‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 78 sur 103 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

par les commissaires royaux. Pendant les délibérations pour la paix, les soldats calvinistes du prince d'Orange et les marchands qui se trouvaient en-deçà de l'Escaut ne donneraient aucun scandale, et, d'autre part, les catholiques de Hollande et de Zélande auraient le libre exercice de leur religion * .

Le S'' d'Oetingen était déjà retourné vers le prince d'Orange avec la mission de faire hâter l'envoi de ses députés, de lui accorder pour son assurance le Sas de Gand, de le prier de mettre à la disposition des états généraux ses forces de terre et de mer, de l'engager enfin à ne point retirer les auxiliaires qu'il avait envoyés à Gand et à maintenir parmi eux la plus exacte discipline <i afin de clore la bouche à tous calomniateurs et mauvais esprits * . »

Le i 1 , le S"" d'Oetingen adressa, de Middelbourg, aux états généraux, des informations satisfaisantes. En effet, le 12 et le 1 4 octobre, le prince d'Orange et les états de Hollande et de Zélande nommèrent leurs délégués. Ils étaient au nombre de neuf : Philippe de Marnix, S'" du Mont-Sainte-Aldegonde ; Arnould Van Dorp ; Guillaume de Zuyien de Nyvelt ; Paul Buys, avocatpensionnaire de Hollande; le docteur Adrien Van der Mylen ; le licencié Corneille Goninck; Pierre de Rycke, bailli de Flessingue; Antoine Van der Zickelen , conseiller en Zélande , et André de Jonghe, bourgmestre de Middelbourg ^.

Ces plénipotentiaires arrivèrent à Gand dans l'après-midi

' Résolutions des étals généraux, t. I", p. 238.

^ Résolutions des états généraux, t. I*', p. 235. — «... Ils ont, par diverses fois, envoyé vers moi et lesdits élats nous déclarer la volonté et bonne délibération qu'ils avaient, pour une fois mettre Qn à tant de misères et calamités passées, d'entrer avec nous en une bonne et ferme paix...» Le prince d'Orange à Jean de Nassau. [Archives de la maison d'Orange-Nassau, t. V, p. 472.)

^ Selon Renon de France, Mss, 3^ part., cbap. XI, ces plénipotentiaires étaient » des personnes subtiles et raffinées. »

lo:2 SOULÉVEiMENT DES PAYS-DAS.

du 18 octobre, accueillis avec allégresse par le peuple et suivis de beaucoup d'habitants qui, en d'autres temps, avaient été ou proscrits ou avaient fui leurs persécuteurs. Les commissaires de l'assemblée de Bruxelles étant arrivés également, les conférences commencèrent le lendemain, 19 octobre, à l'hôtel de ^ille *. On débuta par signer une trêve ou armistice entre la Hollande et la Zélande, d'une part, et les autres provinces, de l'autre. La ville de Nieuport fut remise au prince d'Orange comme sûreté et garantie pour les secours envoyés à Gand .

La prise de Maestricht, le siège de la ciiadelle de Gand, les déprédations continuelles des Espagnols qui venaient encore de saccager Grammont : tout engageait à presser la réconciliation des provinces. Le peuple, d'ailleurs, s'impatientait : déjà la bourgeoisie de Bruxelles requérait les états généraux d'inviter le prince d'Orange à se rendre près d'eux ^.

Le jour même où commençaient les importantes conférences de Gand, le prince d'Orange s'était efforcé d'avancer son œuvre en s'adressant au roi de France et au duc d'Anjou. 11 travaillait activement à nouer l'alliance française ; mais comme il n'ignorait point les répugnances, les préventions et les susceptibilités d'une fraction notable des états généraux, il s'attacha d'abord à convaincre ses partisans les plus dévoués de la nécessité de ce protectorat'. Toutefois les états généraux continuaient de montrer

' Gendsche r/cschiedenisscn, t. I", p. 271.

^ Résolutions des dais généraux, t. I<='', p. 71.

2 Le prince d'Orange ccrivail, le 19 octobre, à l'abbé de Sainte-Gerlrude.: « Quant à la défiance naturelle que la plupart de notre nation ont de la notion française, puisque les affaires que nous avons à démêler avec les Espagnols se présentent au milieu du pays, les conduisant droit vers l'ennemi, comme ils ne fauldronl de le demander, nous ne serons en peine de nous tenir sur nos gardes pour nos villes de frontières; que, si l'occasion s'offrait, ou pour le mauvais temps d'hiver, ou pour quelques accidents

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