‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 24 sur 103 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

présidence, l'assemblée on junte qu'il désirait consulter sur le dernier écrit des Hollandais. Cette commission se composait du duc d'Arschot, des comtes du Rœulx, de Lalaing et de Berlaymont , des évêques de Bruges, d'Ypres et d'Anvers , du baron de Rassenghien, gouverneur de la Flandre wallonne, de Champagney, gouverneur d'Anvers et des autres commissaires qui avaient pris part aux négociations de Breda, de Roda, membre du conseil d'État, et de Christophe d'Assonleville, membre du conseil privé. Le but de Requesens, en convoquant tous ces personnages, était d'entretenir les négociations pendant quelques jours encore, dans l'espoir qu'il lui parviendrait des instructions du roi. Selon les expressions d'un secrétaire d'État qui se trouvait près du gouverneur, toute cette démonstration n'était qu'une farce. En effet, Requesens était moins disposé que jamais à tolérer le calvinisme ou à consentir h la sortie des troupes espagnoles, car si celles-ci partaient, disait-il lui même, le Roi ne serait pas maître trois jours des Pays-Bas ' .

Requesens , s'adressant à la junte , vanta les offres du Roi et signala l'aveugle obstination des rebelles. Il demanda ensuite ce qu'il devait répondre à leur dernier écrit. Il déclarait, au surplus, que, quant à la religion, on ne pouvait aller au delà des conditions proposées ^.

Après s'être assemblés trois ou quatre fois en la présence du gouverneur, et avoir reçu communication des écrits déjà échangés de part et d'autre, les personnages convoqués délibérèrent entre eux. — (c Ce qu'ils dirent, manda Requesens au Roi, est déplorable, et ce qu'ils voulurent dire, s'ils l'eussent osé, l'est encore plus. » — Que proposèrent-ils? Tous, à l'exception de

' Berty à Viglius, d'Anvers, 8 et 12 juin 1575. Locuments historiques, t. XIII. {Archives du royaume.) ^ Correspondance de Philippe 11, t. III, p. 734.

Roda, furent d'avis d'accorder la sortie des étrangers et surtout des Espagnols, axant que les insurgés fussent tenus de restituer rien, affirmant que sans cela, ni les rebelles, ni les provinces obéissantes ne -seraient satisfaits. Ils voulaient de plus qu'on leur concédât la convocation des états généraux, en la forme qu'ils demandaient, iwec la seule réserve qu'on ne remettrait pas à cette assemblée la décision du point de la religion. Ils étaient aussi d'avis d'accorder une suspension d'armes de trois mois. — Il fallait s'efforcer par tous moyens, disaient-ils, d'entretenir les négociations commencées, pour ne pas désespérer les catholiques qui étaient encore en Hollandeet en Zélande, et pour retenir dans le devoir les provinces encore obéissantes. Il ne fallait pas perdre de vue que, la négociation rompue, les calvinistes de la Hollande n'hésiteraient plus à se soustraire ouvertement à l'autorité de leur souverain naturel. Jusqu'alors le prince d'Orange n'avait pas voulu admettre ce changement, car il ne s'attribuait d'autre titre que celui de gouverneur et capitaine général par le roi en Hollande et en Zélande. Mais n'avait-il pas dit plusieurs fois qu'il avait en sa main une «i belle dame de noces 1' fort désirée, et que si l'on ne la voulait reprendre avec conditions assurées, il y en avait d'autres qui la convoitaient vivement? Ou bien, si les rebelles voulaient se «t cantonner » en république, auraient-ils faute de grandes ligues et d'assistance pour se maintenir contre les forces de l'Espagne? Enfin, plus était retardée la réduction des pays insurgés, plus diminuerait le nombre des catholiques.

Les hérétiques, disait-on encore, useraient de grande diligence pour pervertir la jeunesse, contraignant tous les enfants de venir à leurs écoles. N'avaient-ils pas déjà établi une université en la ville de Leyde? Cette université, si célèbre depuis, avait été en effet instituée le 8 février 1 575, sous les auspices et avec l'appui du prince d'Orange et des états de Hollandp et de Zélande.

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