‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 138 sur 177 · LIVRE VIII (I5tiâ · texte numérisé non relu

LIVRE VIII (I5tiâ

Par des dépêches, écrites à Madrid le 23 décembre, il enjoignait à la gouvernante de remercier' en son nom le cardinal de la conduite qu'il tenait, de l'exhorter à y persévérer, et, toutes les fols qu'elle verrait l'occasion de le réconcilier avec quelqu'un des seigneurs, de ne négliger rien pour le faire. U trouvait singulier qu'on regardât ce prélat comme étranger, parce qu'il était né en Bourgogne, tandis qu'on ne disait rien du prince d'Orange ni d» côtoie de Mansfeld , qui étaient nés en Allemagne. U ordonnail également à la régente de continuer à s'opposer à l'assemblée des états généraux, à l'établissement d'un surintendant des afiaires deBrabant, ainsi qa'à la réunion des évéques et prélats proposée parle roarquiè d^ Berghes. Cette assemblée serait des plus pernicieuses , disait le roi ; la duchesse n'y devait consentir à aucun prix. Il voulait encore que l'on ehercbàt à enlever le gouvernement du Hauiautau marquis de Berghes : pour, arriver à ce but, il écrivait au marquis qu'il eût à résider ds^s son; gouvernement ; de son côté, la duchesse devaitilui pacler catégoriquement afin que ce seigneur remplit son devoir, ou sinon il fallait le. destituer. Le roi écrivait aussi à Simon Renard pour lui commander de se rendre en Bourgogne. 11 désirait enfin que la gouvernante pût inviter le prince d'Orange à s'abstenir d'assister au oonseii d'État quand on y traitait des affaires du Brabant, ou bien à ne pas prendre part aux délibérations d^ l'assemblée provinotaJe '.En outre, Philippe II fît savoir à Granvelle qu'il approuvait le dessein d'introduire la division

' A cette prétentiou, la duchesse répondit le 42 mars (4 1^63) qu'elle ne voyait pas comment, en Tabsepc^ du roi, on pourrait inviter le grince (]*Orange à s'abstenir d'assister au conseil d*État, quand il s'y traitait des affaires des états du Brabant, ou bien à ne pas intervenir dans les assemblées des états, puisque du temps du duc de Savoie, et le roi étant présent, il agissait déjà comme il le fait aujourd'hui. Correspondance de Philippe II, t. I", p. 242.

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parmi les seigneurs» si la mission de Montigny ne mettait pas un termie à teur mauvais vouloir contre lui/ «t Mais il faut tâcher^ disait-il, d'amener cette division de manière que Tej^aspération de ceux qui sont animés de mauvaise volonté ne s'augmente pas, surtout s'ils ont plus de pouvoir que les autres pour mettre à effet celle-<;i ; et, par ce motif» ^1 convient essentiellement de procéder avec beaucoup de circonspiection. » Enfiû le roi remerciaiC le eardinal de l'offre^ qu'il lui avait taiàe ée résigner rar^chevêche de Malines et de venir à Madrid. « Quoique je fusse Ijrès^joyeux de vous voir» lui /disait^îl/ et que ¥ous puissiez ici me rendre de grands services, cependant vous nse sere2 encore plus utile là-bas. Ainsi je préftee que vous continuiez à&ire ce que vous faites aujourd'hui^ et dont j'ai la satisfaction qiie votre conduite mérite, ne croyant pas d'ailleurs que les choses puisrsent venir au point qu'il eu néstdte des conséquences fâcheuses pour vous* » 11 annonçait enfin à sa sœur qu'après avoir tenu , daus l'année qui allait commencer, les certes de Gastille et celles d'Aragon, il aviserait au moyen de se rendre a.ux Pay&-Ba»; il dfôait la même chose au cardinal, mais en ajoutant que s'il, y allait sans argent, ce voyage aurait plus d'inconvénient que d'avantage s

Le 17 janvier 4563/ la duchesse remit au coiiseliler Renard la lettre par laquelle Philippe II lui ordonnait «d'aller servir en Bourgogne et de s'y trouver dans un mois au plus tard. Renard, comptant' sur l'appui des seigneurs , fit entendre les plaintes les plus vives : il dit qu'on lui faisait un grand tort , que ce n'était pas là une digne récompense de ses services de tant d'années ; (5t il imputa la décision royale à Granvelle. il représenta aussi que sa santé ne lui permettait pas d'obéir à l'ordre du roi, et que d'ailleurs il n'avait aucun emploi en Franche-Comté. Il alla

» Correspondance de Philippe ïï, t. !«'', p. 231 et suit.

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