‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 61 sur 177 · LIVRE Y <i · texte numérisé non relu

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donné) pour les trésors trompeurs de IIAmérique , les vraies sources de la prospérité du pays : Tindustrie/ les artsy le travail des mains. Les Asturies, la Navarre et les provinces basques étaient couvertes d'arbres fruitiers et de pâturages où paissaient d'innombrables troupeaux. La huerta de Valence présentait l'aspect d'un magnî6que jardin. L'Andalousie et les deux Castillës exportaient à l'étranger le superflu dé leurs moissons. Mais c'était surtout dans le royaume de Grenade,, encore habité par l'élite des descendants des Arabes., que l'agriculture avait atteint le plus haut degré de perfection ; aussi y trouvait-on une population' de trois millions d'àmes. L'industrie et le commerce étaient d'autres éléments de prospérité. L^ lames de- Tolède, le maroquin de Cordoue, les étofies de soie et les tiissus de laine de Séville et de Barcelone , les draps de Guença , de S^ovie , de Médina del Gampo, -étaient recherchés dans toutes les parties du monde. Une foule de vaisseaux marchands sortaient tous les ans des ports de Barcelone, de Valence ,jdé Garthagène, deMàlaga, de Cadix et apportaient en Italie, en Asie-Mineure, en Afrique et aux Indes orientales les produits de l'industrie espagnole,; Du resie, la marine n'avait cessé de s'accroître. Philippe II entretint des escadres armées sur les côtes de la Galice, du<jluipiiscoa, du royaume de Naples, de la Sicile, des Pays-Bas et près du détroit de Gibraltar. Ges escadres se composaient, en temps de paix, de cent vaisseaux , sans compter une flottille de cinquante galères, qui devait protéger la marine marchande contre les Barbaresques. Pour tout dire , la marine espagnole était alors supérieure à celle de la France et à celle de l'Angleterre K Des nombreux États soumis à Philippe If, aucun pourtant ne

1 Wbiss, V Espagne depuis le régne de Philippe il jusqtt'à Cavénement des Bourbons, t. I (introd.), et Ranke, Histoire de la monarchie espagnole, passim.

pouvait alors rivaliser avec les PayskBas. Ces provinces formaient le plus beau fleuron de la couronne hispanique ^ Depuis la splen* dide époque des ducs de Bourgogne, elles étaient comme le centre du commerce, des richesses et de l'industrie de la chrér tienté. La prospérité dont jouissaient alors les Pays-Bas est attestée par les nombreuses guerres de Charles-Quint; car c'était surtout Tindustrieuse activité de ses compatriotes qui fournit à l'empereur les moyens de lutter à la fois contre la France, les Turcs et les protestants. Pans les Pays-Bas se trouvaient réellement, selon les relations contemporaines, les trésors et les mines de llnde. Déjà, en 4546, Charles-Quint avait tiré de ces provinces de dix-huit à vingt millions d'or, somme qui excédait, aSsurait-on, tout ce qu'à leurs autres souverains ensemble elles ' avaient autrefois payé *. On saisira mieux encore l'importance de ce chiffre lorsqu'on saura que Charles-Quint ne retirait de l'Amérique que 400,000 ducats par an et que le revenu ani|U0l de la Castille ne dépassait pas un million ^,

1 C'était ropinion générale aa xvi« siècle. Le célèbre Daplessis-Mornay écrivait : « Le roi d'Espagne, en tout ce qu'il possàdo, n*a rien i^qb « beau, plus riche, plus poli que les Pays-Bas. m Nous lisons ailleurs : « Ou peut dire que c'est le pays le plus peuplé, riche, de plus beaux « édifices, le plus puissant et abondant, qui soit en Europe. » Ch^ppdis, Briefve histoire des guerres civiles, etc., recueillie du sommaire espagnol deCornejo(Lyon, 1573).

* ildàltoti de Beenàbdo Nayagkro (4546), dans Ifss MonuiÊUsnt^ de i^ dipiomaiie vémUênne, p. 8S.

' Voir Rakkb, HiêÊoire de !m monarchie e^jtagnok. -^ Stm^oA iffinne que le souverain des Pays-Bas ne tirait pas moins de revenu de ces provinces que le roi d'Angleterre de son lie» si Ton en exceptait les dépouilles des bénéfices de TÉgiise. — Par suite d'une administration tout à la fois vicieuse et conompoe, l'or apporté des Indes, et dont une partie seulement était versée dans les caisses de lÉtat, 8i|fl|sait à peine à Pentrei^m de la flotte militaire et à l'armement des fortifications des côtc!; de f Espagne,

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