‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 110 sur 177 · LIVRE VII (l52i--i56S · texte numérisé non relu

LIVRE VII (l52i--i56S

clarait que la femme qa'il avait épousée était sa concubine; mais ayant refusé cette déclaration, il fut brûlé vif K

Pour arrêter le mal qui provenait de l'ignorance ou de la duplicité des prédicateurs^ secrètement gagnés à la nouvelle doctrine, Mai^erite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, avait, au mois de septembre 4 ââS, adressé à tous les couvents une lettre circulaire pour exhorter les moines à n'admettre dans leurs chaires que des prédicateurs savants, prudents et d'une vie exemplaire, et à leur défendre de débiter des contes et des sornettes. Défense leur était faite aussi de parler de Martin Luther et de sa doctrine ainsi que dès opinions des anciens hérétiques.

Mais déjà des mesures plus graves avaient été prises ou provoquées directememt par Charîes-Quint, qui, enivré par la victoire de Pavie , ne se proposait rien moins que rexterminatioo des luthériens '.

La conduite violente, inhabile, puis coupable , du premier inquisiteur général avait frappé de discrédit une institution à laquelle Témpereur attachait une grande importance. Vander Huist, envoyé en Hollande, y avait excité une réprobation telle qu'il fut oUigé de s'enfuir précipitamment et que Marguerite d'Autriche, pour apaiser les murmures du peuple, dut suspendre les eiSets de sa commission. Convaincu ensuite d'avoir falsifié un acte relatif au différend qu'il avait avec les états de Hollande, Van der Hulst fut définitivement privé de son emploi. Alors Gharles^Quint ordonna d'examiner s'il n'était pas préférable que les évéques, ou les conseils de justice, connussent, comme au-

1 Brakdt, Histoire de la Reformations passim,

' Charles-Quint écrivait de Tolède, le 25 juin 4525, à son frère Ferdinand, quMl espérait bientôt se trouver en Italie pour y prendre ses couronnes, « et, cela fait, ajoutait-il, /e m'emploierai de tout mon pouvoir ii Vexterminaiion des luthériens. » Bucholtz, Geschichte der Regierung Ferdinand des Ersten, t. IX, p. tJ.

â88 LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE II.

paravant, des erreurs de la foi. L'opinion contraire prévalut parmi la majorité des conseillers de Mai^uerite d'Autriche ; ils pensaient qu'un inquisiteur spécial tétait préférable, parce qu'il serait mieux que les diocésains dans la dépendance du gouvernement. En conséquence, la régente écrivit, le 45 janvier 4594, au pape Clément Vil afin qu'il nommât un inquisiteur err remplace^ ment deVander Hulst ; elle lui désignait, comme les plus propres à ces fonctions : Olivier Buedens, prévôt de l'église de St-Martin à Ypres, pour la Flandre et les contrées voisines ; Nicolas Houseau, prieur des écoliers à Mons, pour le Hainaut et les provinces voisines, et Jean Coppin, doyen de l'église de St-Pièrre à Louvain, pour le Brabant, la Hollande et les autres provinces* Déjà le pape avait nommé le cardinal de la Marck, évéque de Liège, inquisiteur général pour tous les Pays-Bas ; mais sur les instances de l'empereur, il confirma les inquisiteurs spéciaux pour les provinces soumises à Charles-Quint. Le bref de Clément VII étendit les pouvoirs des inquisiteurs : il les autorisa à procéder avec ou sans le concours des ordinaires ; il soumit à leur juridiction jusqu'aux évéques et aux archevêques eux-mêmes, qu'ils pouvaient faire arrêter et emprisonner, sauf à envoyer les procès de ces dignitaires ecclésiastiques au saint^iége, qui les déciderait ; il leur conféra encore le pouvoir de faire exécuter leurs sentences de dégradation contre les gens d'Église par un abbé seul, à défaut de l'évéque diocésain ou de tout autre. Enfin, les inquisiteurs pouvaient aussi établir des substituts dans les provinces et leur déléguer toute ou partie de l'autorité dont ils étaient investis'. Les uns et les autres étaient naturellement chargés de tenir la main à l'exécution d'un nouveau placard donné à Bruxelles le 24 octobre 1529, sur la proposition de la gouvernante de^s Pays- Bas et de l'avis des chevaliers de la Toison-d'Or et du conseil

1 Gacbard, Correspond a)} ce de Philippe II, t. I'**, p. cm et suiv.

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