LIVRE VIII (i
Nassau. Du reste, il avait déclaré îtérativement que, Ic^rs même que le roi ne prendrait aucun intérêt è cette a^i^e ^ fimm sa cQpsciençe ne lut permettrait d'épouser une îex^tn^ qui qe ^^rait pas décidée à vivre dans l|i religioi^ cat|iolique ' . .
Pour sati^fpife davantage 1^, di|che^ de Parme ,. ïp prince, conformément £|u désir qu'elle lui ^vait ej^primé , étudiai^ lél^t de r^llem^ne e^ )ui ^n ri^^^it. cpoopte. I| lui mandailiidc^ Zei(s^ Iq 30 noveqibre, que les pr^estanis redoutaient fort que Ph^ippe .11 ne Stuae li{;u€| avec )e pape et le roi de France» ppur extirper, li^ifr re||gion, çt qu'il tâch^^t de les rass^urer '. Le 3S décen^^, .la du^cb^ssodeParine iu^ manda qn'^le dédirait yive^ ment son.retopr, parce qu'il survendit tous les jours des aifairies importantes, et i^urtoui à cause dp la mort d^i roi de France ^ Fraqyois l}, emporté prévue subiton^pnt le 5 décembre. ..
Tandis que le prince d'Orangp s'açben^Jnjait vers Brpda, Goi)teiit d'^vo^r r^^suré le roi et 1^ du^^iesse de Parme :sur ^n ^rthodoxie^ )e coqi^ de Sçhwartzçboujrg se rendit à. Pr^e ayec le capitaine alleipanc} Pei^^rgç Van Holj, (|s y afi^rp^i^reQt que. « je priftce inclinait ea §ieoret vers le prptestanlisQie, et qiue s U nVs^it pas Je laisser prêcher ouvertepient , la princesse jurait j>êan~ Q»oins jun prédicateur évapgéliqiuie ; >• quant ^uk eitfapfs qui o^Ur^ie^i ^e ce ff^is^f^^, h il^ aurai^t le titre d? margrave .et ser9|eptpourv(j|s d'un nevçnupnnu4fl/(J^ 70,000 flo^r'i^^ «h .
Quelque A^mp^ apr^^,» le,{)rince fit /Conq^itrp ^ .la ^uçli^aa^^dp- Parme et ^ Gr^pvelle, quie soi) m^ri^e était arrête. .C6p^daa<: on 0spérait. encorie , h |i|t jco^r de^^'MMl^s, qu'U si^vij^p^rait 4o nouveaux obstacles. On n'ignorait pas qu'un grand nombre de
' Lettrés de Giaavelle .au roi, di^ ti )oqtol;>r^^elt.du 2 apveaibr^ ,li>tiO. Papiers d'Èlal, t. VI, pp. 1 77 et 48|9.
' Cofretpondance de GuiHaume ie faeUurne, t. I^s p. ,^t>^. ' Archives de la mmson d'Orange, t. !«, p. {W. . ..r
344 LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE It.
protestants , à cause sans cloute du refus du prince de se prononcer ouvertetncnt jîour la confession d'Augsbourg, ne voyaient pas celte union avec ^faiétr. On savait que Je landgrave avait vu une conférence avec lé duc de Saxie «t s'était formellement opposé au mai*îagé, fe caDfôedela reHgion dà prince '. Mais le dtoc Auguste se éédda k pasëer outre. Le W février 1561 , il manda aU fHince dK)rangie qui! co^nsèntail à son mariage, malgré fes. appréhensions du landgrave. Ces appréhensions étaient cependant fondées. La duchesse de* Parme venait d'écrire au roi que le prince Tavait assurée de nouveau que , s4l épousait Anne de Saxe, eMe vivrait, sans difficulté quelconque, cathoKquement *: Mais, d'autre part, le prince avait fait affirmer à Télècteur que ses sentiments étaient très-fa voraWes à ïa réforme; même, lors de son séjour à Dresde l'année précédente, il avait suivi assidûment le service évangéKque '. il refusa , toutefois, malgré les instances de Télecteur, de s'engager par écrit à )propager la religion évangéliqae et à y faire élever ses enfants <. H s'efforçait de tourner la difflcuHé. Aux inquiétudes manifestées par l'électrice de Saxe touchant la religion de sa nièce, il répondit « qu'il ne l'occuperait pas de ces choses mélancoliques, mais qu'il lui ferait lire, au lieu des saintes Écritures , Amadis de Gaule et d'autres livres amusants du même genre. » Il avait fait dire à la princesse, par son frère Louis de Nassau , de repousser toutes lès instances relatives à la religion par ces paroles : « S'il pkilt à Dieu que cette affaire vienne à bonne fin, nous nous accorderons bien. . . n Le prince ne se comportait pas avec plus de
' Lettre de Granvelle au roi, du 4 février 4561 , dans les Archives de ta maison d'Orange, t. !♦', p. 69, et dans les Papiers d'État, t. VI, p. 263.
* Lètlre de la duchesse de Parme au rôt, du 1 1 mar^ 1 561 , dans la Correspondance de Marguerite de Parme, j). î,19./ •• ■ ''
* Archives de la maison dVrange, t. H, p. fOl •
* Ib., prolégomènes, p. 202. *
uvKB viM (1501). 545
franchise è l'égard du roi, de la gouvernante et de Granvelle. <Jui aurait f)u douter de son orthodoxiie ? Il dffectiait de pratiquer publiquemaH le catholicisme ; étà c^le époque même, il ifaisai^ publier dans la pôneipaoié d'Orange de > nouveaux' édita, plu$ sévères, contre tes hérétique: il itiformaiMe pafpe ^li-it d>valt donné ordre de punir de p^oscriptiàb et de ûonfiscditioo'des foien$ tous ceux qui enseignaient contre la doctrine cath^iique '. Cependant Granvelle n'était pas eintièrement rîissuré' quant aux conséquences du mariage, ators irrévocablement décidé. «< Dieu, disait-il, en tirera peut-être quelque avantage pour son service ; mais s'il ne faisait pas un tel miracle, je crois bien que , au fieu de relever i'éclat de sa maison (but auquel il prétend viser exclusivement), le prince ne se voie plus tard plongé dans de graves embarras , ainsi qu'on le lui a souvent et amplement donné à cntondre ^ » Ces paroles étaient prophétiques.
Le 13 juin, Guillaume de Nassau informa Philippe II que ses noces seraient célébrées à Leipzig le âôaoût, et il le priait d'y envoyer quelque personnage de sa part afin de faire eonnaitre aiix princes et s^gneurs, qui.seraieot là en grand nombre, que le roi d'Espagne 4ui était un bon maître. Philippe H répondit, le ^ juillet, qu'il accueillait favorablement cette demande ; et, en eiîet, il chargea la gouvernante des Pays-Bas de désigner un chevalier de Tordre de la Toison d'or pour assister aux nooes du prince d'Orange et présenter à l'épousée , de la part du roi,. un« bague de 3,000 écus. Marguerite choisit Floris de Montmorency, baron de Montigny, qui eut aussi la commission de reniettre à la princesse un collier de perles de Ja part deia régente des Pays- Bas. GuiBaume aurait voulu se faire accompagner de tous les
ï Archives de la maison d'Orange, i. I»"*, pp. 93-118. ' Lettre de Granvelle an roi, du 42 juillet 1561, dans les Papitrs4'Éfat, t. VI, p. 333.
3V( LKS PAYS-BAS SQIIS PHILIPPE II.
gonvemeufs, sea coHàgufia; mais )a ducheseed^ Parme s'y op^^ posa, préteittaotles besoins <)a pays et la situation de la France ^ Le prince étdit, au surplus, ohargé d'une oiisaion diplomatique : il. devait. teoir note des dispositions que les princes de l'Empire feraient peiraitre ooneernaat )a dignité de roi des Rc^ mains, toi^U^. désirée par HâUppe II ; si on mettait en avant Maximilien.d!Autriohe> roi de Bohême, il devait pourtant se garder de combattre $a candidature, aQn de ne pa^ Imèer 8<mpçonner qu'il y eût mésiotell^eoce tertre le^ deux branches de la maison d'Autriche '. .
Au jourfiKé, c'pst-à-dire le 2^ août, le mariage de GulliaMme de Nassau €i d'Anne de Saxe fut célébré solennellement dans l'église de Saiot^I^icolas de Leipzig, et les fêtes se prolongèneol pendant huit jours à l'hôtel de ville. L'électeur Auguste âait venu avec toute sa coui* et plus de quin7,e cents chevaux ; le prince d'Orange avec une nombreuse suite de nobles des Pays- Bits et du comté dO; Nassau et plus de mille chevaux. Le nom* bre des invita s'éleivaii à plus de cîoq miille : on y .remarquait dijL<«ept princes parmi lesquels te roi 4e Danemark,, les éieoteiurs du Brandebourg, et de Cologne, Jas idacs de Brunswick et de Clèves. Le landgrave de Hesse avait demandé qu'on ne lïnvitàt ni lui ni ses flts; cependant U ne tarda point à se radou*cir, et il envoya une obaipe d'or à la priacesse ^ Pendant les cércmooies do mariage, le prince avait gardé la même- réserve
> Comspomiimct lie M^urguêrite de Pantne, pp. â80u>fiS6, et Sveada, lib. m. -^ ËUeécriTit nodtOinientaucoBBfVed'freBhei^, qui lui avaiimM;nife^^ Ji'iBleiHioi^ 4';^çfiçwp0gaer te pcii^çp 4*Pi]pinge, q/^f^ie ijv^i t. résolu de ne donner congé à aucun des gouverneurs, si ce n*était après avoir prévenu le roi et entendu son bou plaisir. Documents historiques, t. XI (Archives de l'État). . •
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