‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 49 sur 103 · LIVRE XI (I;J7G · texte numérisé non relu

LIVRE XI (I;J7G

Philippe II qu'il était plus que temps de conjurer cette tempête par la prompte convocation des états généraux et la reprise des négociations avec la Hollande et la Zélande ^ .

Le conseil s'assemblait régulièrement matin et soir ; il avait même décidé, afin d'accélérer l'expédition des affaires, que la présence de cinq membres suffirait pour valider les résolutions. Toutefois, cette expédition était laborieuse, lente, irrégulière; lors même qu'on prenait une résolution, il n'y avait personne qui se donnât la peine de s'assurer si elle s'exécutait 2. La plus grande méfiance, comme on devait s'y attendre, régnait entre Roda et ses collègues. Le duc d'Arschot laissait éclater ouvertement son aversion pour les Espagnols ; et il était appuyé par Champagney qui était revenu d'Angleterre, très-mécontent d'avoir rempli, près de la reine Elisabeth, une mission inutile, et plus ulcéré que jamais contre les compatriotes de Roda. Aussi celui-ci le signalait-il à Philippe II comme l'homme le plus dangereux peut-être des Pays-Bas.

Arrivé à Bruxelles, le 31 mars, Champagney y fut retenu par lo conseil d'État et appelé à ses délibérations. Le duc d'Arschot le soutenait avec âpreté. Champagney ayant réclamé, comme gouverneur d'Anvers, la prééminence sur le comte Annibal d'Altaemps, commandant des troupes allemandes, le duc d'Arschot appuya cette prétention avec une violence extraordinaire, et le conseil donna raison à Champagney '.

» Renon de France, Mss, 3^ part., chap. IV.— Roda au Roi, de Bruxelles, 43 avril ; Viglius au Roi, U avril ; le conseil d'Élal au Roi, 22 avril 137G. {Correspondance de Philippe II, t. IV, pp. 62, 65 et 107.)

^ B. DE Mendoça, Commenlaires, liv. XV, chap. III. — Roda au Roi , 43 avril 1576. [Correspondance de Philippe 11, t. IV, p. 63.)

' Le conseil d'État au Roi, 22 avril, et Roda au Roi, 16 avril 1576. [Correspondance de Philippe II, t. IV, pp. C3 et 1 H.) — Notules du conseil d'État.

Celui-ci avait été suivi de près, à Bruxelles, par un envoyé de la reine d' Angleterre, Davison, gentilhomme de sa maison. Elisabeth l'accréditait près du conseil d'État à qui elle offrait sa médiation, comme elle l'avait offerte naguère à Philippe II et à Requesens. Introduit dans le conseil, Davison rappela d'abord les tentatives faites précédemment par la Reine, sa maîtresse, pour apaiser les troubles des Pays-Bas. Elle les renouvelait aujourd'hui, parce qu'elle redoutait que le prince d'Orange ne se plaçât sous la protection de la France et qu'elle ne voulait pas avoir les Français pour voisins dans les Pays-Bas. L'ambassadeur requérait donc le conseil d'entrer en arrangement avec la Hollande et la Zélande, de reprendre les négociations de Breda et de conclure immédiatement une suspension d'armes avec le prince d Orange, afin qu'il ne fût pas contraint d'appeler les troupes françaises. L'ambassadeur ajouta que la reine Elisabeth avait parlé dans le même sens à Marnix et aux députés de la Hollande et de la Zélande, qui étaient venus en Angleterre et qu'elle les avait trouvés tout disposés à entrer en arrangement * .

• Roda était forcé de convenir que la demande de la reine d'Angleterre était celle de tout le pays; que c'était le cri général. Mais il ne s'y associait point, parce qu'il importait avant tout, disait-il, de ménager l'autorité royale ^.

Le 1 6 avril, dans la matinée, le conseil d'État se réunit chez le président Viglius. A peine les membres avaient-ils pris place, qu'un greffier des états de Brabant apporta une requête par laquelle ceux-ci suppliaient le conseil de faire examiner les papiers de Requesens, pour y chercher un ordre royal qui l'avait autorisé

' Le conseil d'État au Roi, 15 avriH576. [Correspondance de Philippe II, t. IV, p. 1\-) — Notules du conseil d'État.

- Roda au Roi, 4 3 avril loTO. [Correspondance de Philippe H, t. IV, p. 65.)

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