‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 36 sur 103 · LIVRE X (i · texte numérisé non relu

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un emprunt forcé sur les habitants les plus aisés, et aliéné une grande partie des biens appartenant aux communautés religieuses et au clergé fugitif, «t Ce petit coin de pays, écrivait le Taciturne à Jean de Nassau (juillet 1575) a été obligé de supporter seul une dépense si exorbitante pour combattre le plus grand et le plus puissant monarque de toute TEurope ; seul, il a résisté à des armées que l'on a fait venir contre lui de tous les bouts du monde, sans que, durant cinq ou six ans, aucun autre État, aucun autre prince lui ait seulement tendu la main *. » Cette situation ne pouvait se prolonger ; si grands que fussent les sacrifices que s'imposait la Hollande, ils étaient insuffisants. Faute d'argent, l'armée régulière des insurgés s'affaiblissait aussi par des désertions et par le départ de bon nombre de soldats étrangers qui s'étaient mis au service du Taciturne ^.

Après la rupture du Congrès de Breda, Guillaume exposa aux états de Hollande et de Zélande la nécessité absolue de rechercher au dehors une bonne alliance pour continuer la guerre.

Déjà des mesures intérieures avaient été prises à cette fin. Le 4 juin 1575, les «t membres » et villes de Hollande et de Zélande avaient conclu un traité d'union pour résister à l'ennemi commun, sous le gouvernement du prince d'Orange. Celui-ci exercerait non-seulement ses anciennes fonctions de stathouder, mais il serait, en outre, le chef suprême de l'armée et seul il ordonnerait tout ce qu'il jugerait convenable pour la sûreté et la défense du pays. Les deux provinces s'engageaient aussi à ne faire aucun accommodement avec l'ennemi, sans un consentement réciproque et sans l'avis du prince. Le traité d'union de la Hollande et de la Zélande fut ratifié par les villes et les communautés ; mais la Hollande seule prit d'abord une résolution formelle sur les arti-

' Archives de la maison d'Orange-Nassau, t. V, p. 263. 2 /&., t. V, p. 310.

des qui définissaient les pouvoirs de Guillaume de Nassau', Ces articles, arrêtés le 27 août, avaient donné lieu de sa part à plusieurs observations. Les états exigeaient que, protégeant le culte réformé, il fît partout cesser l'exercice du culte catholique romain. Au lieu de cette désignation précise, Guillaume demanda et obtint une dénomination plus générale s'appliquant aux cultes qui contrarieraient l'Évangile. Mais de toute façon, cependant, les calvinistes, exaspérés par le mauvais vouloir ou la trahison des catholiques qui n'avaient pas abandonné les provinces insurgées, voulaient réduire à l'impuissance ceux qu'ils regardaient comme leurs adversaires. Non-seulement les réformés enlevèrent aux catholiques romains les églises dont ceux-ci avaient jusqu'alors été en possession, mais, en outre, il les écartèrent systématiquement des emplois importants, non en vertu d'une loi, mais par méfiance. — » Il n'était pas raisonnable, disait Guillaume lui-même, que ces gens conservassent un privilège au moyen duquel ils avaient tenté de livrer le pays aux mains de l'ennemi. » — On ne laissa aux catholiques que la liberté de tenir leurs assemblées religieuses dans des maisons particulières. Ils furent désormais tolérés de même que les anabaptistes et les luthériens.

Proclamer ainsi la prédominance du culte réformé, tel qu'il était pratiqué à Genève et dans le Palatinat, c'était annoncer hautement une rupture définitive avec l'Espagne ^.

En faisant cesser l'exercice public de la religion romaine, les états de Hollande avaient d'ailleurs interdit les recherches inquisitoriales en matière de foi. Ils ne proclamaient point la

^ Van de Si'Iegel, Historié van de satisfactie der stad Goes, etc., pp. 64 et sulv.

2 Brandt, Historié der reformatic, liv, X, p. 549. — Grotius, Annales, liv. II. — Apologie de Guillaume de Nassau. — Archives de la maison d'Orange -Nassau, t. V, pp. 268 et suiv.

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