‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 86 sur 103 · LIVRE XII (157G · texte numérisé non relu

LIVRE XII (157G

par la porte de secours. Les fanlassins espagnols étaient au nombre de deux mille deux cents; les quatre enseignes d'Allemands donnaient huit cents hommes, et la cavalerie s'élevait à environ mille chevaux. Les chefs firent immédiatement distribuer, à chacun, une bouchée de pain et un trait de vin, poudre et mèche. Sancho d'Avila les passa ensuite en revue et leur donna des ordres pour l'attaque ^

Le marquis d'Havre et les autres chefs de l'armée fédérale se trouvaient réunis en conseil lorsque, \ers midi, on vint leur apprendre que les Espagnols étaient entrés dans la citadelle. Ils se montrèrent d'abord incrédules; surtout, ils ne pouvaient croire à l'arrivée des mutinés d'Alost, parce qu'ils supposaient que des navires de guerre surveillaient le passage de l'Escaut, Mais un habitant notable de Schelle vint leur affirmer qu'il avait vu les navires de guerre se retirer et les mutinés d'Alost franchir le fleuve sans rencontrer d'obstacle. Alors Champagney se dirigea à cheval vers l'esplanade et fit publier dans toute la ville que les bourgeois devaient prendre les armes. Il inspecta ensuite les retranchements confiés à la garde des Wallons ^.

Au château, les Espagnols étaient impatients de se gorger des dépouilles d'Anvers. Cependant Roda fit publier un ban destiné sans aucun doute à mettre sa responsabilité à couvert. Cette proclamation défendait aux soldats, sous peine de mort, d'entrer dans aucune maison tant que la ville ne serait pas entièrement soumise. Elle leur recommandait de ne faire aucun mal aux bourgeois, femmes et enfants, sinon aux personnes qu seraient armées. Elle leur interdisait de toucher aux églises

' B. DE Mendoça, Commentaires, liv. XV, chap. XVII. •— Roda au Roi, 6 novembre 1576. — Renon de France, Mss, 3^ partie, chap. XII. — Chronychc, cI'Adrianls Van Meerbeek (Anvers, 1020, in-fol.), p. 423.

^ Mémoires de Champagney, pp. 140 et suiv. — Van Meteren, fol. '123,

et aux monastères. Enfin, elle leur promettait que, après qu'ils auraient gagné la ville, on ferait a^ ce elle une composition de telle sorte que les soldats auraient contentement, sans que cette indemnité a înt môme en décompte de leur solde arriérée. Les soldats promirent, selon Roda, de se conformer à ces ordres. Mais il est plus que vraisemblable que Sancho d'A^ ila les avait déjà excités par d'autres promesses. En effet, Champagney soutint plus tard que Sancho était convenu avec eux qu'il mettrait Anvers à leur discrétion pendant huit jours * .

Entre midi et une heure, les Espagnols sortirent du château en poussant leur vieux cri de guerre : Saint Jacques et en avant Espagne ^. Les mutinés, leur electo en tête, après avoir traversé le pont du château, s'engagèrent dans la rue de Saint-Michel,, suivis de trois compagnies allemandes des régiments de Frunsberg et de Fugger, qui les commandait en personne. Julian Romero et Francisco Valdès , avec leurs gens , pénétrèrent dans la rue Saint-Georges. Les compagnies allemandes de Maestricht étaient entre deux. Près des soldats s'agitait une multitude de goujats et de courtisanes portant des bottes de paille et des torches allumées. La cavalerie, sous Alonzo de Yargas, suivait Romero dans la rue Saint-Georges.

Lelecto atteignit l'un des premiers le haut des barricades et tomba mortellement blessé. Les Wallons et les Allemands, soutenus par les bourgeois , se défendaient avec bravoure sur l'esplanade et dans les rues voisines. Mais la défiance se glissa dans leurs rangs lorsqu'ils surent que les quatre compagnies

' Roda au Roi, 6 novembre 1376, avec les notes de Champagney, sur celte lettre interceptée. — Champagney s'exprime en ces termes : » Mt-sme avant que les amutinés d'Alosl voulurent assaillir la ville, Sancho d'Avila leur consentit le sac huit jours de long, d'accord fait (comme on a su depuis], ne s'ayant voulu contenter les amutinés de quatre ni de six. »

* Sa7it laQO y cierra Espana.

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