‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 52 sur 103 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

part du Roi, bien qu'à son insu, de cesser leurs réunions et de fermer les portes de leurs chambres. Il avait décidé, en outre, que toutes les causes sur lesquelles il restait à statuer, seraient renvoyées devant les conseils provinciaux de justice. Cette concession, quoiqu'elle parût déjà une grande hardiesse aux yeux des ministres de Philippe II, fut encore dépassée. Par une ordonnance du 14 juin, le conseil d'État abolit définitivement le conseil des troubles * .

Mais cette mesure, déjà tardive, ne pouvait plus apaiser les esprits. — Partout, à pleine voix, écrivait le conseil d'État au Roi, le peuple demande la convocation des états généraux et la paix avec la Hollande. — Aussi suppliait-il le souverain d'accueillir promptement ce vœu, afin de prévenir un soulèvement général. S'il rejetait les moyens de pacification, s'il refusait de réunir les états généraux, il ne lui restait qu'à envoyer sans retard une somme de deniers suffisante pourcontenter les troupes, empêcher leurs déprédations qui exaspéraient les habitants, et reprendre vigoureusement la guerre contre les insurgés. Encore le conseil avertissait- il Philippe II que la reddition de Zierikzee ne terminerait pas la guerre ; qu'il serait moins facile de recouvrer l'ile de Walcheren, ainsi que les ports d'Enkhuizen et de la Briele ; et qu'il serait peut-être impossible d'expulser l'ennemi de la mer. Or jamais, si l'on n'était maître de la mer, jamais les Hollandais ne seraient subjugués ^.

Roda était du même avis; il tenait pour impossible d'en finir

' Roda au Roi, 7 mai, et le conseil d'État au Roi, 8 mai -1570. [Correspondance de Philippe II, t. IV, pp. ^Ti et 128.) — Discours sur le gouvernement du conseil cVÉïat en 1576 (par Christophe d'Asso.nleville). {Ibid., t. IV, p. 533.) — Notice sur le conseil des troubles, dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 2« série, t. Il, p. 237.

^ Le conseil d'État au Roi, 2 et 30 mai 1376. [Correspondance de Philippe II, t. IV, pp. 123 et 171.)

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