‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 58 sur 103 · LIVRE XI (157G). i · texte numérisé non relu

LIVRE XI (157G). i

quoique la commune leur eût offert de garantir leur sûreté en leur donnant une garde tirée des Serments de la ville. Les autres Espagnols qui habitaient Bruxelles s'étaient renfermés dans leurs maisons * .

Les états de Brabant avaient, le 26 juillet, demandé au conseil d'État l'autorisation de lever des troupes nationales pour les employer contre les mutinés et autres qui se joindraient à eux "^. Le conseil, en présence de l'agitation menaçante du peuple, autorisa, mais non de bonne grâce, la levée de six cents cavaliers et d'un régiment de deux mille fantassins. Le vœu exprimé par les états de Brabant était dû, d'ailleurs, aux suggestions du prince d'Orange, car il avait, à Bruxelles, trois ou quatre délégués par lesquels il correspondait avec des membres influents de l'assemblée. Les partisans du prince, ceux que l'on commençait à désigner sous le nom de << patriotes » , triomphèrent des scrupules et des répugnances qui s'étaient fait jour sur le banc des prélats. Ce ne fut pas leur unique succès.

Les états de Brabant avaient décidé, à la pluralité des voix, que le commandement de leurs troupes serait donné au duc d'Arschot. Ce seigneur ayant refusé cette charge, sous prétexte qu'elle n'était pas compatible avec la dignité de conseiller d'État, les patriotes désignèrent un jeune gentilhomme issu de la noble maison de Gaesbeek, Guillaume de Hornes, S"" de Hèze, filleul du prince d'Orange. Le 31 juillet, il fut nommé, sur la présentation des états de Brabant, colonel du régiment des gens de pied brabançons, et on lui adjoignit, comme lieutenant, Jacques de Glymes, bailli de Nivelles et du quartier wallon. Quelques jours

■■ B. DK Mendoça, Commentaires, liv. XV, chap. VI. — RE^o^ de France Mss, 3« part., chap. VIII. — Van Meteren, fol. -120. — Le conseil d'Élat au Roi, 27 juillet '1576, el Roda au Roi, même date. [Correspondance de Philippe II, t. IV, pp. 259 et 264.)

^ Notules du conseil d'État.

après, le 5 août, le conseil nomma chef et capitaine de la cavalerie brabançonne, Adrien de Rubempré, baron de Rêves, S"" de Bièvre, gentilhomme honorable et courageux.

Ilèze ne se contenta point de presser les levées des dix enseignes dont il allait avoir le commandement; il s'efforça de servir plus activement les desseins du prince d'Orange. Le 13 août, il s'était présenté aux états pour leur communiquer des lettres du prince; mais, par l'absence fortuite de quelques-uns de ses partisans, il ne put obtenir l'autorisation de faire lire publiquement ces lettres par le greffier. Il fut plus heureux le 23. La majorité décida que les lettres adressées par le prince d'Orange aux états de Brabant seraient lues. Le prince les exhortait à ne point laisser échapper l'occasion de se soustraire au joug des Espagnols et autres soldats étrangers ; il manifestait ensuite le désir de contracter amitié avec eux et affirmait qu'il ne voulait point détruire la religion catholique, mais seulement défendre avec eux la liberté de la patrie. Il mettait donc en avant un projet d'alliance entre la Hollande et la Zélande et les autres provinces des Pays- Bas. Les adversaires du prince s'écrièrent qu'il n'appartenait qu'au Roi et à son conseil de traiter avec des rebelles; mais les patriotes répondaient hardiment que ceux qui ne voulaient pas consentir à traiter avec la Hollande et la Zélande, étaient des traîtres à la patrie. Après de violentes disputes, il fut décidé, à la pluralité des voix, qu'une réponse courtoise serait adressée au prince d'Orange, au nom des états de Brabant ' .

Les états de Flandre levèrent également six compagnies à cheval et un régiment d'infanterie qui fut placé sous les ordres du S"" de Noyelles. Le commandement supérieur resta néanmoins

' Mémoire de Laurent Melsius, évoque deBois-le-Duc (membre des étals de Brabant, eu 1S76). Bibliothèque royale de Bruxelles, no 17329, et Correspondance de Philippe II, t. IV, pp. 739 et suiv.

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