‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 113 sur 177 · LIVRE VU (i»2i · texte numérisé non relu

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trines mises en pratique à Munster par Jean de Leyde portèrent au comble l'irritation de Charles-Quint contre ces sectaires. On peut dire qu'il ordonna leur extermination par l'édit général qu'il publia contre eux le 40 juin 4535, quelques jours après la prise de Munster. L'empereur établissait, comme règle, que tous les anabaptistes, leurs adhérents ou complices encourraient la fourfaioture de corps et de biens et seraient voués au dernier supplice, sans rémission. Devaient être condamnés au feu ceux qui s'obstineraient dans leurs erreurs, qui les auraient propagées, qui auraient rebaptisé, qui auraient pris le nom d'apôtres, de prophètes ou d'évéques; ne devaient pas être exempts de la mort ceux même qui, après avoir été rebaptisés ou avoir donné asile aux anabaptistes, auraient renoncé à leurs erreurs et manifesté un vrai repentir ; mais, en ce cas, la décapitation serait réservée comme une faveur pour les hommes et le supplice de la fosse pour les femmes. Il était expressément enjoint à tous les sujets de délïoncer les anabaptistes, sous peine d'être punis comme leurs complices ; le dénonciateur avait droit au tiers de la somme à provenir de la confiscation des biens des accusés. Enfin, défense était faite, sous peine de correction arbitraire, de poursuivre ou de solliciter aucune grâce, pardon ou rémission pour les anabaptistes, attendu que l'empereur déclarait ne point vouloir les recevoir en grâce » .

Lorsque, en 4534, Charles-Quint eut appelé d'Allemagne sa sœur Marie d'Autriche, reine douairière de Hongrie, pour lui confier le gouvernement des Pays-Bas, il ne laissa aucun doute sur sa résolution immuable de continuer, par le fer et par le feu, Textirpation de l'hérésie. La reine, qui s'était naguère entretenue des nouvelles sectes avec son frère, avait laissé entrevoir la crainte que sa propre orthodoxie ne fût suspectée. «» Si j'avais à cet

* Voir le texte de cet édit, dans les Placards de Flandre,

égard le moindre soupçon, lui écrivit l'empereur, non-seulement je ne vous conGerais point le gouvernement des Pays-Bas, mais je ne sais si je saurais ou pourrais encore vous aimer d'un amour fraternel. » Il avait donc pleine confiance en elle, mais non, disait-il, en ses serviteurs, qu'il l'engageait, au surplus, à laisser en Allemagne. « Là, poursuivait-il, on souffre et on tient pour léger ce qui parait fort grave dans les Pays-Bas et ce qu'on ne peut y souffrir ; les nouvelles doctrines n'y ont été extirpées ou contenues qu'à force de châtiments. Or, si, d'aventure, vous y ameniez des gens infectés d'hérésie et que l'on suspendit les punitions, vous auriez toute la responsabilité K »

Loin d'être suspendue, la répression de l'hérésie continua sans relâche, et provoqua, de 1 534 à 1 550, des édits tout aussi sévères, tout aussi cruels, que les premiers.

Les dispositions du placard du 4 4 octobre 4529 furent d*abord confirmées par l'édit promulgué le 7 octobre 1534 , avec le consentement des états généraux et de l'avis de tous les conseils des Pays-Bas \ On y ajouta la défense absolue d'écrire et d'imprimer, ou de faire écrire et d'imprimer aucun nouveau livre, sans en avoir obtenu des lettres de permission et en outre l'autorisation de l'ordinaire, s'il s agissait de matières ecclésiastiques, «( sous peine d'être mis au pilori et marqué d'un fer chaud sous M forme de croix si profondément qu'on ne pourrait plus en efface oer la marque, ou bien d'avoir un œil crevé et une main «( coupée, à la discrétion du juge, qui devait faire exécuter la «( sentence sans délai et sans miséricorde. »

Un édit spécial du 47 février 4535 eut en vue les religieux apostats et fugitifs : il était ordonné de les appréhender et de

» Cette lettre est insérée dans les Analectes belgiques, p. 384 . — Voir, au surplus, notre Vie de Marie de HongïHe, chap. 4«'. ' HoppBRVS, toc. cit., — Correspondance de Philippe II, t. II, p. lii.

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