‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 70 sur 103 · LIVRE xn · texte numérisé non relu

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peine de <; forfaire corps et biens, » et de se ranger « sous le serment et la solde » du conseil d'État et des états de Brabant ^ .

Le pays, tout entier, se prononçait avec un admirable élan pour les états et contre la domination étrangère. Mendoça avoue que, dans tous les Pays-Bas, il n'y eut que Peter Peterzoon, bourgmestre d'Amsterdam, qui vint au château d'Anvers, pour remplir, disait-il, ses devoirs de vassal ^. Et Roda mandait au Roi que, de tous les gouverneurs, de tous les fonctionnaires, de toute la noblesse , il n'y avait que Gaspard de Robles , S"' de Billy, qui eût annoncé le dessein de soutenir le parti des Espagnols^.

La conduite de Robles, gouverneur de la Frise, fut révoltante. Les états de Brabant avaient chargé un bourgeois notable de Bruxelles, François Martini Stella "(Vandersterre) , de porter leur manifeste aux états de la Gueldre, de Zutphen, d'Over-Yssel, de Lingen, de Drenthe, de Frise, de Groningue et des Ommelandes. Arrivé à Groningue, Martini fut immédiatement arrêté par Fernando Lopez ^, capitaine de la ville, et conduit près du gouverneur. Robles , sans égard pour les cheveux blancs de l'envoyé brabançon, l'outragea, le souffleta, le frappa au visage du pommeau de son épée, et finit par le livrera deux bourreaux, qui le torturèrent avec des raffinements de cruauté. Mais du fond de la prison, où le gouverneur le fit ensuite jeter, Martini parvint à gagner les soldats qui le gardaient, et par eux à rallier au parti des états toute la garnison, qui d'ailleurs était composée de Wallons. Le dénoùment ne se fit pas trop attendre. Les soldats

' Voir Placart sur la rébellion des Espaignols et leurs adhérents et la résistance à rencontre d'iceux et ce qu'en dépend. — Publié à Bruxelles, le 23 septembre 157G.

* B. DE Mendoça, Commentaires, liv. XV, chap. IX. ' Roda au Roi, du château d'Anvers, 28 septembre 1576.

* Fernando Lopez était fils d'un Espagnol d'Anvers.

délivrèrent Martini et emprisonnèrent gouverneur, capitaine, officiers, tous ceux enfin qui tenaient pour les Espagnols ' .

L'arrestation du gouverneur de la Frise fit réfléchir Gilles de Berlaymont, baron de Hierges, commandant de l'armée royale en Hollande. Redoutant un sort pareil, et tremblant aussi pour son père, qui était prisonnier des patriotes de Bruxelles, depuis le 4 septembre, Hierges était en outre ébranlé par une exhortation éloquente que le prince d'Orange lui avait adressée, le 23 août, pour l'engager à prendre parti contre les Espagnols et à n'avoir en vue que le bien de la patrie. Il suivit enfin ce conseil, et, donnant un témoignage de sa bonne foi, mit le siège devant le Vredenburg (château) d'Utrecht ^.

Le 19 octobre, il informa, d'Arnhem, le comte de Boussu, prisonnier à Hoorn, depuis 1573, qu'il se joignait aux états et il adjura l'ancien gouverneur de la Hollande de l'imiter '. Boussu répondit à Gilles de Berlaymont qu'il avait été bien aise d'apprendre son adhésion au parti des états. <i J'espère, ajou-

' Mémoires anonymes, t. 1er, pp. 213 et suiv. — Drief recueil des choses plus mémorables passées es Pays-Bas, mss, fol. "28.

2 Le prince d'Orange ou S' de Hierges, de Middelbourg, 23 août 1576. (Archives de la maison d'Orange-Nassau, t.V,p. 395.)— Bric f recueil, etc., Mss, fol. 29. L'auteur était alors près de Gilles de Berlaymont, et il rapporte les aveux que lui fît ce seigneur. « Selon que lors il me dicl de sa bouche. » Telles sont ses expressions formelles.

^ Il s'exprimait en ces termes : «... Les élats depardeçase sont la plupart joints ensemble pour la liberté du pays, la conservation de la religion catholique et romaine, service de Sa Majesté et partement des Espagnols avec leurs adhérents ; et, voyant une cause si juste, me suis déterminé me joindre aussi aux susdits estais, ne veuiilant estre instrument pour mettre ma patrie en perpétuelle servitude et couper la gorge à tous mes parents et amis... J'entends qu'il ne tient qu'à vous desortir de prison, pourvu que vous comptiez avec lesdits estats...» Archives de la maison d'Orange- Nassau, t. V, p. 448.

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