‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 112 sur 177 · LIVRE VII (i · texte numérisé non relu

LIVRE VII (i

les hosties, et soutinrent un si^ meurtrier contre le statfaouder de la province.

Des recherches sévères furent prescrites pour découvrir les auteurs de tous ces désordres. Comme les anabaptistes affluaient principalement à Amsterdam , les recherches s'y firent avec le plusd'exactitude^ et plus d'un sectaire fut arrêté pendant la nuit. L'empereur lui-même ordonna que neuf hommes , arrêtés de la sorte et conduits à la Haye, seraient décapités, et leurs têtes mises ensuite sur des pieux pour servir d'exemple. Us furent effectivement exécutés à la Haye, et les têtes envoyées à Amsterdam pour être exposées au gibet ordinaire. Il se fit d'autres exécutions dans les villes de HoUande, où les prisons regorgèrent et où les échafauds étaient presque en permanence. En 4 5331 , on jeta dans le lac de Harlem une femme qui avait été rebaptisée; et son mari, avec deux autres hommes, furent brûlés à la Haye. En 4535, après la découverte du complot de Leyde, quinze hommes-furent décapités et cinq femmes noyées. Des exécutions eurent également lieu à Gand. Mais, selon le témoignage des écrivains les moins suspects , quelque supplice qu'on inventât pour imprimer de la terreur dans les esprits, le nombre des fanatiques croissait au lieu de diminuer. Charles-Quint s'en alarma et voulut essayer les voies de la douceur. Il ordonna, par des lettres patentes, de faire grâce à tous les anabaptistes, à condition que quinze jours après la publication de ces lettres, ils abjureraient publiquement leurs erreurs; mais, d'autre part, il prescrivait que ceux qui, refuseraient d'obéir seraient punis corporellement, suivant toute la rigueur des lois et des ordonnances publiées auparavant contre eux. Cette amnistie conditionnelle ne fit aucune impression sur l'esprit des anabaptistes; au contraire, ils en devinrent plus audacieux Alors de nouvelles exécutions eurent lieu à Amsterdam, à la Haye, à Harlem, et en diverses autres villes; tous ceux que l'on put saisir furent ou décapités, ou

pendus, ou noyés, ou roués et brûlés tout vifs. 11 résulte encore du témoignage des écrivains catholiques que la plupart allaient au supplice et mouraient avec une constance, qu'on ne pouvait pas s'empêcher de regarder avec admiration. Beaucoup aussi passaient d*un lieu à un autre pour éviter le supplice; mais souvent ils étaient arrêtés au passage, et lorsqu'on leur demandait oïl ils allaient , ils répondaient : « Vebs le pays que Dieu nous (( montrera, et où il veut nous conduire, h Le 40 mai 4535, une seconde attaque fut tentée contre Amsterdam et faillit réus* sir. Elle était dirigée par un homme aussi astucieux que vaillant, Jean Van Geelen, nommé général des anabaptistes de Hollande par le prétendu roi de Munster. Les anabaptistes s'emparèrent de l'hôtel de ville et s'y défendirent jusqu'au lendemain contre les bourgeois, qui s'étaient armés. Déjà Jean Van Geelen s'attendait à devenir maître de la cité lorsqu'on amena quelque pièces de canon, qui brisèrent les portes de la maison communale. Les sectaires furent repoussés jusqu'au fond dei'hôtei, puis arquebuses de tous cAtés par les bourgeois qui, à l'aide d'échelles, étaient entrés par les fenêtres. Jean Van Geelen, retiré au haut de la tour, se montra aux assaillants et fut tué d'un coup de mousquet. Ceux qui tombèrent vivants entre les mains des bourgeois eurent à subir une mort plus cruelle. On les étendit sur des bancs de bouchers, on leur arracha le cœur, puis on les écartela. Jean Van Kampen, que les anabaptistes avaient établi évêque d'Amsterdam, nia, malgré la torture à laquelle il fut soumis, qu'il eût eu aucune part à la rébellion.. Cependant on l'exposa à la vue du peuple avec une mitre sur la têtô; puis on lui coupa la langue, le poing et la tête, et Ton brûla son corps K La sédition des anabaptistes d'Amsterdam et les sauvages doc-

' Histoire des anabaptistes y par le P. Catrou, passim.\ Brandt, Histoire de la Réfomiation dans les Pays-Bas.

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