‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 147 sur 177 · LIVRE vijj · texte numérisé non relu

LIVRE vijj

olle, qu^ Voire Majesté Deaauraii riqn fai^re d^ plus préjadidâble à a^;service qM.e de laia^^r cette affaire en. suspens, tandis qu'dljB gagnefditiJ^eafUGoup j^ venvqyei: pronjiptieineDt ArmenterAS, avec la résolqtion ; qu'elle aurait pr^so^ la conservation de. ces prj(^'tfic^ '^t (^'Mne e;i^tré|ne importapce pour celle des aijitr^ Étai$ et roys^uipesde Yotne Majîest^ Il n'y a pas 4e temps, à perdre::. je r#^t^ qu'il y atdeji'irritatipnd^ns les esprits. Qhac^ icicroit voir que Votre lfaiesl4>^/69tt€ie peu de ce. pays, etqu-elle roubiie;et>le déiais^^ Je ne saurais dire combien la naiioq est IJiesséede CïBtte;îdée; payajusquîà assurer que Votre; Jlajeçtéa prè^ d'elle des ministires qui lui q[)ns€|il|ent de t^nfr ces prqvincçB danS'le besoin^ €omn>e. moyen de les réduire ainsi à .l!état de payscoï^uis ^ »' i.

rQuelque temps après, la duchesseinsista de nouveau: sur une prompte résolution. Le comte d'Egn^ont était le seul des seigneurs alors à Bruxelles. Il était vçnujui dire, avec anifnation, que tous étaient informés: qi) 'on parlait d'eux auprès du roi. d'une majûère fort étrange : qu'un avait fait entendre à Sa Majesté que»; si elfe venait aui; Pay&^Bas av^ç^.une armée « elle n'y serait pp8;refiue ; que leyioe-m de Naplqs avait avancé, dans une ceptaioe réu« nion, qu'ils couraient à leur pertç. JLqjouta que U>^t (jela.deyait pifQCéder de leqrseDviea;^.; qu'il$ pe Qrpyaient pas devoir s^ j^stitiçr auipr^ dci r<à«; 9tteGtdVi qu'ils se sentaient forts de. leurs bQnfiesi|iitc)niti[9nset del^ui! {^délité, mais qu'Us craignaient pourtant, que la calomnie .ne AbH par Ç^ire impression $ur l'esprit de Sa Hsijesté. La ducheasq s'était efforcée de le désabuser et de l'assurer qi^ie le. roi ayait^ute confiance dans les seigneuF^:^ ^t particulièrement en lui. 11 s'était mis alors à déplorer la situation dans laquelle se trouvait le pays, exprimant la crainte (j[ue qbel-

' Lettre dç.Ia duchesse au roi, du 5 janvier 1564. Cwreupondame de Philippe II, t. I«r, p. 280.

4fO LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE II.

qbe tumulte n'y survint; disant qu'en ce cas on n'obéirait point aux ordres que la duchesse donnerait, tant que le cardinal de OranVéile assisterait au conseil d'État ; déckirant enfin qu'il voulait aller à l'étranger jusqu'à ce que ie roi eât prié les mesures réclamées par l'état des affaires. La duchesse, en lui répondant sur ces diâërents points , l'avait prié surtout de ne pas l'abandonner, dans un temps oCi H9dn concours lui était si nécessaire \

Quant à Granvelle -, il aurait voulu, pour couper là source des bruits répandus dans les Pays-Bas sur tes intentions du roi, que l'on ouvrit les lettres qui s'écrivaient d'Espagne par des particuliers. Il insistait de nouveau sur la nécessité de détacher Ëgmont des autres seigneurs : il lui croyait un cœur droit et de bonnes Intentions, et seulement égaré par les autres ^ k Son voeci intime, disaitril un peu plus tard, serait que chacun s'occupât de cahner ces seigneurs , de leur ouvrir les yeux , de les ramener dans la voie du devoir envers leur souverain ; ce qui le«r serait plus honorable et pmfltaibie que de se soumettre à une foule â'hommes vils et à ce méchant animal nommé le peuple , qui pourra bien quelque jour les payer de sa moinnaie ordinaire, c'est^dire les entraîner dans une ruine complète , tout en éoAipromettant gravement la cause âii souverain ^..»

Philippe H avait, sùî^attt sa côùtunie, vdUlo lotigtemps délibérer avant de prendre une résétutien; el oe^e fiaiit pas à luimême,' il jugea utile de consulter un personnage qui joâfesait de toute sa éotifiance* C'était le duc d'Atbe, alors à Hueëca. Le roi lui écrivit de Monion, le 43 octobi^ 1563; pour rittforinèr dé l'arrtf ëé d'Arraenteros el de la détei*!*ihatlon^ prise par le fjrince

1 Correspondance de Philippe II, lettre de la duchesse au roi, du, 24 janvier 1564^ p. 283.

» Ibid., t. I", p. 284.

^ /M'ff., t. I*»,i]r. 290. Lett^e de'QrahVclIè atï roi, dû îé février «564. Voir aussi les Papiers d'État, t. VU, p. 368.

LfVM VIII (t5€4). 41!

d'Orange et les comtes d'Egtôoiit et de Bornes de ne plus assister aux séances du conseil d-ÉtQt ; ii demanda' Nvis du duc sur la réponse à faire è la lettre des trois seigneurs, et son opinion sur leurs plaintes contre te catillnal de Granvelle et ropportunité de laf avenue du comte d^Egmont en E^gne. La réponse d« duc d'Albetévéla tonte la violence de eà^ èaradtèt*e et de la haîrte qu'il Tossèniait èontre' la riôbléssettès Pays-Bas: « Chaque fôfe que je volg les lettres dé e^s troî^ seigneurs de Flandre, écrivit-il au roi, elles tne transportent de c(^ère an point que, sijè ne m'efforçais de la rnàîtriser, je crois que mon opinion paraîtrait à V, M. celle d'un homme frénétique. Retirer des Pays-Bas le cardinal, comme ils le prétendent et oiit eu Teffronterie de le proposera V. M., aurairde grands inconvénients. Les châtier serait le parti le plus juste; mais, comme il n'est pas praticable en ce mopïent, ce qui me semble le mieux, c*est d'employer tous les moyens possibles pour les diviser; et, puisque M. d'Egmont écrit qu'il esl disposé à venir, si V. M. veut l'entretenir des affaires de son service, elle doit lui mander de se mettre en route le plus tôt posçible et lui faire des earèsses pèùriè détaiôhér de la -ligue/ Cte résultat obtenu, elle poui'râ faire ressentir son méconteateinent à quelque&i*uhs des autrbs, en- même temps qu'ell» repeindra ses faveurs sur M. d'Egiïioht et sur ceux qu'il auraiga^ès ijudque ïà, 1) faut éviter d'èxci^èi* daVantétge^là mé-^ ohaneeté des premiers. Ceux sur qui doit tomber le mécontentement de V. M. sont ceux auxquels ne doit pas être infligé un châtiment pluafort : quaiit h ceux qui méritent qu'onilelir coupe la tête, il faut dissimuler avec eux, jifêqu'à ce que cela se puisse faire. » Enfin le duc oônséille au roi do ne pas répondre à lu lettre des seigneurs et de leur faire dire, par la gouvecnante, qu'il n'a pas été satisfait des raisons qu'ils lui ont exposées, et qu'en conséquence; il leur ordonne de retourner au conseil. Trois mois se pasgèrentv Le roi , toujours irrésolu, adressa, le Hdé^

41 s LES PAYShIMS SPUS PHILIPPE II.

cembre, unç qoiiyeUe lettre au ducd'Atbe. 41 lui semblait que, ^ dans l'état où étaient tes ctos^, il :conrieoaitde'faiFe sortir le cardiaal des. Pays-Bas ^ .ppur.qiielqqes oiois^ en f)renant pour prétenHeme naission spéciale dontil serait chargé près de l^mpi^reur, et après raçcpnoplisBemeQt de laquelle il rihiit en Bourgogne voir 3a mère. « Pe^anjt ce temps,* on virait, âisait*il, qi^elle tqfn^nura^preodraieqt leai.ftSaires 4e Flatidre et oommentjse disposeraient .à y porter TremèOa ceuji qui: prél^ideai actuellement ne^efu/^r de le faire que parce que la présence du c^rdipal y «net obstacle ; puis, selon 1q réaaltat, i(»i aviserait aux moyens les plus convenables, n. Il Iqi faisait r^mâirqU^r aussi que la haine centrei le cardinal ne se ra)eBllss&it;;point/ et que Ton avait tout Ueu de.jcraindre que ses adversaires n'en prissent texte pour se porter à quelque excès, au point que le prélat avait écrit en Espagne même et à diverses personnes qu'U prévoyait être obligé quelque jour de sortir des Pays-Bas. Mais, d'autre part,, le roi trouvajit de8 inconvénients dans la venue tardive du comte d'Egmqpt. Toutefois i| voulait encore, dur ices.deux points, savoir ce que pensait le duc d'AJhe; Celui-ci répondit le 22 dé-* cembrequ^il. ne:doutait pasigue llinafolcsnee des trois isdigQéurs n'augmentât ch9que jwr ; qu'il était convaincu aussi que le cardinal ^serait leur pnemiére victime, parce que le principe ordinaire de:toA:|t.sou,lèyemeiit çontrQ li^ souverains est.de s'attaquera quelqu'up.de leuirs. ministres. Il ne. pouvait se persuader, maigre cela, que le raj^ du cardinal convint au service dû roi. Il craignait que cet^. concession ne passât, aux yeux de^ gens qui lui :étfiient;hostiies, pour le désir de tenter un expédient plutôt que pour l'envie «d'essayer un remède. Or, poursuivait-il, si le roi cependant Jugeait à propos de prendre ce parti, il croyait qu'alors le cardinal, sans en demander la permission sii au roi ni à la gouvernante, devrait se rendre en Bourgogne, et de là écrire à tousdeiix qu'il avait quitté les Pays-Bas parce; qu'il n'y

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