‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 32 sur 103 · LIVRE X (1575). CA · texte numérisé non relu

LIVRE X (1575). CA

ches d'arbre. De l'extrémité de cette île on pouvait passer à gué le bras de mer qui la sépare de Duveland et qui n'a qu'une lieue et demie de largeur ; enfin, de l'île de Duveland, il était possible d'arriver à gué dans celle de Schouvven. » — Requesens avait en conséquence rappelé de Hollande une partie des troupes et fait construire, à Am ers, trente galères à seize ou dix-huit bancs, ainsi qu'une quantité de petites barques à rames, quelques <( pleites » et autres bateaux nommés pontons. Le 17 septembre, il partit d'Anvers et se dirigea vers Berg-op-Zoom. Il était accompagné de Chiappin Yitelli, de Sancho d'Avila, du colonel Mondragon et de Juan Osorio de Ulloa ^ .

Débarqué dans l'île de Tholen, il se rendit au fort de Sainte- Annaland qui s'élevait à l'occident, sur la digue même. C'était le rendez-vous des troupes destinées à l'une des plus merveil-

' B. DE Mendoça, Commentaires, liv. XIII, chap. X etIiv.XIV, chap l'r, — Bentivoglio, Histoire de la guerre de Flandre, ]<■« part., liv. IX. — Nous emprunterons aussi quelques indications géographiques à un Mémoire de M. Willems, le célèbre écrivain flamand, sur une ancienne carte de la Zélande : « L'île de Tholen est bornée au nord par des bancs de sable et des alluvions, qui le séparent de Philipsland ; à l'occident par les pays (autrefois îles] de Sainte-Annaland et de Saint-Martensdyk ; au sud par l'Escaut, et à l'orient par VEendragl ou Eendrecht, qui la sépare du Brabant. — L'île de Duveland, qui se trouve réunie aujourd'hui avec celle de Schouwen (car elle n'en est plus séparée que par une espèce de canal nommé helDykwater), est bornée au nord par l'île de Schouwen, à l'orient par le Keeten (nom du bras qui sépare Duveland de Tholen) et le Mastgat, qui la sépare des îles de Fhilipsland et de Saint-Annaland, au sud par l'Escaut oriental et à l'occident par l'île de Schou'wen. On prétend qu'elle tire son nom de la quantité de pigeons qui s'y trouvait. — L'île de Schouwen, anciennement nommée Scaldia, est celle qui est située le plus au nord de toute la Zélande Zierikzee, capitale delîledeSchouwen, est une ville très-ancienne dont les immunités et privilèges remontaient au xiiF siècle. Les Templiers y eurent un cloître jusqu'en 13 12. »

leuses et des plus héroïques expéditions de la longue guerre des Pays-Bas. Ces troupes se composaient de quinze cents Espagnols, quinze cents Allemands et quinze cents Wallons, indépendamment de deux cents pionniers et de quatre compagnies de cavaliers qui devaient garder l'ile de Tholen. Le 22 septembre, un détachement de trois cents Espagnols et de trois cents Wallons, commandés par Juan Osorîo de Ulloa, fut transporté sur de petites barques à l'île de Philipsland. Cette avant-garde devait, guidée par des fugitifs de la Zélande, sonder le gué qui séparait l'île de Saint-Philippe de celle de Duveland. A la marée basse, Ulloa et ses soldats entrèrent dans le gué et cheminèrent péniblement, ayant de l'eau jusqu'aux épaules ; ils étaient parvenus jusqu'au milieu du grand chenal, lorsque la flotte hollandaise, rangée sur deux lignes, s'approcha pour défendre le passage. Ils rebroussèrent chemin et revinrent à leur point de départ, fatigués, harassés, soldats et capitaines déclarant que le passage était impossible. Juan Osorio de Ulloa seul ne montrait aucun découragement. Pendant la nuit du 27 septembre, une nouvelle tentative fut faite. Douze soldats, commandés par un sergent et ayant pour guides trois habitants du pays, débarquèrent dans l'île de Saint-Philippe et entrèrent dans l'eau pour reconnaître le gué. Comme un nuage voilait la lune, ils passèrent, sans être remarqués, au milieu des vaisseaux hollandais; ils s'approchèrent de la terre et arrivèrent jusque près des sentinelles. Revenus sains et saufs, ils ne manquèrent point de faire un rapport favorable. Alors Requesens résolut de diviser ses troupes en deux corps : le premier se composerait de toutes celles que les navires pourraient transporter, en une fois, de l'île de Saint-Philippe à celle de Duveland ; les autres passeraient à gué. Le premier corps, composé de douze cents hommes environ (Espagnols, W^allons et Allemands), avait pour chefs Sancho d'Avila, comme amiral, chargé de la direction delà flotte, et le colonel Mondragon auquel

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