‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 61 sur 103 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

n'était point prisonnier. Mais, lui, faisant allusion à Roda, toujours réfugié dans le palais des souverains, persista dans son allégation et déclara qu'il convenait de prendre les armes pour réduire la ville de Bruxelles en l'obéissance de Dieu et du Roi. Après un échange de nouvelles lettres, Sancho d'Avila manda au conseil d'État que, pour démontrer qu'il était vraiment libre, il n'avait qu'à déléguer quelques-uns de ses membres à Willebroeck. Quoiqu'il parût au conseil d'État assez humiliant d'obtempérer à ce désir, il finit par désigner, pour cette conférence, le baron de Rassenghien et Roda, qui avait été formellement indiqué par le châtelain d'Anvers ; ils étaient accompagnés du secrétaire Yasseur ^

Dans la conférence, qui eut lieu au delà de Willebroeck, Sancho d'Avila demanda, au nom des chefs militaires, que l'entrée et la sortie de Bruxelles fussent libres ou que le conseil d'État se transportât dans une autre ville ; il demanda en outre que l'on fit cesser les levées de gens de guerre, ordonnées par les états de Brabant. Les mandataires du conseil répondirent que l'accès de la cour était libre et que, quant aux levées, rien ne se faisait au préjudice du Roi. Lorsqu'il fut question des mutinés d'Alost, Sancho d'Avila déclara hardiment que, au besoin, il leur donnerait son épée pour les défendre.

Les délégués firent leur rapport au conseil, le 10 août, et Roda indiqua ce qu'il fallait faire, suivant lui, pour maintenir les provinces dans l'obéissance jusqu'à l'arrivée du nouveau gouverneur. Le duc d'Arschot l'interrompit avec violence. <i Quel nouveau gouverneur, s'écria-t-il, croit entrer en ce pays? S'il vient en armes, nous ne le laisserons pas entrer ; nous sommes déterminés à ne plus souffrir ce que nous avons souffert jusqu'ici; niius mourrons plutôt tous que de nous laisser traiter de cette

' Nolules (lu conseil d'État (8 août).

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