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u de ]eurs troupeaux est la principale source de leurs revenus, u iJs feront en sorte qu'elle puisse venir aux Pays-Bas^ quand u les draps de Londres ne seront pas admis à Anvers '.
Ypres, située au milieu du terrain le plus fertile et le meilleur de la Flandre, tenait un rang distingué dans Tindustrie drapiëre ; Gourtrai fabriquait des toiles fines, Âudenarde des tapisseries, et Hondschote produisait annuellement plus de cent mille pièces de serge. Messines, sous la juridiction d'une abbaye de chanolnesses, se signalait au^i par sa belle draperie.
Le duobé de Brabant était intact à cette époque. Indépendamment des grands quartiers qui le partageaient % il renfermait le marquisat du St^^Empire, FÉtat de Maestricht, le duché d'Arschot, appartenant à la maison de Croy, le comté de Hooghstraeten , &e{de la maison de Laiaing, celui de Meghem, sur la rive gauche de la Meuse, fief des Brimeu ; la seigneurie de Breda, magnifique domaine de la maison de Nassau, et la seigneurie de Ravestein, flef du duc de Clèves, entre Grave et Meghem. On comptait sur ce magnifique territoire vingt- six villes murées ayant à leur tête Anvers, chef-lieu du marquisat du St-Empire , Louvain , Bruxelles et Bois-le-Duc ; dix-huH villes de mdndre importance , sept cents villages à clocher^ dix-neuf baronnies et un grand nombre de riches monastères ^
I Correspondance de Philippe //, t. II (introd.), p. vin à x. L'intérêt que présente cette dépêche, surtout par des détails précis sur l'état de Tindustrie belge à' cette époque, n*aura pu échapper à Tattention du lecteur. On peut ênissi oonsulter Vffistoire deêPa^-Bas^ d*EMMANVBL db Mm brebi, liv. U. Cet annaliste est loin de vanter les goûts laborieux du peuple d'Angleterre, à cette époque. « Le peuple, dit-il, n'y est point si laborieux et diligent qu'es Païs-Bas , et en France , menants pour la plupart une vie oisive comme les Espagnols; les plus pesants, pénibles et difficiles manœuvres se font, pour la plupart, par des estrangers, comme en Espagne. » /d., i&., fol. 274 V.
' Louva in , Bruxelles , A n vers et Bois-le-Duc .
parmi lesquels on distinguait les abbayes d'AfSighem , de Gembloux, de Tongerloo et de Villers.
Louvain devait à son ancienneté le premier rang parmi les villes ; elle recevait, avant les autres communes, le àerment du duc de Brabant à son inauguration, et, dans rassemblée des états, elle votait la première aussi, excepté lorsqu'il s'agissait des aides demandées par le prince. C'était, dans ce cas , Anvers qui avait la priorité, comme étant la cité la plus intéressée et la plus puissante. Louvain, dont l'enceinte extérieure embrassait plus de deux lieues, était placée dans la situation la plus favorable. On admirait les jardins et les vignobles qui donnaient à cette ville un caractère particulier. Parmi ses monuments , on distinguait l'église de St-Pierre, le splendide h6tel de ville, bâti en 4440, et l'antique burgt des comtes de Louvain, devenu ensuite la résid^nce des ducs de Brabant. Mais la gloire principale de Louvain, c'était son université. Elle avait été fondée , en \ 4^5, par le duc Jean IV, avec l'assentiment du pape Martin V. E^!e s'éleva rapidement à un haut degré de prospérité et rivalisa même avec l'université de Paris ; c'était comme la lumière catholique de l'Europe occidentale. Parmi les causes de cet accroissement remarquable, il faut mentionner les grands privilèges qui furent concédés à l'académie belge et qui firent de l'université de Louvain une république dans la république, car elle fut affranchie en même temps et de l'intervention du pouvoir civil et de celle de l'épiscopat. Invariablement attachée aux doctrines catholiques, ellefut regardée par le saint siège, pendant les orages de XYi*" siècle , comme un des plus fermes boulevards de la foi ; l'autorité souveraine lui avait, au surplus, délégué le droit de censure sur les écrits publiés dans les Pays-Bas. L'université de Louvain fut aussi le berceau de la plupart des célébrités de ce siècle. L'enfant, qui devint Charles-Quint, y eut pour condisciples ou pour successeurs des Croy, des Bréderode, des Lalaing, des Nassau , des Ligne, des
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Longueval, des d'Arschot, des Hooghstraeten. La noblesse catholique d'Allemagne et d^Angleterre, celle de Pologne, d'Italie et de Portugal, de mérae que la grandesse d'Espagne, s'habituèrent aussi à envoyer leurs héritiers à Louvain. L'université rajeunit en quoique sorte la science de la théologie, en abandonnant Aristote et une sèche scolastiqué, et en s'appuyant sur l'Écriture sainte et les Pères de l'Église, pour combattre les nouveaux réformateurs. La faculté de théologie de Louvain fut l'école où se formèrent le pape Adrien VI et le cardinal de Granvelle. La science du droit fut en même temps renouvelée par Gabriel Mudée, chef des humanistes^jim emfloYèrenilsL littérature ancienne, l'histoire de 1-âutiqujté.et les lumières de la philosophie pour l'interprétation dés lois' romaines. De la faculté de droit de Louvain sortirent presqtie toys les membres des conseils du gouvernement, les magistfatg^ *et les chefs d'administration du xvr siècle. Érasme, pendant les diflFérentS séjours qu'il fit dans cette ville, tâcha d'y acclimater -le goût d'une saine littérature , et , malgré de sourdes cabales, il parvint à achever l'organisation du collège des Trois langues. Parmi les philologues qui brillèrent à cette époque, on peiit rappeler Corneille Valère, professeur de langue latine, le grammairien Jean Despautère, l'espagnol Jean Louis Vives, disciple et ami d'Érasme, et Pierre Nannius, traducteur de plusieurs Pères de l'Église. La médecine avait été enseignée à Louvain par André Vésale, créateur de l'anatoraie de l'homme, médecin de Charles- Quint et de Philippe II, Vésale, regardé comme le premier homme de l'Europe , suivant Texpression de Guicciardin. Les sciences étaient noblement représentées par les Gemma et les Renier. Le luxembourgeois SIeidan, historien de la Réforme, avait aussi commencé ses études à Louvain. L'autre grand historien belge, Jacques Meyer , avait pris ses grades à Paris , mais il était lié avec les sommités scientifiques de cette époque, surtout avec Érasme et Despautère. Jamais investigateur ne montra plus de
âOâ LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE II.
courage et de ténacité que ce modeste curé de Blankenberghe : le béton du pèlerin à la main, il parcourut tous les monastères de la Flandre pour rechercher la vérité dans les chartriers ; bravant ensuite Ja politique ombrageuse de Gharies-<}uint, il raconta avec fermeté les luttes soutenues par les Flamands. La censure mutila sa fenséo; mais die ne put étouffer entièrement cet esprit qui vivifie les pages héroïques, où revivent les défenseurs des libertés communales.
Bruxelles, la cité royale, comme l'appelle Guicciardin, était la résidence de la cour et de la haute noblesse, le siège de la chan* cellerie et du conseil de Brabant. Sur le sommet et la pente de la montagne, qui domine la cité, s'étageaient les palais, les hôtels et les parcs du souverain, de ses ministres, de ses officiers, de ses nobles. Le vaste palais du Caudenberg dominait la ville tout entière. Un peu plus bas, sur l'emplacement actuel des musées, on trouvait I'h6tel des Nassau , qui portait inscrit sur ses murailles la devise d'Engelbert II : Ce sera moy Nassau, et un navire voguant avec ces mots: tardando progredior. Sur la place des Sablons , en face de 1 église de Notre-Dame des Victoires , on admirait le somptueux hôtel du comte d'Egmont. Dans le voisinage de cette demeure princière se trouvaient, d'un côté, l'hôtel de Mansfeld , dans la rue aux Laines, et, de l'autre, sur remplacement où les archiducs Albert et Isabelle firent élever plus tard un couvent de Carmes, l'hôtel de Culembourg, qui allait devenir le théâtre de grands événements '. Il ne faut pas,
1 On lira avec intérêt les détails suivants : « Si Ton en excepte une partie de rancien hôtel d'Ëgmoat, incorporée à l'hôtel du duc d'Areuberg, Tancien hôtel de Ravestein également mutilé et quelques restes de Thôtel de Nassau, il ne subsiste plus dans cette capitale (Bruxelles) le moindre vestige de ces habitations nobiliaires ou de toute autre construction privée antérieure à rintroduction du style de la renaissance. Le plus grand et le plus important de ces hôtels fut sans nul doute celui de Nassau. Bâti vers 1340, par