‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 110 sur 131 · LIVRE VII (1S · texte numérisé non relu

LIVRE VII (1S

entrelien, Guillaume témoigna, par une lettre ostensible, sa gratitude pour les intentions bienveillantes de l'Empereur, accepta son intervention, mais en manifestant la plus grande défiance, quant à la bonne foi des Espagnols. Il chargea son secrétaire Brunynck de se rendre près du comte Jean pour lui faire connaître, dans des communications confidentielles, la situation des provinces insurgées et les suprêmes efforts qui avaient pour but la délivrance de Leyde. 11 dissuada son frère d'accompagner, même avec un sauf-conduit, le comte de Schwarzbourg. « On pourrait, lui écrivit-il, pratiquer en votre endroit les maximes du concile de Constance, où il est dit et décrété qu'il ne faut garder aucune foi aux hérétiques, au rang desquels les Espagnols mettent les Allemands qui se sont retirés de TÉglise romaine *. » Jean de Nassau avait informé son frère que, en discourant avec le comte de Schwarzbourg, il avait appris de celui-ci que, pour ce qui concernait la religion, les concessions seraient très-médiocres. 11 serait seulement permis aux réformés de sortir du pays en conservant leurs biens. Le prince d'Orange répondit qu'il voyait la meilleure, la plus grande et la plus saine partie de la population, tant hommes que femmes, si attachée à la religion nouvelle, qu'aucun ne voudrait l'abandonner, dût cet atttachement lui coûter la vie. 11 serait donc bien difficile de donner sur ce point contentement au comte de Schwarzbourg. Et quand même les réformés voudraient sortir du pays, ils étaient persuadés que, à cause de leur religion, ils ne seraient point bien-venus ailleurs ; dans aucune partie de l'Allemagne peut-être, ils n'obtiendraient entière liberté. En effets les princes luthériens, en général, avaient toujours de très-fortes préventions contre les réformés. — On objectera, disait le prince, l'émigration antérieure-, mais les temps avaient changé. — Se souvenant du maigre accueil qu'on leur

' Archives de In maison d'Ovmiije-Nassnu, t. V, pp. (il -74.

fit autrefois sur le sol étranger, les réformés prendraient la résolution de mourir plutôt, les uns après les autres, que d'abandonner leurs maisons, oli ils avaient encore, grâce à Dieu, bons moyens de se défendre et de vivre de ce que la Providence leur octroyait journellement.

On devait conclure de cette fière déclaration que les calvinistes de la Hollande et de la Zélande combattraient jusqu'à la dernière extrémité pour leurs foyers et leur religion.

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