‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 59 sur 177 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

consulté paf te roi, ne voyait point sans dépit gratidîr l'influence des EspagQéls, car elle suq)assail l'autorité que fui donnaient ^OQ expérience et ses talents éminents. La bourgeoisie aussi re^ noarquaiWaveo déplaisir la prédominance des Espagnols ; quel"* ques-uoes des assemblées provinciales avaient même rédemé déjà contre le s^ur prolongé des trou|>es de cette natiôîi dans les places froDiières '.

Les députés aux états généraux se trouvaient à Gand depuis la fin du mois de fuiiiet ; ils avaient eu le temps de se communiquer leurs plaintes et leurs appréhensions ; ils avaient en outre subi l'influence de quelques seigneurs importants, il fut résolu, à l'instigation du. prince d'Orange % qu'une remontrance serait adressée au roi contre limmixtion d'étrangers dans la garde et le gouvernement du pays. Cette protestation écrite fut présentée ie lendemain, au nom dès états, par Bortuut, pensionnaire et député de Gand. Les états exposaient respectueusement qu'il importait au repos et à la sûreté du pays que les frontières et les forts fussent gardés par des soldats nationaux, ainsi que cela avait lieu sous le règne de Charles-Quint et de ses prédécesseurs :

1 Nous avons analysé une des dépèches les plus iottéressantes de Sébastien de TAubespine. Elle est datée de Gand , le 4 août , et adressée à François IL Après avoir fourni les renseignements résumés ci-dessns , l'ambassadeur ajoute :■ « Rien n'est bien dict, bien faict ne bien pensé qui

« ne soit en espaignol et d'un espaignol. Cela, Sire, ramène les regrets du « feu empereur, de la royne de Hongrie, et, somme toute , âîgrist tant et • tant ces peuples que chacun en espère mauvaise yssue..... n De même, il écrit au cardinal de Lorraine. et au duc de Guise : « Vous assurant bien « que tout le monde n'est pas content en ceste court, où il se prépare un « dur changement, et avec un infini regret et malcontenlement de tous les m grands comme aussi de la noblesse, dont les apparences se montrent « (montreropt) mieulx après le partemient de Sa Majesté. » Négociations, j^/r?<, etc., de Sébastien de rAubespîne, p. ^5.

2 Strada, lib II.

rappelait les désordres et les pillages déjà commis paor les troupes étrangères, ils priaient le roi de les dissotxdre au de les employer ailleurs. Us demandaient en outre qu'il plût au toi de faire administrer les affaires des Pays-Bas. de l-avis des seigneurs du pays, selon l'exemple également donné par les ancien» souverains, qui n'avaient eu qu'à se louer d*une conduire aussi sage et aussi conforme à leurs vrais intérêts '. Un langage aossi^franc sur-^ prit Philippe II et devait laisser des traces profondes dans- sa mémoire ; mais, vraisemblablement d'apnbs les suggestions de la dpchesse de Parme et de Granvelle, il eonsealit à d;issimu)ef son

» Voir cette remontrance dans les Documents inédits, t. !«', pp. 323-325. Presque tous les historiens modernes supposent que le second point de la représentation des états était dirigé contre Granvelle. II nous est impossible de partager cette opinion, Graniwlle, originaire de la 3ourgogiie, était lui-même jaloux de la prédilection que Philippe témoi^ait à ses conseillers espagnols , et quoique vis-à-vis du roi il affectât une opinion contraire, il n'était rien moins que favorable au séjour prolongé de troupes de cette nation dans les Pays-Bas. Il résulte des lettres confidentielles de Sébastien de TAube^ine aux Guises, que l'évêque d'Arràs avait travaillé soiirdeinent à éloigner tous les Espagnols de ces provinces On lit dans une dépêche du 5 août : « ..«.. Ledict eivesque est avecles antres- si empeschéet ravi à -faire s ^ brigue, et donner ordre qu& tant d'Espaignols né demeurent en ce pays, M que s'étant accommodé avec Madame de Parme , déjà fort à luy , ladicte a dame faict les mêmes offices pour les renvoyer chez eulx, ayant remontré «I combien les états de par. deçà en estoient desplaisants, tellement que « Fespérance commence à se changer depuis hier..... « Négociations , lep^ tre$y.^c,y p. .77' Enfin, il faut ne pas pendfe de vue qu'à cette époqoe» et malgré quelques symptômes de jalousie , Timportance de Granvelte n*avait pas.. encore offusqué réellement les. seigneurs qui a&piraient au premier rang. Strada dit avec raison que le prince d -Orange , le comte d*£gmont et les plus grands seigneurs de Flandre n'appréheudèreat pas beaucoup sa puissance en son conjonencement, parce qu'ils s'imaginaieni qu'un homme nouveau et qui n'était poiat connu par sa .naissance', né pouvait entrerez comparaison avec eux. ' ., •*

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