‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 132 sur 177 · LIVRE vui (15C3). 5li · texte numérisé non relu

LIVRE vui (15C3). 5li

due à la justice, et à amener finalement la subversion de l'État. Pour prévenir les desseins hostiles que Ton pouvait nourrir contre les Pays-Bas, dont la prospérité avait toujours excité Tenvie de leurs voisins, la gouvernante, s'appuyant de l'avis des seigneurs, demanda que les états des diverses provinces nommassent des députés avec pouvoir de lever sur leur crédit, le cas de nécessité arrivant, telle somme qui serait jugée nécessaire. La proposition particulière faite à chaque députation indiquait le taux de la somme que l'on attendait de ses commettants. Les provinces, du niolns la plupart d'entre elles, se. conformèrent à la demande delà ré|[ente '.

Cependant Philippe II, loin d'envoyer des troupes dans les Pays-Bas pour les protéger contre la France, venait d'ordonner à la duchesse de Parme de faire marcher deux mille hommes des bandes d'ordonnance au secours des catholiques français et même de renforcer ce secours si Catherine de Médicis et les princes de la maison de Guise en exprimaient le désir. La gouvernante, ayant communiqué les dépêches du roi au conseil d'État, n'eut pas de peine à reconnaître qu'elles contrariaient les sentiments de tout le monde '. Du reste , Granvelle avait déjà averti GonçaloPerez que les seigneurs et le peuple des Pays-Bas ne verraient pas de bon œil que l'on secourût les catholiques de France, ni que le roi voulût les entraîner dans une nouvelle guerre, après qu'ils avaient tant souffert des luttes passées \ Le prindlB d'Orange et le comte d'Egmont déclarèrent que les bandes d'ordonnance étaient entretenues par les provinces dans l'intérêt du pays ; partant, qu'il fallait attendre le consentement des

1 Des anciennes assemblées nationales, § 11.

2 Stbada, lib. UL

' Leltie du M mai 1562, dans la Correspondance dé Philippe II, 1. 1**"» p. 204.

provinces pour les faire sortir des Pays-Bas, mais que c'était une affaire de longue résolution et quil y avait danger d'essuyer un refus dans un temps surtout oii il convenait plutôt d'augmenter les forces du pays par des forces étrangères que de te dépouiller des siennes. Peut-être avaient-ils u» autre motif. On croyait qu'à ta sollicitation dU prince de Condé quelques princes protestants d'Allemagne* avaient menacé d'attaquer les Pays-Bas, si l'on donnait secours à la maison de Guise*. C'était là un bruit qui n'était pas- sans fondement et qui' s'était répandu en France et même en Italie' ?*, Le prince d'Orange, en s'opposant au départ des bandes d'ordonnance, voulait-il plutôt favoriser les huguenots de Fraii<ie, k) pao^ii d»-Gbndé?>Toi6i}Ourb est-il qu'il lui rendit un service indîfeet. En résumé; la duchesse d« Parme n*insîstil que feiblèment sur la demande dli roi*, soft qu'elle désespérât de vainére la résistance des provinces, soit qu'elle craignît également et du côté de l'Allemagne et du côté même des Pays-Bas. H est certain que beaucoup de nobles ou autres, qui inclinaient vers les nouvelles doctrines, suivaient avec une sorte d'anxiété les mouvements des huguenots; qu'ils étaient eomme à- l'affût, espérant le succès *. La régente écrint au

I Stradax, lib. IIE

^ Lettre de Prosper de Saint^-CroîJL, évoque d'AIbe et nonce dU pape à' la cour de France, au cardinal Borromée, du 20 juillet 1562. •:- Lettres du comte de Sctiwartzbourg au prince d^Orange, dans les Archives de ta maison d'Orange-Nassau, t. I<*, p. 158.

* Granvclle au roi , 42 mars 1562, dans les Archives de la' mnisow d'Orange-Nassau, 1. 1, p. -126.-- Dans une lettre précédente du 15 décembre 1561 , également adressée au roi, Granvelle s*exprîmait en ces termes : « J'ai sous les yeux certaines gens qui affectent un enthousiasme extraor- V diuaire pour tout ce qui se fait chez nos voisins, les élevant jusqu'aux <* nues et nous rabaissant dans la même proportion ; ils cherchent à semer « les craintes et nous disent abandonnés de tout le monde. Je puis me

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