‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 69 sur 103 · LIVRE XII (157G · texte numérisé non relu

LIVRE XII (157G

11 devait être rejoint, près d'Alost, par don Fernando de Tolède qui, i^evenant de la Hollande, avec son tercio, avait l'intention de passer l'Escaut à Saint-Bernard,

Alonzo de Vargas réunit ses capitaines dans la petite ville de Léau, autour de laquelle étaient cantonnées dix-sept compagnies de cavalerie formant douze cents combattants. Il fut décidé que dix de ces compagnies marcheraient rapidement sur Alost, et que le reste demeurerait dans le Brabant. Mais déjà étaient sortis de Bruxelles deux mille fantassins environ et huit cents cavaliers, sous le commandement de Jacques de Glymes et du S"^ de Bièvre. Le \ 3 septembre, don Alonzo de Vargas rencontra la gendarmerie des états près du village deVissenaeken, entre Louvain et Tirlemont. Il fit faire halte à ses cavaliers et envoya un trompette aux chefs des troupes fédérales, pour demander passage. On accueillit ce messager à coups de mousquet. Consulté par Vargas, Mendoça lui dit que, si on évitait le combat, toute la population des campagnes qui remplissait les hauteurs et les bois et faisait le guet, les armes à la main, attaquerait les Espagnols et les massacrerait dans leurs quartiers, avec l'assistance de la gendarmerie des états. Or celle-ci ayant chassé une seconde fois le trompette qui lui était envoyé par Vargas et continuant de s'avancer contre les Espagnols, le combat s'engagea bientôt. Les troupes fédérales, composées en grande partie de nouvelles recrues, furent refoulées et mises dans une complète déroute par les vétérans espagnols. Des bourgeois de Bruxelles et de Louvain et un grand nombre d'étudiants de cette ville avaient suivi la troupe pour voir battre les Espagnols, disaient-ils, et acheter le butin. Ils virent, au contraire, une défaite dont eux-mêmes devinrent les victimes, car les valets des soldats égorgèrent froidement et les fédérés qui avaient jeté leurs armes et les bourgeois qui étaient venus pour assister à leur victoire. Plus de cent étudiants furent tués ou pris, La cavalerie espagnole, qui n'avait Tome H. 9

pas perdu un liomme, poursuivit l'ennemi jusqu'à l'abbaye de Parc, aux portes de Louvain. Le lendemain, Alonzo de V^argasse remit en marche et se dirigea vers Alost, oii était déjà arrivé Fernando de Tolède avec son régiment. Mais ils ne parvinrent point à faire rentrer les mutins dans le devoir : ces vétérans, cantonnés dans le pays d'Alost, ne voulaient obéir qu'à leur electo * .

L'échec éprouvé à Vissenaeken, par les troupes fédérales, n'avait point découragé les adversaires de la domination espagnole. Le 13 septembre, Viglius, le président Sasbout et les deux secrétaires, Berty et Scharenberger, recouvrèrent leur liberté ^. Or ces personnages eux-mêmes, naguère si timides ou siserviles, étaient d'accord avec le duc d'Arschot, lorsque celui-ci, s'étant rendu, le 17, dans la salle des états de Brabant, déclara que la retraite des Espagnols était le seul moyen de rétablir la paix '.

Le 23, le conseil d'État, avec l'assentiment des députés déjà réunis à Bruxelles, signala l'usurpation accomplie par Hieronimo de Roda, déclara qu'il s'arrogeait indûment le titre de gouverneur général et défendit de lui obéir *. Par un autre édit, publié le même jour, le conseil d'État déclarait, ait nom du Roi, que les Espagnols étaient des rebelles, des ennemis du souverain et du pays. Il était ordonné à chacun de s'armer et de les «t offenser en corps et en biens, n II était également enjoint aux soldats des autres nations de se détacher des bandes espagnoles, à

' B. DE Mendoça, Commentaires, liv. XV, chap. XI et XII. — Van Meteren, fol. 121 v». — Mémoires anonymes, t. I", p. 211,

' Le conseil d'Élat au Roi, 22 septembre 1576. [Correspondance de Philippe II, t. IV, p. 384.)

^ Correspondance de Philippe II, t. IV, p. 378.

* Voir Placart sur l'indue usurpation de Hieronim.o de Roda au faicl du gouvernement des pays de par deçà. — Par cotisetUement des Estatz. — Imprimé en la ville de Bruxelles, par Michiel de Ilamont, imprimeur juré de Sa Majesté, l'an 157C.

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