué par Philippe le Bon, était comme le symbole de la );)uissance et de la splendeur de la maison de Bourgogne. La transmission au prince d'Espagne de la dignité de chef de la Toison d'or fut le prélude de Tabdication de Cliarles- Quint.

Le 20 octobre, les chevaliers qui se trouvaient à Bruxelles, ayant été mandés par l'empereur, apprir^xt.de sa boudié l'intention qu'il avait de se démettre de la souveraineté des Pays-Bas et de celle de l'Ordre en faveur de son fils. Le lendemain, l'empereur tint au palais un conseil de l'Ordre, où furent présents le roi Philippe, le duc de Savoie, les comtes de Boussu, de Lalaîng, d'Egnàont/ d'Arenbérg, le marquis de la Vère, les seigneurs de Brederode, de Bugnicourt, de Molembais, et Pierre de Werchin, sénéchal deHainaut. Charles, après avoir rappelé aux chevaliers assemblés la communication qu'il leur avait faite la veille, exposa que, se trouvant, en sa qualité de seigneur des pays de par deçà et deduc de Bourgogne, chefet souverain de l'Ordre, sonintentipn était de se dépouiller pareillement de cette dignité en faveur de

^Histoire de Varchitecture en Belgique, par Schayes, t. .IV, p. 7aetg«iv. Selon cet écrivain, la grande salle du palais de Gaudenberg « était un h^^ « ment fort élevé,' long de ^ 60 pieds et large de 60. » '

18 LES PÀ^I^S-^feiÂlS 80DS.PBILIPPI II.

8oa&l8v<€l;ii iiequit'l0a cUevaliisrskde lei^econtiaitrepour chef dès que la césdion des mêmes: pays aurait été effeotaéeJ Philippe sortit de;la saUe^; el.la ipropositioii de l'ônqDeceiir f at miàe àut yviXi Toifis les votes pyant été affirmatifs,; Phiiiippe rentra, et reçut tes. oomj[)limeiit8 des dnevaliers, Ses confrères. L'empereur annopçà* ensuite au conseil ta rësofaitioii iqu'ilavait pi^e de renvoyer aa roi ti*èSHchc^en Jes. iosigxxes de l^ordre de Ssint-Michei^ qa'il ne ybulait:pius porter, disaitHi]^ à ca^ise de l'inhÉifié que le roi François I^ lui avait montrée jusqu'à sa mort, et qui (^ntiiiualt soiis le ivoi actuel, Henri il; il alléguait en second licai, qu'on admettait (dans eetoiniFre des peritomies indignes d'y être remués, tels «que des hérétiques, de» traitmsr et d'autre» iniàmes; \ enfin, étant détôrminé,;ajoutd-t41, à se rétif er e& Espagne, il ne voulait pas Goàtinùer à se soumettre aux obligations imposées par les statuts. Les chevaliers approuvèrent également ce dessein àf^ l'eniperettr. Lexhanoelier de Tordredela Toisôad'or |>roposa ensuite la lenuë d'un chapitre, qui iuL paraissait d'autant plus néces-^ saire qu'il y avait près de dix ans qu'on n'en avait plùsicôlébré,: et que» dans riàtervalle, dix^euf ohevÀliers étaient morts. £ti approuvant cette, proposition, l'empereur dit%}u'il fijerail.cônve-^ nafafi&.dd cé&ébrer le chapitre prochain m Guehlrej afin de iàke voir auxipeuplefe de cette provipce, noUvetteÊtient oopquise, la magtttficeùcd de. l'Ordre; mm, eu égard aux clrconsUtiK2e&, il expiimaJ'ayis, auquel ae rangèrent tous les chevaliers;,! qu'on le cooiv^oquàliilans lacdthédrate di'Anyers 'r . .Le YeqditecK, 25 oictobre^ versftroits i^ureside raprè«MBaidi,'le3 dépiilésiid(wpQsaait( les états igénérauis; des Raya-Bae^ se rendirent

* Histoire de l'ordre de la Toison d'or, depuis son institution jusqu'à la c0Ê»aiém'de9[ cAap«^r«a géaérauxi, i^éa é&s archiTas i&èmô de cet ordre, pavlo.hauoKi DsRittitpa«isBo.(Bnu;e]^98, 4!8ao> 4'Vd. ior^ir^hp. M-Mt. Voy. aussi Gagbard, VÂbdiGatiende Ch^rle^-^Quim, p,A9^%%„

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dans lagranide sàlle'da pàlaiâ, qui était' ornée delà! (dpléâèrië i!^* là Tôîèôh 'd?bi-V <•ép^ë^entaritrMsti9^ô ^CWéëÔ. Hé t)Hi^nrplâëéf Eût dès bancs dispdséë ëti ^mphitfa^tte, en fai^ â^ddë é^i'àdé, 9u#'lô^dèllë 6n aVfit ptecë ie doèëëWt iârtit artbièé dèWWi'gèébél â^d îPrWé'falifcèbîfe : èeîtil dU ihOléd pburM'ètiitîëfiôdf^ c^mm di^m polit \é foi Philippe ef deltfï de piîrôhié ptttir Rî tébô dttttâii-' rîèi^ë dè^e^gtie, gbtlvëfhaftte âe^Pkys-Bâ^JDu ô6té dfeit, xin Hàtïà làpiësé àVait été êgaïèniént f)ré^a^é pdui^ lèà èfcèVttillers de la Tdisôii d*ût*\ et du éOlé gàuèhé/uti bantc i^ëmilaMe j^oot'léd atitréb persôtiriàgesémiilëntd ; ub peu phi^ bas-, filaià foiijôilrÉiéti'^ Féstràdé, étaiéht des banquette^ pciûr lèb weintlreS de trôiti edû^ sëife auxiliaires dti gouvetnernént dé^ÎPayd^Bàs, lèéonÉëil d^Étit; le conseil priVé et le conseil dès fln^ncieâ. Htàlgré les arctewel les hallebardiers de la garde placée anî'porteis; la fealé avâif^toic ifi^ption âhta là salle et côdlbMt réi^^aéë(}iiiti^étaitpdfd'ràeft'vé pdtir les personnslges invita. Plus' dé Inillëpêf^sètrfied' étaient p!*ëse9tè^'dana cette vaste salfe qui allait ^lètëfait lë\IMAVt& d'm dés plus gr*andë événements de" Fli&tMre.

Quand les députée des prû\'inces éureM prî6 plaêe; s^oà le râdg auquel ils avaient droit, l'empereur, qui atteifttelt diattS la châffibre dû coinsèll privé, ei^tra enfin danis lô sallô^'apl^yédd la tnain gâtiché suV tin bâtéh et la dmite posée sur répatilèrde Guillaume déNtesâù- prince ffOràîbgë. QùoiiiUli n*éÔt pAB ênèorë atteint rage dé ëînqufàntie^six: ans, Chaihlès^ était céui^bé^ phf • ïa Miatedjfe} et toute sa personne révélait les signes d'une vieillesse anticipée. Atitreibîs ii ri- avait pas «u d'égal dâns^ lesr; es6rë«k»iB<:'duW)ol*ps ; Waiiitebaht' il dêVéî!, pour assbiiér §ès J^as, récîanfifèt Kflj^i'de ses serviteurs. Cependant on admirait t6iijotit*s dànà' '^oîl' aâï)étit ce mélange de gravité et de douceur, cet. air méditatif ètcjè calme profûûd, qui caraçtérisaientle chef de taqtt d'État^, Çh^rJesT QiHfit était d'une taille. médiocre^ mais.aon front «élevé^ ses yeu^ WeuB er pleins d'expression, soft néz dqtiiUn et!iégèretiienfcar(|ué

20 i.ES PÀYSr&A^ sous PHILIPPE II.

doutaient la fermeté de son caractère et la vigueur de son intel-^ ligepce. Il était reçonuaissable entre mille aux dimensions extraordinaires de la mâchoire inférieure ; elle était si large et si longue qu'il ne poxnrait joindre facilement Iqsdents lorsqu'il parlait, ce qui rendait peu intelligible le comn^ncement et surtout la fin de sqs discours. Cette singulière conformation de la partie inférieure du Viisage^tait) au surplus, le signe distinctif delà maison d^Autrîchç.

L'empjBreur était .suivi de son fils, le roi Philippe, de sa scmr Marie, reine douairière de Hongrie et gouvernante générale des Pays-Bas, de son neveu Philibert Emmanuel, duc de Savoie, et des autres chevaliers de la Toison d'or, tous revêtus de leur grand coHier, d^ gouvern^rs des provinces, de? membres des trois conseils suprêmes, des gentilshommes de la cour,, et des ambassadeurs des souverains, ses alliés '.

A l'aspect de leur souverain, du maître des deux mondes, naguère triomphant au faite de la puissance et maintenant accablé par une maladie cruelle, le^ députés s'étaient respectueusement levés et inclinés. Charles monta lentement les degrés de l'estrade et s'assit sous le dais de Bourgogne^ entouré de sa famille et des grands personnages de l'État.

Chacun, ayant pris place, le premier huissier du conseil d'État appela successivement les députés des provinces et leur demanda s'ils étaient munis des pouvoirs nécessaires. Lorsqu'ils eurent 4^pondu affirmativement à cette question , Charles ordonna à

*^Analectes belffiques, p. 78 ; Pomtu9 Heutbrus , Rerum belgicarum libri xpiindecim ( Anvers. 4598, in-4o), p. 668. — Il n'eçt constaté dans aucun document contemporain que la sœur aînée de Charles-Quint, Éléonore d'Autriche, veuve de François I***, ni que Tarchiduc Ferdinand, second fils du roi des Romains, bien quMl fût arrivé à Bruxelles quelques jours auparavant, aient assisté à Tabdication. On ne pourrait pas non plus affirmer la f>résence de la nièce de FEmpereur, Christine, duchesse douairière de Lorcaine, fille d'Isabelle d'Autriche et de Christiern II, roi de Danemark.

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