LIVRE VI
gDols attrlbualeot même ce retard au méconteotement du nouveau pape fomenté par quelques-uns des siens qui ne pouvaient oublier que, pendant le dernier conclave, l'ambassadeur de Philippe Il avait employé toute son influence pour faire élire le cardinal Pacecco au détriment de Pie IV *. Au mois de mars 1562, on ne possédait encore que quatre bulles pour Matines, UtrechI, Middelbourg et Harlem. On n'osait pas en parler, mandait Granvelle à Gonçak) Perez, « parce que comme elles portaient que, «( des neuf gradués (qui devaient posséder les prébendes atta- «4 cbées à chaque siège) Tun sera inquisiteur, il n'en faudrait pas «< davantage pour donner de la consistance aux bruits qu'ofn a «( fait courir que, sous prétexte des nouveaux évéchés, on veut «t introduire aux Pays-Bas l'inquisition d'Espagne. » Aussi Granvelle résolut-il d'écrire à Rome pour faire changer cette clause et la remplacer par cellerci » que les gradués seront obligés d'as- <( sister l'évéque dans Jes choses où il voudra les employer, toute chant son Église et son diocèse. » Il pensait que ces termes suflBraient, » car, ajoutait*!!, quoique cela ne se dise, il est clair « que l'évéque est inquisiteur ordinaire; mais il fautôter les paît rôles qui déplaisent ^, »
Les abbés 4^ Brabant consentirent enfin à l'érection de l'archevécliié de Malines et à celle d'un évéché soit à Bois-Ie-Duc, soit dans une autre ville ; et, pour que ces deux sièges pussent être dotés, sans qu'on y annexât des abbayes, ils voulaient donner huit, mille florins et le reste du clergé pareille somme. Bien que cette proposition ne répondit pas tout à fatit aux désirs du roi, puisqu'elle tendait à supprimer un des sièges créés par la bulle de Paul IV, la duchesse de Parme, qui s'était personnellement employée dans cette négociation, trouva qu'on avait obtenu
k Strada, lib. m. ~ Paul IV était mort le 48 août 4559. ' Correspondance de Philippe //, t. 1«», p. ÎOO.
beaucoup, si i on considérait les difficultés qui résultaient, pour le vote des aides, de la question d'union des abbayes, et que les états des autres provinces, déterminés par l'exemple du Brabant, ne mettraient plus d obstacle à l'érection des nouveaux sièges. En conséquence, la duchesse pria le roi de se contenter de ce résultat. Elle faisait aussi remarquer que la ville de Louvain et le troisième membre de la commune de Bruxelles ne voulaient donner leur consentement au vote des subsides ordinaires, avant de connaître les intentions du souverain sur ce point. Les abbés, ajoutait-elle, avaient élevé toutes sortes de prétentions impertinentes : iisauraient voulu, entre autres, que le roi n'eût plus la nomination des chefs d'abbayes ; mais enfin, ils s'étaient désistés de cela et s'étaient contentés de demander que, lorsque l'une d'elles viendrait à vaquer, il y fût promptement pourvu, et que les informations sur le mérite des candidats fussent prises par deux abbés de Tordre, auquel elle appartiendrait, et un commissaire de la cour '.
Philippe II accueillit ces propositions. Le 30 juillet 1564 intervint, avec les abbés de Brabant, un concordat par lequel le roi s'engageait à obtenir du saint-siége que les abbayes de St-Bernard, deTongerloo et d'Afflighem subsistassent dans leur état actuel, à condition qu'elles payeraient huit mille florins annuellement, qui seraient affectés à la dotation de l'archevêché de Malines et de t'évéché de Bois-le-Duc.
Des arrangements qui intervinrent alors et plus tard, il résulta que l'archevêque de Malines eut entrée aux états de Brabant, en vertu du titre d'abbé d'Afflighem. De même, après l'installa-
1 Lettre de la duchesse de Parme, du 45 septembre 4563, dans la Correspondance de Philippe II, t. I*', p. 269. De son côté, Granvelle mandait à Gonçalo Perez (8 septembre] : « Ces abbés sont si stupides qu'ils se laissent emporter comme des buffles. »