‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 148 sur 177 · LIVRE vm · texte numérisé non relu

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était'pias en sûreté.' Ehi' reste, il persistait à croire que te venue duîcemte (FEgmoatseHait opportune ».

Philippe 11 ne prit de l'âvîs du doc d'Aîbé que ce qui convenait à son caractère ir^rësoïuet soupçonneux. Après un dérài de six mote, péAdant lequel il n-avait laissé entrevoir ses intentions dôfiiiifivesà aucun die ^Sés'ifamifîèrs », îl se décida enfiri'fr sacrifier le eardiBiEHdé€rarivelte, mais en tenant? éet acte égàïéttient seeret,de'mÈin!èrè à sauver sa dignité et dé manière aussi à ne pas a\'6ir l-aîr de favoriser les prétentions des seigneurs; La prépoiidéjpahcé acquise en l^riance par les âdverslafiréè des Guises côhtenëitson'îfritàitlon: Oblife^(fe céder,' il pensa qull était à prbpôs; pour côhiserver son ùlitôrité Itotit entière, de faire de luiméméi ce ; que peut-^tt-è la nécessité eût hôntéaisenfient arraclié flèiseb'itnains'^-'-^ ' •• '■■'■ " '•' • *• •

•Lé''23 janvier f564, le roi, toujours à Monzon; commanda à Tomes Armemeros de retourner dans les l^ys-Bas et lui donna' dnèf instruction qui répondait aux divers points de Tôxpo^é remis par taduche^ de Parme à son secrôfaire:-Oaant à là feligîon,' le roi voulait iJuie-îli^S' héWti^ueis ftiôsënt dhàtîés. Ouahl à la convtdCdtloh dbs^tals générauîx, U dUchesëé devait s'en excuser par tous feymoyenàf possibles, et si 'orî la pressait trop pour ëela, elle d^âît en référer au. roi. 11 avait reçu, dîsait-^iî, une lellre'du prince d'Oangé et des coftjtes d'Egmont et de îlorhes, tfccompagnée du mémorial qu'ils avaient présente à la régente. Cette démarche de leur pân lui avaîit beaucoup déplu , ainsi ^que

* Correêpondance àe Philippe II, t. l«^'p. 272 et sUiv., et les f^apiers d'Éiaf du cardinal de Granvelle, t. VII, pp. 229, ^8 et 27».

3 C'est ce qpi résulte d^une lettre adressée par Cbdrl0s de Tistiacq du cardinal de Grapvelle, le 30 décembre 4563; le roi coupait court, par des paroles générales t à la curiosité de ceux qui rapprochaient. Voir Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. VII, p. 304.

* C'est l'opinion de Strada; liv. IV.

414 LES PAY9-*BÂS SipUS PHILIPPE II.

la publication faite par euK de leucui^naoridl* Il <ivait ordonne de leur répondre qu'il avait .vu leur lettre-, qu'il n'y avait pas répondu plus tôt, h cause des occupations que lui avaient données les cortès d'Aragon ; qu'il $'était fort étonné qu'ils eussent cessé d'assister au conseil ; qu'ils devaient y retourner et montrer par là qu'ils mettaient son service et le bien du. pays avant toute considération parti^Mlière ; et, en ce qqi touchait Gf^anveil^, que, puis, qu'ils refusaient de spécifier les griefe qu'ila avaient contre lui, il voulait encore y penser. Gejtte lettre dum et sèche pQiji;Vdit exaspérer les personnages les plus puiss^nta des Pays-Bas si le roi n'en atténi^ait pas l'eSet^par une décision qui leur fiU agréable. Ausfsi Philippe jugeaH-U. prudent .de rejLenir le -courrier des seigneurs ^ qi^i devait leur remettre cette lettre, jusqu'à 0î qu'il présumât qu'Armenteros fût arrivé à Bruxelles et <|ull eût remis au cardinal de Granvelle les dépéchçs destinées à celui-rci. Parfni ces dépêches se trouvait une lettre, 4)ui sacrifiait le minis tre, et. qui était signée depuis la veille, bien que l'instruction remise à Tomàs Armentergs- portât que, h l'égard du cardinal de Granvelle, le roi délibérait et qu'il. ferait connaître à la duchesse le parti auquel il se serait arrêt^. Il ajoutait qa'il était couvaineu des bons effets que produirait sp. présence ^aux Pays-^Bas; qu'il désirait vivement faire ce voyage, mais qu'il «^vait taut de choses à régler en Espagne qu'il ne savait quand il pourrait l'effectuer; que la régente devait néanmoins entretenir les espérances des seigneurs des Pays-Bas à cet égard '. Armenteros était encore porteur d'une dépêche adressée à la duchesse de Parme, et par laquelle le roi lui faisait parvenir deux lettres différentes et autographes pour le comte d'Egmont : l'une, datée du 4*^ janvier, pour l'inviter à se rendre le plus tôt possible à sa cOur; Tautre, datée du 22, par laquelle il le remerciait de son offre sans Tac-

î Correspondance de Philippe II, t. P^, p. 283.

imB vui (1564), 413

ceptQT» Enfin , le roi avait fait écrire h d'Egmont et ^u prince dOrange , par 3on secrétaire Erasso , qu'il plaçait . une grande confi^ce en e\kx\ qu'îLse flatlaU donc quei non^seulement ils obéiraient à ses ordres, mais qu'ils 3'appliqueraient à écartçr les iiK^niv^entçi qui pourraient compromettœ son service et le biai du pays K Ces lettrf^ avaient été également confiées à Armenteiios.

Gelnjhci, que l'état de sa santé oWigf^ait.à voyagera petites jpuroée», n'arriva èBraxelIes que dans les derniers jours du mois dertévrier^'llreait au prince; dlQraiîge et çiu/comte d'iEgmont; les lettres partioiriièros qui leur étaient adressées , il remit aussi/ aii eardinal le paquet que le. roi lui avait donné pour lui. Granvelle trouva dans le pli de Gonçalo Ferez une dépêche du rot, ée 9a niain et en chiffras. Elle portait en tète : Demam del Refiy' sécréta* Minutée par Gonçalo Ferez, elle avait été transcrite par Philippe II ' et contenait sa résolution; secrète* Le roi disait h Granvelle qu'il avait beaucoup considéré, dans toutes- les lettres que qeljafeçi lui avait ^adressées pç^ndant le;;? dernier^ mois, la rnauvai$e volonté que quelquejs^uns eivaiopt ^ soa.égard dans lea Pays*Bas et notamment le soupçon que, si ceç mécontents evr venaient à des excès, le cardinal serait leur première victime. Il avait considéré surtout lavis que donna au cardinal le curé de Saihte-Guduleet ce quil avait appris touchant le Génois qui s'entretient à Weert^. « Choses qui m'ont mis en peine, ajoutait « Fhilippell, non-çeuleipent àcausedu prix que j'attache à votre

ï Voir Correspandance de Guillaufneie Taciturne, t. U, pp. 64-65.

' M. Gaçhard a trou?éla mioute de Ferez dans les Archives deSUnauca». . Voir&JT cette découverte une notice du savant a^phiviste, dans les fhdletins de r Académie royale de Belgique, t. XII.

-* A propos du bruit qu'on avait fait courir de Tassassinat du roi, Granvelle, dans une lettre à Gouç^lo Feresi, du 24 janvier 4564, dit que, dans un temps de dévergondage comme celui où il écrit, le roi doit se tenir sur

«( vie, qoi importe tant poiir mon service, mais aussi poor les «( suites qal seraient à craindre, sil vous arrivaiC quelque chose! « Par ces motifs, j'ai pensé qu*if serait bien, potir laisser se èal- « mer la haine que ceox-i-là vous portent, et pour voir comment «( ils remédieront aux affafires des Pays-Bas, que vous sortissiez «c de ces provinces pour quelques jours, et cela du su de ta du- «( chesse de Parme, et avec la permission que vous demanderez à « cet effet. Je lui écris qu'elle vous la donne, sans qu'il paraisse «( qu'elle ait d'ordre d ici pour cela, et vous la prierez de m'éerire, « afin que j'y donne mon approbation. l)e' cette manière, mon « autorité , ni la vôtre , ne recevra d'atteinte , et^ selon la tour* «( nure que prendront les choses, il sera donné ordre à votre « retour et aux autres choses qu'il y aurait en* outre à r^er. «( Prenez les précautions nécessaires poikr que votre personne ne <t coure aucun risque ; je ne cesserai , de mon côté; d'avoir Tœif « âi ce qui touche votre honneur et réputation, puisqmïl y va « également de la mienïié. » '

Depuis quelques niois déjà Granvelle prévoyait sa chute. Il ne s'était pas borné à demander au roi l'dfutorisation de lé servir à Madrid , il avait cherché à employer dans le même but le crédit

seft gardes, et il ajoute : « Moi, qui ne «uis qu'un ver de terre, je suis me^ nacé de tant de côtés que beaucoup doivent me tenir déjà pour mort ; m^is je tâcherai, avec Taide de Dieu , de vivre autaat que possible, et, si Ton me tue, j'espère qu'on n'aura pas gagne tant par là. • Correspondance de Philippe II, t. ï«', p. 284. — Gonçalo Perez lui écrivait de Barcelone, le 49 février : « Que votre seigneurie révcrendissime veille aussi pour elle, car il en est' bien besoin, et certes,' je ne sais comment elle peut être tranquille. » Ibid., p/289. — Dans une lettre au roi, du St janvier, le cardinal disait qu*il lui venait journellement de nouvelles menaces. « Je veillerai, avec Taide de Dieu, à ma sûreté, disait-il , et si , malgré toutes les précautiens et les soins, il m'àrrivait quelque chose de fftcbeux pour avoir rempli mon devoir, jfe prie Dieu et Votre Majesté de vouloir bien Tacceptep comme un sacrifice fait à leur cause. « Papiers dtÉtat, t. VIÎ, p. 320.

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