‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 168 sur 177 · LIVRE IX (i · texte numérisé non relu

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qui devifit évéque de Gand , et Bernard , professeur de droit canon. Selon les intentions exprimées par te roi et pour n'éveiller aucun soupçon au dehors , on donna pour prétexte à cette convocation extraordinaire les difBcultés résultant des décrets du concile de Trente ».

La régente écrivit en même twaps au prince d'Orange, alors retenu en Hoîlande par les affaires de son gouvernement , pour qti'il hâtât son retour à Bruxelles et qu'il assistât aux délibérations sur l'instruction rapportée par le comte d'Ëgmont. Ëlie réitéra plusieurs fois cette invitation , démontrant ainsi l'importance qu'elle attachait à rintervention de ce seigneur, (kuit Tas** cendant était dès lors reconnu *.

Les commissaires désignés étant arrivés à la cour, la régente consulta le conseil d'État sur la forme qu'il faudrait donner aux conférences. Qoelques'-uns proposèrent une délibération en com* mun ; mais le prince d'Orange, te comte d'Ëgmont et le comte de Homes firent prévaloir un avis contraire , soutenant que l'intention du roi ne pouvait être que les membre du conseil déclarass^it leur opinion en présence d'étrangers. Ce point arrêté , la duchesse fit appeler les commissaires et, les ayant fait asseoir à part, leur déclara brièvement la vraie cause pour laquelle elle les avait convoqués ; elle leur recommanda le secret , puis leur fit distribuer des extraits de l'instruction. du roi, traduits en latin et en français , les invitant à revenir dans quelques jours pour exprimer leur avis sur chaque article en particulier, et ensuite sur l'ensemble. Les délibérations, commencées le 1" juin, devin* rent très-vives^ surtout lorsqu'il s'agit du châtiment des héréti-^ ques, le prince d'Orange et ses amis cherchant à obtenir un avis conforme à leurs idées de modération , et les évéques leur résis-

> Mémorial de Hopsads, S« partie, chap. IV.

' Correspondance de GuiUaume le Taciturne, t. II, p. 94 et suiv.

tant avec opiniâtreté. Enfin, après une discussion qui se prolongea pendant trois jours, les conatnissaires arrêtèrent et signèrent la résolution générale qui leur avait été demandée. Cet avis, quanta l'instruction du peuple, la réformation des ecclésiastiques et des écoles, indiquait que le concile de Trente y avait fort bien pourvu et qu'il ne s'agissait que de mettre en œuvre ce qui avait été stipulé dans ses décrets. En ce qui concernait le mode employé pour la répression des hérésies , les commissaires déclarèrent qu'il ne convenait en aucune façon de changer les placards et les ordonnances publiés depuis plus de trente-cinq ans. Cependant, pour éviter le scandale et prévenir des tumultes; d'autre part, pour ne plus fournir aux juges un prétexte de se refuser à l'exécution des placards, les commissaires suggéraient l'idée d'adresser aux conseils de justice une instruction secrète qui les autoriserait à établir une distinction entre les sectes, de même qu'entre les accusés selon leur âge et leur qualité , et à graduer les peines en conséquence. « On punirait de mort les hérétiques obstinés, mais, en d'autres cas, on pourrait avoir recours aux galères ou au bannissement perpétuel, avec confiscation des biens; l'exil pourrait même n'être que temporaire en considération des mérites de la personne accusée. Mais cette indulgence ne devait pas s'étendre aux ministres, docteurs, relaps et séditieux. Quant à ceux qui auraient contrevenu aux placards par vaine curiosité, nonchalance ou autres causes semblables, sans qu'ils fussent réellement hérétiques ou sectaires, il sufiirait de les châtier par verges ou fouets, de leur infliger des amendes ou de les bannir. » Lorsque le conseil d'État fut appelé à délibérer sur cet avis, quelques-uns de ses membres voulaient se référer à la résolution proposée par les commissaires ; mais le prince d'Orange, le comte d'Egmont, le comte de Hornes et le comte de Mansfeld objectèrent que le roi n'avait pas demandé l'avis du conseil. Quelle que fût leur manière de voir, ils devaient donc

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