‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 133 sur 177 · LIVRE vni · texte numérisé non relu

LIVRE vni

roi qa'ii lui peinait dans l!àine de n'avoir pu exécuter ses ordres; mais que le service métoe du prince et la conservation des États qu'il savait confiés à son gouvernement avaient dû être sa règle. Granvelle disait', de son côtéi à Gonçalo Ferez que les PaysrBas n^étaient pas eoniBiê l'itàlie et le Milanais , qu'avant d'y envoyer, des- ordres aussi absolus, illfallait;y preadre conseil sur ce qu'il élaiti possible d'exécut«r. Il écrivit au roi bii>-méme que lesétate^ne payeraient paâ un toaravédis aux bàhdêsd'ordonnante si on voulait envoyer celles-ci en France ' . Arrivèrent alors des lettres plus : pressantes par lesquelles Philippe II enjoî*gnait à la gouvernante que, sans' délibérer 'davantî\ge„ elle envoyât en. Fïanca les bandes, d'ordiwînanee des Pays-Bas... En rteevanl celte dépêche^ la ducb^S6«:de Pacn)« se trouva dan» b plus^ grande' perpl«xit[éji ne diwi tant paa de l?éfn«tion qu'oMecattr serait. En effet, l'ayant coiamuniquée au prk€e> d'Qrajsge et au comte d'Egmont ainsi que la copie de la lettre écrite par te rei à son ambassadeur à Vienne , ils s'en montrèrent étoneés et Consternés, s'imaginant cfue tout se fàisaH potir Iwir attirer la disgrâce du seuvei^aiB, puisque l'ifnpossibiUté de donner secours aru roi de France était notoire, à^ moins qu'on ne voulut la perte et la ruine totale defrPaysrBas* La duchesse les engagea à y ré^ âécbir pour que la. chose se traitât le jour suivant 4. août au conseil, lis assistèrent l'un et l'autre à cette séance, quoiqu'ils eussent dii qu'ils n'y viendraient pas. Granvelle^ le comte de

« tromper, mais je cwiâïdère leurs liaisons comme suspectes — y^- Papiers d'Ém, t. VI, p. 458.

' Correspondance de Philippe II, t. 1, p. 2Ô6. —■ « 11 est impossible» écrivait-il au roi le 16 janvier 1562, de déterminer les gens d*ici à porter secours au» catholique de France :. ils craignent d'entrer par là en guerre

avec les Allemands, et ne le veulent pas On parle avec une telle liberté,

qu'il est à craindre, à tout moment, qu'on ne provoque le soulèvement du peuple » Ibid., p. 199. • .

3<0 LES PAYS*»iS SOUS PBIUm If.

Hornes et le président Viglius s'y Iroavaieot aussi. On représenta de nouveau les inconvénients qu'entraînerait Texéeution des ordres du roi. On ajouta que , pour faire marcher ies bandes d'ordonnance, il faudrait l'agrément des étals ; que la réunion de ceux-ci exigerait au moins deux mois, et que leur réponse pourrait être négative* La duchesse, désespérant de surmonter cette opposition, crut devoir se rendre aux raisons émises dans le conseil. Elle amena toutefois les seigneurs à eonsenttr qu'un secours en argent fût donné au roi de France, au lieu d'un secours en hommes. €e subside fut fixé à la somme de 50^000 écus '.

Philippe, en apprenant ce qui s'était passé, fut très-mécontent de l'opposition des seigneurs ; mais il crut devoir dissimuler son ressentiment. Adoptant la proposition de la gouvernante, il résolut d'envoyer au roi de France un secours de 30,000 écus par mois^ et il ordonna , de plus , que Charles IX fût secouru de 1 )500 chevau-légers do cAté de ritaiie. au lieu de 2,000 chevaux des bandes des Pays>«Ba$ '.

Il est d'ailleurs avéré que le prince de Condé négociait avec les Allemands et la reine d'Angleterre, alors que le due de Guise réclamait l'assistance de Philippe II en faveur des catholiques français : i< Il est bon, disait Granvelle, que le roi soutienne les « catholiques de ce royaume. Il y va de la conservation de M la foi catholique non-seulement dans ce pays, niais aux Pays- « Bas, car, ici, il ne se parle d'autre chose que de ces mouve- H ments de France, et de telle manière qu'on voit clairement u qull y en a beaucoup auxquels il ne déplairait pas que les •< choses (oumassent mal ; et, si cela arrivait en France, bien-

1 Lettre de la duchesse au roi, du 6 août 4562, Convspondance de Philippe !I,i.lp,%^,

* Lettre du roi à la duchesse de Parme, du 23 décembre 1562> dauB la Correspondance de Philippe 11, t. I" p. 231,

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