LIVRE XI
autre colonel d'Allemands , George Frunsberg , qui résidait également à Anvers, était d'accord avec Fugger. Mais ils ne parvinrent pas à suborner le lieutenant-colonel Moussenham.
Sancho d'Avila, cependant, s'efforçait de rallier autour de lui des forces imposantes. Il avait encore gagné le colonel allemand Nicolas de Polweiler et Cornélius Van Enden, nommé naguère par le conseil d'Étal chef des six compagnies restantes du régiment licencié du comte Annibal d'Altaemps. Ces colonels d'Allemands, réunis au mestre de camp Valdès, à Francisco Verdugo et au commissaire Olivera, tinrent à Anvers, sous la présidence de Sancho d'Avila, des réunions, au mépris des ordres du conseil d'État, qui, selon eux, n'était plus libre dans Bruxelles. Il fut résolu que chacun rassemblerait ses troupes aux environs d'Anvers, dans le plus bref délai, surtout la cavalerie, qui était disséminée et cantonnée dans des villes ouvertes. Le mestre de camp don Fernando de Tolède fut requis d'abandonner les quartiers qu'il occupait en Hollande, avec les enseignes de son tercio, et de venir en Brabant, accompagné de la cavalerie espagnole et italienne. Fernando de Tolède obtempéra à cette invitation '.
Informé que les chefs militaires obéissaient à Sancho d'Avila, le conseil d'État écrivit à celui-ci pour lui demander comment, sans attendre ses ordres, il avait appelé les troupes hors de leurs quartiers. Sancho répondit qu'il n'avait pas été le seul à commander le rassemblement pour le service du Roi, que les colonels et les généraux s'étaient associés à cette mesure. Quelques jours après il écrivit insolemment au magistrat et à la ville de Bruxelles pour les avertir que, s'ils ne changeaient pas de conduite, les chefs de l'armée sauraient les mettre à la raison. Le conseil d'État répondit lui-même au châtelain d'Anvers qu'il
' Mémoires de Ghampagnev, pp. 84 et suiv. — Correspondance de Philippe II, t. IV, passim.