‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 163 sur 177 · LIVRE IX (iSCS · texte numérisé non relu

LIVRE IX (iSCS

primer les âmes et de leur ravir la liberté de la foi. Il exprima enfin le vœu que l'on demandât formellement au roi la modération âes placafds, rânsélioration de la justice et des finanoeg^t, pour atteindra ce but, la réorgaaisatîoD du conseil d'État et sa préémiûence sur tous les autres collèges. Le prince aToit parlé juèqa^à sept heures du soir, avec une véhémence extruordiQaire^ sur toutes les questions qui avaient été débattues au conseil d'État et dont le pays tout entier ne cessait de se préoccuper. Après cette harangue , qui avait fait sur tous les auditears une impression profonde, la duchesse de Parme leva la séance et remit au lendemain la résolution à prendre. VigKus était resté interdit devant la parole, pleine de force et d'éclat, de Guillaume d^ Nassau. Il ne se dissimulait point que, à l'exception de Berlaymont, tous les autres membres du conseil approuvaient les opinions émises par le prince d'Orange. Il rentra chez lui^ très-éniu, et passa la nuit à méditer la réponse qu'il ferait le lendemain , et dont te résultatiui inspirait plus de crainte que d^spoir- Cette extrême contention d*esprit lui devint fatale> Le matin, tandis qu'on l'habillait, il fut frappé d'apoplexie. Joadhim fitoppéruè le rerapteça provisoirement au conseil et ner fit , en réëftité , qu'écrire sous la dictée du prince d'Orange et du marquis de Berghes les modificalions , que ces seigneurs voulaient introduire dans les instructions préparées parViglius^ les additions qu'ils suggérèrent concernaient principalement la modération des placards et la convocation des étals généraux. En résuœé, Tinstruction dopnée par la dirchesse de Parnae au eofiîted'Egmont contenait un exposé de la situation des Pays-Bi^s sous les rapports de la religion , de la justice et des finances . Le délégué du conseil devait particulièrement însiisler auprès du roi pour quil vînt dans ces provinces et , en cas d'empé* chement, pour qu'il transmît à la gouvernante des instructions précisas sur la conduite qu'elle aurait à tenir ^ et pour qu'il

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remédiât, par des avances de fonds, è la dékesse fioancièpe do pays ^

Dès qoe l'envoi da comte d^Ëgmont à Madrid eat été arrêté, le goovemement se hâta de convoqoer les étals de Brabant afin de profiter da contentement qu'Us devaient éprouver de cette résolution, et d'obtenir ainsi les subsides si longtemps différés. De son côté, Egmont voulut se concerter avec ses amis absents et les appela Clément à Bruxelles. Le 15 janvier 4565 , les étais donnèrent enfin leur consentement à Vaide sollicitée par le gouvernement, et on fit aussi courir le bruit qu'ils avaient accordé m comte d*Egmont 25,000 livres pour son voyage *.

Egmont partît de Bruxelles le 18 janvier sur un cheval de course et alla coucher à Mous, oh il fut reçu et fètoyé par le duc d'Arscbot. Il menait avec lui six gentilshommes de sa maison, un secrétaire, un contrôleur, un cuisinier, un courrier, sans parler des autres serviteurs ^ tous étaient uniformément vétns de easaques de velours noir ; quaift -k ieur maître, il se distinguait par un habit fourré de léopard en de loop-cervier. Plusieurs 4e ses amis voulurent l'accompagner jusqu'à la frontière de France, ^n distinguait parmi ces derniers le comte de Hooghstraeten , Bréderode, Gulembourg et le jeune tx)rate de Mansfeld, qui te suivirent jusqu'^ Caoïbrai '.

1 Viia VigUi, § 88, dans les Analecta de HotsCk ob pAreNDEECHT, l. I«r, 'p. 40. — La source et commencement des troubles suscités Aux Pays^ 'Bas, etc. >[MS. de la bibliothèque de Bourgogne). — Correspondance de ^kUippe 11, t. W, 1^. 337 et 343. — Le cardinal Bentivo^io n'hésite pas à -dire que le disoottrs proooncépar 4e prince d*Oiange faisait honneur è sa Hrlairvoyance et à^a prndenoe.

* Papiers dTÉtat du cardinal de Granvelle, t. VIII, p. 65K ' Le comte de Culemboarg aTait eu Fintention de raccompagner même Jusqu'en Espagne. Mais chacun s*était empressé de le dissuader dans Tintérét de sa sûreté personnelle, et par Fai^prébension des contrariétés

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